A une semaine de la première journée des Coupes d'Europe, World Rugby a annoncé par communiqué que deux gestes de plaquage changent de statut. Et ils ne s'appliquent pas à la même date. Le hip drop tackle est en effet ajouté à la loi 9.13 sur le jeu dangereux. Le knee drop tackle relève d'une règle qui existait déjà.
Le hip drop interdit à partir du 1er novembre
Selon World Rugby, c'est lorsque que le plaqueur utilise son poids pour faire tomber le porteur du ballon. Il chute ensuite sur ses jambes, par l'arrière, notamment lors d'un plaquage en poursuite. Le geste sera sanctionné d'une pénalité au minimum à partir du 1er novembre. La règle découle de discussions lancées en février dans le cadre du Shape of the Game. Une étude de l'Université Leeds Beckett et un groupe de travail d'experts ont suivi.
Brett Robinson, président de World Rugby, explique que l'examen des preuves a montré un risque. Le hip drop, bien que rare, peut causer de graves blessures aux jambes. Il ajoute que les knee drops étaient en hausse. D'après Rugbyrama, les directives prévoient une exception pour les plaqueurs qui retombent suffisamment loin des jambes du plaqué. Ils ne sont alors pas pénalisables.
Le knee drop, déjà dans la loi
Dans le knee drop, le plaqueur pose un genou ou les deux au sol avant de plaquer. World Rugby rappelle que la loi interdit déjà de plaquer en étant au sol, et qu'une pénalité peut être accordée. Selon nos confrères, la règle s'applique dès ce week-end. L'instance a aussi publié, depuis le 5 octobre, un guide pour garantir un arbitrage cohérent.
Le guide fixe une limite nette. Si le plaqueur pose délibérément un genou ou les deux avant l'impact, il est pénalisable. Après l'impact, il ne l'est pas, ce que travaillent de nombreux staffs avec leurs grands gabarits. Au Canal Rugby Club, Fabien Galthié avait regretté la blessure d'Emmanuel Meafou après un plaquage genou au sol. Le pilier de Vannes Nick Schonert n'avait pas fermé le bras sur cette action.
Raynal réclame des éclaircissements
Mathieu Raynal, de la cellule haute performance de l'arbitrage, se dit « extrêmement surpris du calendrier imposé par World Rugby ». Il rappelle l'accord passé : toute nouvelle règle entrerait en vigueur lors de la fenêtre internationale de juillet. Il salue la volonté de protéger les joueurs et estime que le hip drop tackle est une forme de plaquage dangereux. Mais il entend bien demander des explications à l'instance.
« Que devons-nous faire face à ce type de plaquage entre aujourd’hui et le 1er novembre ? » — Mathieu Raynal, responsable de la cellule haute performance de l'arbitrage
Mathieu Raynal voit deux points à clarifier avec World Rugby. Le premier est la conduite à tenir sur le hip drop d'ici au 1er novembre. Le second est l'échelle des sanctions, faute de cadre suffisamment précis reçu à ce jour. Pour le knee drop, il juge la formalisation positive. En France, précise-t-il, les arbitres sanctionnent ce plaquage depuis plus de deux ans et demi. À ses yeux, cette formalisation ne change donc strictement rien pour l'arbitrage français.
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