De 24 à 16 clubs, la France ouvre la porte
La Champions Cup pourrait connaître l’un de ses plus gros coups de rabot depuis sa création. Yann Roubert, président de la LNR, a publiquement soutenu l’idée de ramener la compétition de 24 à 16 équipes. Le dirigeant français souhaite une Coupe d’Europe plus resserrée, avec « seulement des matchs de très haut niveau ». Aujourd’hui, huit clubs du Top 14, huit du PREM et huit de l’URC composent le plateau.
Le projet anglais révélé par The Telegraph va plus loin. Il supprimerait la phase de poules pour débuter directement par des huitièmes de finale aller-retour, avant les quarts, les demi-finales puis la finale. Nuance importante : Roubert valide clairement le principe d’une compétition à 16, mais ses déclarations publiées ne détaillent pas un accord français sur chacun de ces mécanismes. Le chantier doit encore être négocié au sein de l’EPCR.
Huit éliminés sur 24 : le filtre actuel reste très large
Le format 2026-2027 résume assez bien le débat. Les 24 engagés sont répartis dans quatre poules de six et chaque club dispute quatre rencontres. Puis 16 équipes accèdent aux huitièmes. Autrement dit, seulement huit formations quittent la Champions Cup après cette première phase. L’EPCR réserve actuellement huit week-ends à la compétition, entre la première journée du 16 octobre et la finale du 22 mai 2027 à Lyon.
Ce resserrement redonnerait aussi beaucoup de valeur au classement domestique. Roubert évoque cinq ou six représentants français dans une compétition à 16, contre huit billets aujourd’hui. Pour le Top 14, cela signifierait donc deux ou trois places européennes de moins selon la formule retenue. Et dans un championnat où la bataille pour les six premières places s’étire souvent jusqu’au mois de juin, le moindre point abandonné pendant l’hiver pèserait encore davantage.
Des affiches plus fortes, mais un prix sportif évident
L’idée portée par la LNR tient à concentrer les meilleurs clubs afin de relever immédiatement le niveau moyen des rencontres. Avec 16 participants et un tableau éliminatoire dès l’entrée, plus question d’attendre janvier pour sortir la calculette et découvrir qu’une victoire peut parfois suffire à rester vivant. On passerait d’une phase où deux tiers du plateau survivent à une Coupe d’Europe construite autour de confrontations directes. Un parfum de vieille bataille continentale, avec deux matchs pour régler ses comptes.
Mais le prix est concret. La France perdrait plusieurs représentants et la redistribution vers la Challenge Cup devrait être repensée. Le dossier sud-africain ajoute encore une inconnue : les franchises du pays ont rejoint les compétitions EPCR en 2022 et aucune n’a encore disputé une demi-finale de Champions Cup. Les Sharks ont néanmoins remporté la Challenge Cup en 2024. Roubert estime que leur avenir devra lui aussi être abordé lors des discussions sur le prochain cycle européen.
Une Challenge Cup plus relevée
Avec moins de clubs qualifiés en Champions Cup, la Challenge Cup pourrait elle aussi gagner en densité. Si le Top 14 passait de huit représentants à cinq ou six, deux ou trois clubs français supplémentaires pourraient basculer vers la deuxième Coupe d’Europe, selon le futur système retenu.
Même logique pour l’Angleterre et l’URC : des équipes habituées au haut niveau continental se retrouveraient en Challenge Cup. De quoi relever sensiblement la qualité des affiches, même si la répartition des places reste encore à définir.
Une réforme encore loin d’être bouclée
Le cadre actuel est prévu jusqu’en 2030 et l’EPCR n’a pas souhaité commenter le projet auprès du Telegraph. Roubert veut néanmoins ouvrir la discussion avec les Anglais et l’URC. Pendant que les staffs préparent déjà leurs quatre matchs de poule, leurs dirigeants imaginent donc une Europe où ces poules pourraient bientôt appartenir au passé.
Aucun commentaire pour le moment...