À 36 ans, Mahamadou Diaby ferme un chapitre long de treize saisons professionnelles pour en ouvrir immédiatement un autre. L’ancien troisième ligne de l’UBB a annoncé lundi 17 août la fin de sa carrière et rejoint le staff des Lionnes du Stade Bordelais comme responsable de la défense. Après huit saisons et 177 matchs sous les couleurs bordelo-béglaises, il avait quitté l’UBB en 2025 pour Perpignan, avant de terminer la saison dernière à Montpellier comme joker médical.
Diaby retrouve Bordeaux, mais surtout une équipe qui n'a plus vraiment besoin d'être présentée dans le rugby féminin français. Les Lionnes ont remporté en juin leur quatrième titre consécutif d'Élite 1 en dominant Romagnat 22-10 à Biarritz. Une série débutée en 2023 et encore jamais réalisée dans l'ère moderne du championnat féminin.
Le combat comme première matière à transmettre
Sur le papier, confier la défense à Mahamadou Diaby ressemble presque à une évidence. L'ancien troisième ligne a construit une bonne partie de sa réputation sur son activité dans les zones de combat, sa capacité à répéter les efforts et son rôle de leader. En 2023, à 32 ans, il avait encore terminé une saison avec six essais et le plus gros temps de jeu de l'effectif bordelo-béglais. Quelques années auparavant, Christophe Urios lui avait également confié le capitanat de l'UBB.
Mais entraîner une défense demande évidemment davantage que de savoir découper un porteur de balle. Diaby devra transformer des habitudes acquises pendant des années en principes compréhensibles et reproductibles : qualité de montée, connexion entre défenseuses, choix autour des rucks, lecture des surnombres et capacité à remettre rapidement le rideau en place. Et c'est probablement là que son nouveau métier commence vraiment. Le joueur pouvait encore réparer une situation avec son physique ou son expérience. L'entraîneur doit apprendre aux autres à éviter d'avoir quelque chose à réparer.
Son parcours lui donne tout de même une sacrée bibliothèque d'images à transmettre. Diaby avait atteint les 137 apparitions avec Bordeaux dès novembre 2023, avec une moyenne annoncée par l'UBB de 19 matchs par saison. Il quittera finalement le club avec 177 rencontres, dont 153 comme titulaire, quatre demi-finales et une finale de Top 14 disputées. Il aura aussi participé à la campagne victorieuse de Champions Cup 2025.
Du Top 14 à l'Élite 1, une passerelle qui mérite d'être regardée
Le choix est surtout intéressant pour ce qu'il raconte du Stade Bordelais. Les Lionnes viennent de décrocher un quatrième Bouclier consécutif malgré une saison régulière terminée à la troisième place, derrière Romagnat et Toulouse. Elles auraient pu simplement capitaliser sur cette dynamique. Elles ajoutent à leur encadrement un homme qui évoluait encore en Top 14 il y a quelques mois et possède plus de huit saisons d'expérience au sein du "voisin" bordelo-béglais.
Cette arrivée matérialise aussi une circulation des compétences entre rugby professionnel masculin et rugby féminin qui mérite davantage d'attention. Plusieurs internationales françaises évoluent déjà au Stade Bordelais, dont Axelle Berthoumieu, Madoussou Fall Raclot, Annaëlle Deshaye ou Morgane Bourgeois. Diaby ne débarque donc pas dans un laboratoire où tout serait à construire. Il rejoint la référence actuelle de l'Élite 1 avec une mission très précise : aider les quadruples championnes de France à rester devant. Pour un homme qui a passé sa carrière à courir après les porteurs de balle, la reconversion reste finalement assez cohérente.
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