Samedi, Vannes a quitté Aimé-Giral battu par Perpignan (21-12), sans le moindre point au classement. Deux jours plus tard, Midi Olympique pose une question qui dépasse le terrain : comment rester en Top 14 quand le budget ne suit pas ? Le promu peut décrocher son billet à la force des épaules et découvrir ensuite une autre compétition, celle des budgets.
Thierry Blandinières, président de Brive, situe autour de 35 millions d’euros le budget permettant de viser les douze premières places. Son calcul est parlant : avec 20 millions, un club joue les premiers rôles en Pro D2 ; il lui faudrait trouver 15 millions pour espérer s’installer durablement dans l’élite.
Un fossé visible dans les budgets
Le promu vannetais dispose de 26,9 millions d’euros pour 2026-2027, selon les budgets prévisionnels publiés en septembre. C’est 8,1 millions sous le repère avancé par Blandinières. La moyenne du Top 14 atteint 36,4 millions, tandis que Toulouse culmine à 60,3 millions. Castres évolue avec 27,9 millions. Les 35 millions représentent un objectif de solidité, pas une garantie de maintien.
Et l’argent supplémentaire ne sert pas uniquement à recruter des noms. Il faut absorber les exigences de l’élite, étoffer les rotations, structurer le staff et traverser une saison où chaque doublon peut coûter cher. Le casse-tête se complique lorsque la montée se décide en juin, quand de nombreuses signatures sont bouclées.
Monter plus tôt pour recruter mieux ?
D’où une proposition relancée dans Midi Olympique : offrir (à nouveau) la montée directe au premier de la saison régulière. Le futur promu disposerait de plusieurs semaines pour contractualiser et construire son budget. Le président de la LNR, Yann Roubert, défend toutefois les phases finales actuelles, qui ont renforcé l’attractivité de la Pro D2.
Autre idée : donner au promu un crédit supplémentaire d’un ou deux millions de salary cap. Son plafond de base s’élève à 11 millions d’euros, selon la LNR. Mais relever ce plafond n’alimente pas la trésorerie. Sans recettes ni investisseurs, cette souplesse resterait théorique. Encadrer davantage les prêts de joueurs soulève le même dilemme entre compétitivité immédiate et construction durable.
La peur de l’ascenseur
Perpignan s’est maintenu au prix de barrages, Bayonne a réussi son installation, tandis que plusieurs promus ont retrouvé la Pro D2. Derrière le rêve d’un dimanche de finale se cache donc une décision plus froide : jusqu’où investir sans mettre en péril le club si la descente arrive aussitôt ? Le vrai défi commence parfois après le coup de sifflet final.
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