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« Nous n’aurons pas les moyens » : pourquoi le Mondial 2027 pousse déjà Pierre Mignoni à revoir la construction du RCT

La Coupe du monde 2027 paraît encore loin. Pas pour Pierre Mignoni, qui explique pourquoi Toulon construit déjà aujourd’hui l’effectif qui devra lui survivre.

Thibault Perrin 12/08/2026 à 14h32
Le prochain Mondial va transformer la gestion des effectifs du Top 14. À Toulon, Pierre Mignoni sait déjà où il veut trouver une partie de ses solutions. ©INPHO/Laszlo Geczo
Le prochain Mondial va transformer la gestion des effectifs du Top 14. À Toulon, Pierre Mignoni sait déjà où il veut trouver une partie de ses solutions. ©INPHO/Laszlo Geczo

Mignoni prévient : 2027 se prépare maintenant

À Toulon, la Coupe du monde 2027 n’est déjà plus un sujet lointain. Invité du podcast Les Causeries de la Rade, Pierre Mignoni a détaillé les conséquences du prochain Mondial sur la construction de son effectif. Pour rappel, les internationaux seront absents sur une période importante. Le RCT ne pourra simplement pas compenser chaque départ en multipliant les signatures. « Nous n’aurons pas les moyens de faire un recrutement que sur ça », résume-t-il. Une contrainte qui explique pourquoi Toulon travaille déjà sur ses prolongations et, surtout, sur ses jeunes.

Mignoni évoque ainsi « deux recrutements » à mener : celui permettant de construire l’effectif dans la durée et celui destiné à traverser la période internationale. Concernant les renforts temporaires, il rappelle qu’avec les règles qu’il connaît actuellement, et « si les règles ne changent pas », le mécanisme différencie notamment les premières lignes des autres postes : 1 pour 1 en première ligne, 2 pour 1 derrière. Surtout, même lorsque certains contrats bénéficient d’un traitement particulier vis-à-vis du salary cap, ils représentent toujours une dépense réelle pour le club. Autrement dit, une enveloppe réglementaire n’est pas un portefeuille magique.

2027 ne ressemblera pas vraiment à 2023

Le contexte sera effectivement particulier. La Coupe du monde australienne se déroulera du 1er octobre au 13 novembre 2027 et réunira pour la première fois 24 nations, avec l’apparition des huitièmes de finale. Mais le problème des clubs ne se limite pas aux six semaines de compétition. La nouvelle convention FFR-LNR 2026-2031 prévoit explicitement une organisation spécifique de la préparation du Mondial 2027, avec des calendriers de mise à disposition anticipés. Pour un staff de Top 14, préparer cette saison revient donc déjà à jouer une partie d’échecs avec plusieurs coups d’avance.

Toulon connaît d’ailleurs la recette du joker capable de tenir la baraque pendant un Mondial. En 2023, Alun Wyn Jones avait rejoint la Rade sur un contrat court et apporté immédiatement son expérience au groupe. Mignoni n’exclut pas de reproduire ce type de recrutement avec quelques anciens capables d’être opérationnels immédiatement. Mais il le rappelle lui-même : toutes les tentatives de ce genre ne fonctionnent pas. Le marché des joueurs disponibles pendant une Coupe du monde reste particulier, avec beaucoup de clubs cherchant simultanément les mêmes profils.

La vraie arme du RCT sera peut-être son centre de formation

C’est là que tout le travail effectué depuis plusieurs années va prendre tout son sens. Mignoni cite Tana Keletaona, Christian Mendes, Konrad Faupala ou encore Heamani Suta comme des joueurs déjà identifiés dans cette logique. Keletaona, arrivé de Brive à seulement 18 ans et international français U20, s’est engagé pour trois saisons avec Toulon. Mendes, Faupala et Suta figuraient de leur côté parmi les jeunes Toulonnais retenus en février dans les rassemblements Élites Jeunes de la FFR. Certains devront probablement « matcher très tôt, même un peu tôt », reconnaît Mignoni. Mais leur progression peut éviter au club d’aller acheter dans l’urgence ce qu’il possède déjà à quelques mètres du vestiaire professionnel.

Toulon construit son effectif 2027 depuis quatre ans

Cette stratégie dépasse largement le seul RCT. La nouvelle convention FFR-LNR fixe désormais les règles de mise à disposition et les calendriers internationaux jusqu’en 2031, avec une préparation spécifique prévue pour 2027. Chaque club susceptible de perdre plusieurs internationaux devra donc trouver son équilibre entre titulaires, joueurs de rotation, jokers et jeunes capables de franchir brutalement deux marches. À Toulon, cette profondeur devient d’autant plus importante que le club veut conserver ses cadres tout en maîtrisant ses dépenses. Le recrutement de demain ne se résumera plus à trouver quinze très bons joueurs. Mais à construire trente ou quarante solutions crédibles.

Voilà finalement pourquoi Mignoni insiste sur un projet lancé « depuis quatre ans ». Former davantage n’est plus seulement une belle phrase prononcée devant les partenaires ou les éducateurs du club. À l’approche de 2027, cela devient une véritable assurance sportive. Quand les internationaux partiront vers l’Australie, Toulon espère ne pas découvrir ses remplaçants au dernier moment. Le RCT veut qu’ils aient déjà grandi à Berg, appris le niveau professionnel et, pour certains, connu Mayol. La Coupe du monde se jouera à l’autre bout de la planète. Une partie de la saison toulonnaise, elle, se gagne peut-être déjà aujourd’hui.

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