De 24 à 16 clubs, le projet qui agite l’Europe
La Champions Cup n’a pas encore changé de visage, mais le débat est lancé. Les clubs français soutiennent un passage de 24 à 16 participants, avec potentiellement cinq places pour le Top 14, cinq pour le championnat anglais, cinq pour l’URC et une au tenant du titre. Franco Smith comprend l’intérêt sportif du projet. Le manager de Glasgow pointe cependant un risque via RugbyPass : moins de qualifiés signifie moins de recettes européennes pour ceux qui resteront à quai.
Le technicien sud-africain ne nie pas qu’un tel format puisse relever le niveau des affiches. Avec seize équipes, la compétition gagnerait en densité. Smith juge pourtant « étrange » de retoucher un tournoi dont il apprécie l’identité. Glasgow connaît bien ces rendez-vous : les Warriors ont atteint les quarts de finale lors des deux dernières éditions.
Franco Smith regarde surtout le portefeuille
Son avertissement vise surtout l’argent. Smith estime que les clubs aux budgets modestes ont besoin des revenus de la Champions Cup pour conserver des effectifs capables de rivaliser toute la saison. Selon lui, les formations « les plus fortes financièrement » bénéficieraient davantage d’un tournoi réduit. Les puissances françaises occupent une place centrale dans cette équation.
Le contexte du Top 14 donne du relief à son raisonnement, sans permettre une comparaison parfaite avec l’URC. La LNR a relevé le salary cap de référence à 11 millions d’euros pour 2026-2027, auxquels peuvent s’ajouter des crédits liés aux internationaux. Ce plafond salarial n’est pas le budget total d’un club, mais il mesure une partie des moyens consacrés aux effectifs.
Quand recevoir Toulouse devient aussi un enjeu économique
Réduire le nombre de participants peut rendre chaque affiche plus attractive tout en creusant l’écart entre les habitués de l’Europe et les autres. Un club privé de Champions Cup perd aussi de l’exposition, de la billetterie et des rencontres capables d’attirer son public. Parce qu’un Toulouse à Scotstoun ne remplit pas seulement le calendrier : Smith souligne aussi la valeur commerciale de telles affiches.
Pour Glasgow, le sujet n’a rien de théorique. Les Warriors lanceront leur campagne européenne à Sale, après quatre victoires en poule la saison passée, puis un succès contre les Bulls avant de tomber face à Toulon en quart. Leur parcours illustre la crainte de Smith : voir des clubs compétitifs perdre du terrain faute de revenus européens comparables.
Une Champions Cup plus forte, mais pour combien de clubs ?
Aucune réforme n’est adoptée et la Champions Cup 2026-2027 reste organisée à 24 équipes. Le débat dépasse donc le nombre de participants. Derrière la promesse d’affiches plus prestigieuses se pose une question durable : une Coupe d’Europe plus élitiste peut-elle renforcer son spectacle sans fragiliser ceux qui tentent encore de rejoindre les habitués du dernier carré ?
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