Quatre cartons, mais pas quatre gestes comparables
À 24 ans, Miles Amatosero est au centre de nombreuses discussions avec une étiquette flatteuse et peut-être encombrante. Lachlan McCaffrey, entraîneur des Waratahs, voit en effet chez lui une physicalité de type Springbok et cite Eben Etzebeth. Non retenu pour le test du 27 septembre contre l’Afrique du Sud, l’ancien Clermontois débutera samedi avec les Tahs face aux Reds à Roma.
Pour l'heure, Amatosero fait plus parler de lui pour son indiscipline que pour son activité sur le pré, à savoir quatre cartons en dix-huit mois, dont un rouge. Pas le genre de stat qu'un sélectionneur aime voir sur la feuille au niveau international. Cependant, ces exclusions méritent qu'on s'y attarde un peu plus car les actions fautives sont bien différentes.
Jaune contre les Drua le 28 février 2025, puis contre les Chiefs le 11 avril. Nouveau jaune face aux Crusaders en avril 2026 pour avoir stoppé Noah Hotham sur une pénalité vite jouée. Puis rouge contre le Japon le 8 août pour un déblayage dangereux sur Warner Dearns.
2,03 m et 125 kg : un profil à part en Australie
A 2,03 m pour 125 kg, Amatosero possède déjà le gabarit du rôle. A titre comparatif, son compatriote Nick Frost affiche 2,06 m pour 120 kg, Josh Canham 2,02 m pour 118 kg et Jeremy Williams 1,98 m pour 113 kg. Il n’est donc pas le plus grand des Wallabies, mais il apporte une densité que peu de deuxièmes lignes australiens possèdent.
McCaffrey insiste surtout sur sa capacité à faire le travail physique qui sécurise un pack. En 2026, Amatosero a disputé les quatorze matchs de Super Rugby Pacific avec les Tahs. Dont douze comme titulaire, avant de découvrir les Wallabies contre l’Italie. Une trajectoire rapide, freinée dès sa deuxième apparition internationale par ce rouge au Japon.
Garder l’agressivité, éliminer les cartons
Le dossier disciplinaire demande donc un peu de nuance. Le jaune contre les Chiefs arrive après une série de fautes collectives et celui contre les Crusaders sanctionne un geste d’anti-jeu. Le rouge d’Osaka appartient à une autre catégorie : contact dangereux à la tête et trois matchs de suspension. C'est celui qui fait le plus tâche sur le CV. Mais la sécurité des joueurs passe avant tout. Et ce type de faute est loin d'être rare au niveau international malgré les efforts des joueurs et la prévention en amont.
L’Australie n’a aucun intérêt à lisser Amatosero jusqu’à lui retirer ce qui fait sa valeur. Elle a besoin qu’il distingue la collision utile de celle qui laisse quatorze partenaires sur le terrain. Et à un an de la Coupe du monde 2027 à domicile, chaque suspension pèse lourd face à une concurrence où Canham s’est déjà installé et où Frost reste une référence.
Samedi contre les Reds, le test sera assez simple à lire : conserver cette présence dans les collisions sans offrir d'occasions à l’arbitre de sortir une biscotte. Et si Amatosero veut réellement se rapprocher du modèle Etzebeth, c’est sans doute là que se trouve la meilleure leçon. La puissance attire les regards ; la maîtrise permet de rester sur le terrain assez longtemps pour bâtir une carrière.
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