Une séparation prévue pour 2027, consommée neuf mois plus tôt
L’Union Bordeaux-Bègles a tranché plus tôt que prévu. Thibault Giroud, directeur de la performance arrivé avec Yannick Bru en 2023, a été licencié avec effet immédiat. Selon Sud Ouest, le technicien était en conflit avec sa direction depuis plusieurs mois et en arrêt maladie depuis l’été. Son contrat courait jusqu’en juin 2027. L’Équipe rapporte également un désaccord concernant une clause prévue en cas de titre.
Son départ vers Bayonne était déjà préparé. En décembre 2025, L’Équipe indiquait qu’un pré-contrat avait été signé pour une arrivée à l’Aviron en 2027. La rupture bordelaise avance donc une question qui devait encore attendre neuf mois : Giroud rejoindra-t-il Jean-Dauger avant l’été prochain ? Pour l’heure, aucune date d’arrivée anticipée n’a été annoncée.
Giroud a accompagné le changement de dimension bordelais
Réduire son passage à Bordeaux à cette sortie agitée ferait oublier les trois saisons précédentes. Depuis son arrivée en 2023, l’UBB a disputé la finale du Top 14 en 2024 et 2025, remporté la Champions Cup en 2025 et 2026. Giroud n’a évidemment pas construit seul cette progression. Mais il pilotait une partie centrale du projet de Yannick Bru : la performance et l’articulation entre préparation physique et rugby.
Et sa méthode avait une vraie identité. En 2024, Cyril Cazeaux racontait une préparation raccourcie mais immédiatement intense, pensée notamment pour économiser de l’énergie sur la durée. Un an plus tard, Giroud avait choisi Faro pour lancer la pré-saison du champion d’Europe, avec un ressenti annoncé entre 38 et 39 degrés. Le détail est presque secondaire, mais il dresse le portrait d'un technicien qui adaptait la charge au calendrier plutôt que de reproduire chaque été le même programme.
Pour l’UBB, une rupture surtout symbolique dans l’immédiat
Pour Bordeaux, l’impact opérationnel est pourtant moins brutal que le mot « licenciement » ne le laisse penser. Giroud n’avait pas participé à la reprise estivale et l’UBB disposait déjà autour de lui de Ludovic Loustau, Cyril Gomes, Emmanuel Espiasse et Bertrand Dedieu. La machine physique bordelaise tournait donc déjà sans son directeur de la performance. Le vrai chantier concerne maintenant la coordination à moyen terme et l’identité donnée à ce secteur après trois années construites autour de Giroud.
Bayonne peut-il vraiment avancer son arrivée ?
À Bayonne, la situation est presque inverse. Arnaud Baratchart a pris la responsabilité de la préparation physique cet été, Antoine Kneblewski est arrivé du Racing et le staff a été largement remodelé autour de Laurent Travers et Gerard Fraser. Faire venir Giroud dès cette saison permettrait d’intégrer plus tôt l’homme choisi pour conduire la performance à partir de 2027. Mais cela imposerait également de redéfinir une hiérarchie installée depuis seulement quelques semaines.
La séparation semblait écrite pour juin 2027. Elle est consommée dès septembre 2026. Bordeaux peut désormais refermer définitivement ce dossier. À Bayonne, en revanche, une décision qui appartenait à la saison prochaine vient soudainement de s’inviter dans celle-ci.
Bon courage aux joueurs bayonnais! Ils vont en ch...!