Quand Gloucester prenait l'accent français
Vendredi 16 octobre, l'Union Bordeaux-Bègles ouvre sa défense de la couronne européenne à Kingsholm, contre Gloucester. Une affiche qui a donné envie de remonter le temps du côté du Times. Au début des années 2000, le club anglais avait pris de sacrés accents français sous l'impulsion de Philippe Saint-André. À tel point d'hériter d'un surnom étonnant : « Stade Gloucester ».
Tout commence en 1997, quand l'homme d'affaires Tom Walkinshaw rachète Gloucester et attire l'ancien capitaine du XV de France. Saint-André termine d'abord sa carrière sur l'aile, avant de devenir directeur du rugby en février 1999. Il fait alors venir plusieurs joueurs français, tout en s'appuyant sur les cadres anglais de Kingsholm.
Mercier, Azam et la petite colonie française
Parmi eux, Olivier Azam, arrivé de Montferrand en 2000. Avec ses charges de talonneur, il conquiert le Shed, cette célèbre tribune où les supporters apprécient les avants qui ne reculent pas. Il disputera 240 matchs sous ces couleurs. Dans la foulée débarquent Patrice Collazo et Ludovic Mercier, ouvreur recruté à Aurillac.
Mercier devient l'artilleur de cette petite colonie française. Lors de sa première saison, en 2001-2002, il inscrit 508 points, dont 17 drops, selon les archives du club. Il en marque 23 lors de la victoire 28-23 face à Bristol, en finale du Zurich Championship. Le genre de pied gauche qui faisait pousser des « Ludo » dans les tribunes de Kingsholm.
Quinze points d'avance, mais pas de titre national
Saint-André ne goûte pourtant pas tous les fruits de sa construction. Écarté en février 2002, il laisse un effectif solide à Nigel Melville. En 2003, Gloucester remporte la Powergen Cup face à Northampton (40-22), puis termine la saison régulière de Premiership avec quinze points d'avance. Avant de sombrer en finale contre les Wasps (39-3). Une désillusion restée dans l'histoire du club.
Et voici le joli clin d'œil : parmi ces anciens Français figure Collazo, passé par Bègles avant de rejoindre le Gloucestershire. En 2026, c'est l'UBB de Yannick Bru, titrée deux années de suite en Champions Cup, qui se présente à Kingsholm. En face, George Skivington espère replacer Gloucester parmi les références du rugby anglais.
Un héritage français toujours présent
Le « Stade Gloucester » n'a jamais soulevé le trophée de champion d'Angleterre. Mais à Kingsholm, on n'a pas oublié les Français qui ont fait vibrer le Shed. Vendredi soir, Bordeaux découvrira un vieux stade anglais dont l'histoire porte aussi un petit morceau de rugby français.
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