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« Je m'effaçais » : après ses blessures, Romain Ntamack raconte pourquoi il a dû réapprendre à prendre sa place sur le terrain

Après des mois de galère et plusieurs blessures, Romain Ntamack a fait appel à un psychologue. L'ouvreur toulousain explique comment il a retrouvé le plaisir de jouer.

Thibault Perrin 09/10/2026 à 14h10
Derrière le retour en forme de Romain Ntamack se cache un travail personnel méconnu. L'ouvreur du Stade Toulousain explique comment il a appris à lâcher prise. ©INPHO/James Crombie
Derrière le retour en forme de Romain Ntamack se cache un travail personnel méconnu. L'ouvreur du Stade Toulousain explique comment il a appris à lâcher prise. ©INPHO/James Crombie

Après les blessures, Ntamack a choisi de parler

Romain Ntamack a retrouvé le sourire. Mais pour en arriver là, l'ouvreur du Stade Toulousain a dû entreprendre un travail qui dépasse largement les terrains d'entraînement. Dans un entretien accordé à L'Équipe le 7 octobre, l'international français aux 45 sélections explique avoir consulté un psychologue pour retrouver confiance et plaisir. Une démarche personnelle entamée la saison dernière, après plusieurs blessures qui avaient sérieusement contrarié sa progression. À 27 ans, le numéro 10 des Rouge et Noir estime aujourd'hui avoir retrouvé ses moyens.

Il faut dire que le Toulousain a été sacrément secoué. Sa grave blessure au genou, survenue avant la Coupe du monde 2023, avait été suivie d'autres pépins physiques. Plus récemment, une blessure au rein et un problème musculaire l'avaient tenu éloigné des terrains pendant près de trois mois, jusqu'en mars 2026. Durant cette période, Ntamack a choisi de consulter régulièrement un psychologue, afin de mettre des mots sur certaines difficultés. Un accompagnement qu'il poursuit désormais de manière ponctuelle.

Pourquoi voulait-il devenir « plus égoïste » ?

Ntamack reconnaît avoir parfois tellement cherché à mettre ses partenaires dans les meilleures dispositions qu'il finissait par oublier son propre rugby. « Je m'effaçais », confie-t-il. Un aveu assez surprenant pour un joueur dont le poste exige justement de diriger les opérations. Son travail psychologique lui a notamment permis de réfléchir au lâcher-prise, à sa confiance et à la place qu'il s'accordait dans le collectif.

Car un ouvreur doit aussi savoir s'autoriser des initiatives. Attaquer personnellement la ligne, prendre un intervalle ou tenter un coup de pied offensif oblige la défense adverse à envisager plusieurs menaces. En se concentrant exclusivement sur les autres, un numéro 10 risque de devenir plus prévisible. C'est toute la subtilité du poste. Et quand on possède les qualités techniques de Ntamack, retrouver cette liberté peut offrir davantage de solutions à ses partenaires. L'égoïsme qu'il évoque ressemble finalement à une manière de mieux exploiter son potentiel.

Un retour en confiance qui se voit sur le terrain

Son match face à Montpellier, le 27 septembre, a donné quelques indications intéressantes quant à sa forme du moment. Lors de la victoire toulousaine (40-18), Romain Ntamack a inscrit un essai et délivré deux passes décisives au pied à Teddy Thomas. Une prestation où ses initiatives personnelles ont directement servi le collectif. Bien sûr cette réussite ne découle pas entièrement des seules consultations. Le joueur évoque également sa maturité et une meilleure capacité à accepter les mauvais jours.

Après avoir été ménagé lors du déplacement victorieux à Castres, l'international devrait retrouver une place de titulaire dimanche 11 octobre contre Bayonne, à Ernest-Wallon. Un rendez-vous intéressant à l'approche des échéances internationales de l'automne. Pour Toulouse, disposer d'un Ntamack physiquement disponible et suffisamment serein pour exprimer son rugby représente un atout considérable. Pour les Bleus aussi, tant l'ouvreur occupe une place particulière dans l'animation offensive française.

Le droit de penser aussi à soi

Ce témoignage mérite surtout qu'on s'y attarde pour ce qu'il révèle du quotidien d'un sportif de haut niveau. Même avec plusieurs Boucliers de Brennus et des dizaines de sélections derrière soi, retrouver confiance peut demander du temps et un accompagnement extérieur. Ntamack ne prétend pas détenir une solution valable pour tous. Il explique simplement avoir appris à prendre davantage de recul et à accepter certaines contre-performances. Et si son plaisir retrouvé lui permet aussi de faire briller ses partenaires, personne à Toulouse ou Marcoussis ne devrait lui reprocher ce petit supplément d'égoïsme.

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