Deux cartons jaunes, deux matchs renversés
Samedi dernier, la quatrième journée de Top 14 a offert deux rappels assez brutaux sur le prix de l’indiscipline. Le Racing 92 menait Bayonne 17-13 lorsque Benjamin Boudou a reçu un jaune à la 64e minute. Hassane Kolingar a ensuite été exclu temporairement à la 75e, au moment où Boudou revenait. Deux minutes plus tard, Lucas Martin marquait sur ballon porté et l’Aviron basculait devant pour l'emporter 20-17 après une dernière occasion manquée par les locaux.
À Jean-Bouin, le scénario a été encore plus net. Lyon, devant 10-5 à la pause, avait déjà été dépassé 12-10 lorsque Baptiste Couilloud a reçu un jaune à la 56e. Beka Saginadze l’a rejoint trois minutes plus tard. Paris a alors inscrit sept points pendant la séquence à 13, puis cinq autres alors que le LOU évoluait encore à 14.
À 14, chaque choix défensif se paie
L’infériorité numérique ne retire pas seulement un joueur. Elle oblige à déplacer des hommes et met en avant les erreurs de placement. Si la défense conserve de la largeur, elle expose davantage les abords des rucks. Si elle resserre, les extérieurs sont ciblés. Et quand le joueur sorti est le demi de mêlée, comme Couilloud, la réorganisation touche aussi la sortie de mêlée, la couverture et les premiers soutiens.
Notez que juste après le jaune de son numéro 9, Tawera Kerr-Barlow a profité de son absence derrière une mêlée pour filer dans l’en-but. L’essai sera finalement été refusé pour un en-avant antérieur. Mais le Stade Français a quand même trouvé la brèche. Sur l’ensemble du match, le LOU a concédé 14 pénalités et réussi 240 plaquages, contre 101 pour Paris.
Le coût dépasse les points
Au Racing, le jaune de Boudou a également perturbé la conquête. Tarrit étant sorti touché, le club francilien s’est retrouvé sans talonneur disponible et a dû bricoler une première ligne composée uniquement de piliers sur une mêlée. Bayonne a ensuite multiplié les pénaltouches et les séquences dans les 22 mètres avant de frapper à la 77e. Le Racing a encaissé sept points pendant ses exclusions, sans en marquer.
Bien sûr deux rencontres ne permettent pas d’établir une moyenne fiable du coût d’un carton jaune en Top 14. Néanmoins, après quatre journées, la LNR recense déjà 46 jaunes, un orange et quatre rouges, soit 51 cartons en 28 matchs.
La discipline, déjà une donnée de performance
La discipline mérite donc d’être lue comme une donnée de performance, au même titre que la conquête ou l’efficacité dans les 22 mètres. Samedi, le Racing a concédé sept points pendant ses jaunes et surtout vu la victoire lui échapper. Lyon en a abandonné douze pendant ses périodes d’infériorité. Sur deux matchs encore ouverts au moment des sanctions, la facture a été très concrète.
Si l'indiscipline est une arme décisive, c'est alors pour se faire Hara-Kiri.
Le coup du carton rouge en finale de 2016 qui fait (ou pas ?) gagner le Racing demeure une tactique assez aléatoire...