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INTERVIEW - Pablo Fontes et les Leones : ''Tout va donc se jouer sur la formation''
Pablo Fontes très déçu mais prêt à travailler encore.
À l’occasion du Tournoi Qualificatif pour les Jeux olympiques (TQO), nous avons pu rencontrer du beau monde. On vous partage notre expérience.

Le dimanche c’était jour de phases finales et de matchs de classement. L’équipe d’Espagne, du sélectionneur Pablo Feijoo ancien capitaine des Leones à 7, affrontait l’équipe du Portugal en quart de finale. Une sorte de derby de la péninsule ibérique qui flaire bon le chorizo et les accras pour ne pas tomber dans les clichés hispanos-lusitaniens. Malheureusement pour les Espagnols, les portugais furent supérieurs, grâce notamment à une défense rude. Victoire des coéquipiers d’Adérito Esteves, 14 à 5. 

C’est le moment choisi pour rencontrer Pablo Fontes, joueur de la sélection espagnole depuis 2014, qui débriefe de cette dernière rencontre, synonyme de désillusion, avec une supportrice qui a fait le déplacement. Il me dit qu’il parle très bien français, de mon côté je choisis de me la péter en optant pour la langue de Cervantes.

Quel est ton sentiment sur ce tournoi ?

Je crois qu’on faisait partie des équipes qui pouvaient gagner le tournoi, avec la France, l’Angleterre et l’Irlande. Peut-être que de gagner le tournoi c’était rêver trop grand, mais pour moi c’était totalement possible. On a fait match nul avec l’Irlande (Ndlr : Durant les matchs de poules), on termine premier de notre groupe. Après, on perd en quart de finale contre le Portugal, ils ont vraiment bien joué, ils nous marquent 2 essais dont un sur interception. Mais c’est le rugby à 7. Le rêve des Jeux olympiques est terminé aussi parce qu’on ne peut pas aller aux repêchages, mais c’est comme ça. On rêvera des prochains Jeux Olympiques, c’est tout.

Et à propos de votre saison en général ?

On a fait une très bonne saison en World Series, l’objectif était de se maintenir et à partir du quatrième ou cinquième tournoi cet objectif était déjà assuré. Donc sur la fin on a même pu essayer des joueurs sur certaines étapes.

Vous êtes mêmes devenus une des équipes majeures d’Europe ?

C’est une des choses à retenir de cette saison. Car on était vraiment capables de gagner ce tournoi de qualification, on fait partie des cinq meilleures équipes d’Europe. On progresse de plus en plus, on a pu battre l’Angleterre au tournoi de Moscou, si on continue comme ça on pourra rêver encore plus grand et faire de plus grosses performances dans le World Series. Le rugby en Espagne se développe et le rugby à 7 encore plus.

Qu’est-ce que vous devez faire pour aller plus loin ?

On est une équipe très jeune, la moyenne d’âge est d’environ 22 ans, donc si on garde cette stabilité dans le groupe et qu’on gagne en expérience, je pense qu’on va monter encore plus notre niveau. Un pays comme l’Espagne a les moyens d’avoir une équipe première très forte, on a les moyens d’avoir des joueurs en formation, l’an prochain ouvrira une académie pour des jeunes joueurs. Tout cela va s’additionner en plus du fait que le rugby évolue en Espagne, il y a de plus en plus d’enfants attirés par le rugby, tout va donc se jouer sur la formation.

Comment vivent ensemble le rugby à 7 et le rugby à XV en Espagne ?

En Espagne ce sont plutôt deux choses différentes. Avant, il y avait des joueurs qui jouaient pour les deux sélections maintenant ça devient de plus en plus spécialisé. Surtout parce que lors de la saison à 7, on est toujours ensemble donc c’est compliqué de naviguer. Parfois ça arrive, mais c’est surtout 7 et XV complètement différents.

Vous êtes environ la moitié de l’équipe sous contrat avec la Fédération Espagnol de Rugby (FER) ?

On est entre 12 et 14 joueurs sous contrat avec la FER, ensuite il y a des demi-bourses pour des joueurs plus jeunes et quelques joueurs de l’Académie. Au final, ça représente une vingtaine de joueurs autour du Sevens et c’est le point d’appui de la sélection aujourd’hui. L’idée est qu’avec plus de joueurs sous contrat il y aurait plus de joueurs pour s’entrainer à 7. Mais aujourd’hui nous sommes vraiment entre 12 et 14 joueurs sous contrat.

Tu as eu l’occasion de jouer en France aussi n’est-ce pas ?

Oui, j’ai joué un an à la Section Paloise en espoirs et puis un an à Castanet-Tolosan en Fédérale 1. C’était une très bonne expérience. Quand j’étais à Pau, j’étais à temps plein avec le rugby, malheureusement je me suis blessé et je n’ai pas pu jouer beaucoup mais c’était une bonne année. Ensuite à Castanet aussi c’était une très bonne année, on était beaucoup d’étudiants et donc de jeunes joueurs qui aimaient faire vivre le ballon, un peu de rugby champagne comme on dit (rires) donc j’ai beaucoup profité de ce passage en France.

Du coup tu pourrais revenir au rugby à XV ?

Bien sûr ! À l’image de l’évolution du rugby à 7, le rugby à XV se développe beaucoup aussi en Espagne. Je m’ouvre la possibilité de revenir à XV si le sélectionneur a besoin de moi. J’ai beaucoup aimé jouer les Jeux Olympiques et j’aimerais autant participer à une Coupe du Monde à XV, cela peut être vraiment génial. Mais les joueurs de rugby à 7 sont vraiment des spécialistes du Sevens, il y aurait un temps d’adaptation mais pourquoi pas.

Tu as aussi étudié en France ?

J’ai étudié à Toulouse, j’ai validé mon master, j’ai étudié ici pendant 3 ans et cette expérience m’a permis d’apprendre le français et j’ai pu suivre ma formation d’ingénieur sans problème.

Et l’accent espagnol, ça marche à la Place Saint Pierre, véritable repaire pour les étudiants ?

(rires) C’est très difficile de parler sans accent mais si ça marche à la Place Saint Pierre ou sur le Quai de la Daurade, alors tant mieux !

Quel est ton meilleur souvenir en France ?

J’aime beaucoup le cassoulet, c’est dommage que ça soit un plat plutôt hivernal parce que je pourrais en manger tout le temps. C’est vrai qu’aujourd’hui avec cette chaleur ça serait compliqué mais j’aime vraiment ! (rires) 

On quitte un Pablo Fontes plein d’espoir sur l’état du rugby dans son pays. Au final, les Leones termineront 5e du tournoi, en l’emportant sur l’Allemagne en fin de journée, derrière l’Angleterre, la France, l’Irlande… et le Portugal évidemment.
Thibaud Durroux & Oussama Boukercha
Thibaud Durroux & Oussama Boukercha
Cet article est rédigé par Thibaud Durroux & Oussama Boukercha, un grand merci pour sa contribution ! Vous pouvez proposer des textes de deux manières :
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