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Joueur, Uini Atonio rechignait à faire des mêlées : devenu entraîneur, il en a fait l’obsession de La Rochelle

Ronan O’Gara pensait qu’il faudrait deux ans : quelques mois ont suffi à Uini Atonio pour devenir pleinement entraîneur à La Rochelle.

La Rédaction 25/09/2026 à 15h54
Après une saison à subir en mêlée, La Rochelle a confié son redressement à Uini Atonio et les premiers effets sont déjà visibles. ©INPHO/Steve Haag Sports/EJ Langne
Après une saison à subir en mêlée, La Rochelle a confié son redressement à Uini Atonio et les premiers effets sont déjà visibles. ©INPHO/Steve Haag Sports/EJ Langne

Uini Atonio entraîne cette saison la mêlée du Stade Rochelais, son club de toujours. L'ancien pilier droit du XV de France (68 sélections) a dû arrêter sa carrière en début d'année après un accident cardiaque. Ronan O'Gara, ses anciens coéquipiers et ses jeunes piliers expliquent pourquoi la greffe prend déjà.

Une bascule plus rapide que prévu

Ronan O'Gara a une règle en tête. Selon le manager rochelais, un ancien joueur met normalement 24 mois à se tourner vers la vie d'entraîneur. Pour Atonio, il estime que la bascule est déjà faite.

« Uini Atonio est un homme spécial qui a le pouvoir d'inspirer la nouvelle génération. » — Ronan O'Gara

O'Gara le décrit comme très à l'aise et pleinement investi dans son rôle. Surtout, il souligne via RMC qu'Atonio « voit le rugby » et ne se limite pas à la mêlée. Cette lecture globale du jeu est le premier atout qui ressort des témoignages.

L'intéressé, lui, évoque une transition plus simple qu'on ne l'imagine. « Ça va très bien », assure-t-il. Il explique que seule la façon dont sa carrière s'est arrêtée a fait croire qu'il allait mal. Il dit avoir fait presque tout ce qu'il voulait comme joueur, et aimer transmettre.

L'exigence d'un pilier blessé dans son orgueil

La saison dernière a laissé des traces. La mêlée rochelaise était la plus pénalisée du Top 14 et l'a payé en barrage, dominée par Paris. O'Gara a fait de son redressement le chantier numéro un de l'été. Atonio a répondu avec jusqu'à trois ou quatre séances de mêlée par semaine pendant cinq semaines de présaison. Il reconnaît avoir peut-être été trop dur avec ses joueurs. Mais il assume : « On va être jugé toutes les semaines en mêlée. »

Sébastien Boboul, responsable de l'attaque, s'en amuse. Joueur, Atonio ne voulait pas faire beaucoup de mêlées. Pour Boboul, la raison de ce changement est simple : quand tu es dominé en mêlée, l'orgueil et la fierté d'un pilier sont touchés, même sans avoir joué.

Des résultats déjà visibles

Le travail paie. Depuis la reprise du Top 14, La Rochelle a inscrit quatre de ses six essais derrière une mêlée. Deux viennent de lancements de jeu directs, deux autres d'un coup franc obtenu dans l'épreuve de force. Toulouse en a fait les frais lors de la première journée. Les jeunes piliers, eux, reconnaissent son apport. Le gaucher Alexandre Kaddouri, 22 ans, le décrit comme l'un des meilleurs piliers que le club ait connus, et comme quelqu'un de toujours de bon conseil.

Un coach qui fait confiance à la jeunesse

Atonio hérite d'une première ligne très jeune, avec une moyenne d'âge de 23,5 ans après les départs de Wardi et Sclavi. Il ne s'en inquiète pas. « C'est fini l'époque où tu étais obligé d'avoir 30 ans pour être mature », tranche-t-il.

Son exigence vient de loin. « Joueur, j'étais mon plus grand critique », confie-t-il. Il raconte qu'il revoyait ses matchs chez lui et se jugeait souvent plus sévèrement que les autres. C'est cette autocritique qu'il veut transmettre. Son ambition reste modeste dans la forme. Il veut que ses joueurs tiennent la mêlée et donnent de l'énergie à l'équipe. « Mon job, c'est de sortir le meilleur de chacun, pas que des piliers », résume-t-il.

Un respect qui dépasse la première ligne

Le capitaine Grégory Alldritt dit avoir mis autant de cœur que les avants dans les séances de mêlée de l'intersaison. Pour lui, la mêlée a toujours été la force du club, et être dominé comme l'an dernier est hors de question.

Il reste à Atonio une étape : valider d'ici février son diplôme d'État, au terme d'une formation de deux ans au CREPS de Montpellier. Ses joueurs, eux, le voient encore parfois tenté de chausser les crampons pour pousser avec eux.

pascalbulroland
pascalbulroland

S'il pouvait aider les Bleus et Servat, ça serait bien aussi...


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