De Melbourne à Chambéry, un parcours hors du commun
À Chambéry, le numéro 15 n'a pas mis longtemps à se faire un nom. Arrivé cet été, Hinckley Vaovasa compte déjà trois essais en Nationale, dont deux contre Périgueux. À 28 ans, cet arrière d'origine samoane affiche pourtant 38 sélections roumaines, neuf essais internationaux et une Coupe du monde disputée en 2023. Son histoire commence à 18 ans, très loin de la Savoie.
Le rugby, il l'a appris avec ses cinq frères, puis entre Nouvelle-Zélande et Australie. Passé chez les moins de 18 ans et les moins de 20 ans des Melbourne Rebels, il cherche une porte vers le professionnalisme. En 2017, son agent lui parle du championnat roumain. À 18 ans, il prend l'avion et saisit l'occasion. Une décision qui va orienter toute sa carrière.
Quatre clubs, une Coupe du monde et une nouvelle patrie sportive
Son premier contrat professionnel le conduit au CSM Bucarest, de 2017 à 2019. Suivent Timișoara, jusqu'en 2021, puis le Steaua Bucarest, avec lequel il remporte la Coupe de Roumanie en 2022. En 2024, il rejoint le Dinamo, l'autre grand club de la capitale. Neuf saisons, quatre équipes et un championnat longtemps éloigné des projecteurs français.
Arrivé en 2017, il honore ses premières sélections en 2021. À cette époque, World Rugby exige trois années consécutives de résidence pour devenir éligible à une sélection par ce critère, avant de porter ce délai à cinq ans au 1er janvier 2022. Son parcours s'inscrit dans cette chronologie. Mais porter la tunique des Chênes représente aussi, pour lui, une façon de remercier le pays qui lui a offert son premier contrat professionnel.
En 2023, le voilà titulaire à l'ouverture face à l'Irlande puis à l'Afrique du Sud, lors de la Coupe du monde en France. Une blessure mettra cependant fin prématurément à son tournoi. En juillet 2026, il participe au succès roumain face aux Samoa (38-37), son pays d'origine. Une victoire particulière, saluée par le joueur lui-même.
Un ami roumain lui ouvre enfin les portes de la France
Reste la France. Vaovasa rêvait d'y jouer, sans recevoir de proposition. Interrogé via le Midi Olympique, il révèle qu'un ami roumain installé dans l'Hexagone l'a finalement mis en relation avec Chambéry. Voilà comment une connaissance personnelle lui a ouvert une porte dans le rugby français, après neuf années passées à faire ses preuves ailleurs.
Le SOC l'a recruté pour une saison afin de compenser le départ d'Enzo Marzocca vers Aurillac. À l'arrière, ses relances et sa faculté à faire jouer après contact apportent une solution aux Savoyards. Lui regarde déjà vers la Pro D2, voire le Top 14. Après Bucarest, Chambéry pourrait bien devenir un nouveau tremplin.
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