Une blessure qui a tout stoppé
Le 11 avril, le Tournoi de Joanna Grisez s’est arrêté brutalement face à l’Italie. Au début de la seconde période, son genou droit a cédé sur un plaquage. Évacuée sur civière à Grenoble, la joueuse du Stade Bordelais avait pourtant marqué quelques minutes auparavant. Le diagnostic a ensuite confirmé une lourde atteinte associant ligament croisé antérieur, ligament collatéral interne et ménisque.
RUGBY. ''Je suis morte de l'intérieur'' Les mots forts de Joanna Grisez après l'élimination des Bleues aux JOCinq mois plus tard, l’internationale aux 14 sélections travaille toujours au CERS de Capbreton. Et une donnée résume assez bien sa situation actuelle : aucune date de retour sur un terrain n’est encore fixée. À 29 ans, Grisez avance donc sans pouvoir entourer un week-end sur le calendrier.
Le « cyclope », obstacle imprévu de sa rééducation
Car une deuxième opération est venue compliquer le processus. Selon Rugbyrama, des examens ont révélé une lésion appelée « cyclope », une fibrose située dans le genou qui limitait mécaniquement son amplitude. Ce type de complication peut survenir après une reconstruction du ligament croisé antérieur et notamment empêcher de récupérer complètement l’extension.
Grisez a donc dû repasser sur la table d’opération pour retirer cette fibrose. Deux mois plus tard, les progrès existent, mais restent mesurés. Ses journées commencent à 8 heures avec la kinésithérapie, se poursuivent par du cardio, puis une nouvelle séance l’après-midi. Elle marche mieux et son genou supporte progressivement davantage de vélo.
Un autre chrono tourne aussi côté contrat
À la difficulté physique s’ajoute une inconnue professionnelle. La joueuse explique qu’elle arrivera au terme de son contrat dans un an. Difficile, dans ces conditions, de se projeter lorsque le corps ne donne lui-même aucune échéance précise. Pour une internationale installée dans le groupe français, la reconstruction dépasse largement la récupération d’un ligament.
Et pendant ce temps, les Bleues jouent sans elle. Grisez continue de suivre ses coéquipières, même si regarder les rencontres reste douloureux à vivre. Ce détail raconte aussi la solitude d’une blessure longue : le groupe avance, les matchs s’enchaînent et la joueuse reste, pour l’instant, spectatrice.
Avancer sans calendrier
Sa saison se joue désormais loin des essais et des grands rendez-vous internationaux. Chaque degré d’amplitude récupéré, chaque minute supplémentaire sur le vélo devient un petit résultat. Pour Joanna Grisez, le prochain match commence d’abord par retrouver un genou capable de lui permettre d’en envisager un.
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