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« À 34 km/h, il n’est pas invité » : Jean-Noël Spitzer détaille les standards que Vannes doit atteindre pour survivre en TOP 14

Vannes a retrouvé le TOP 14, mais Jean-Noël Spitzer connaît déjà le prix du maintien : plus de puissance, plus de vitesse et presque aucun temps mort.

Thibault Perrin 23/09/2026 à 19h18
Champion de PRO D2 au printemps, Vannes retrouve les exigences du TOP 14. Pour Spitzer, la différence tient surtout à la puissance et à la vitesse. Crédit : EPCR Rugby
Champion de PRO D2 au printemps, Vannes retrouve les exigences du TOP 14. Pour Spitzer, la différence tient surtout à la puissance et à la vitesse. Crédit : EPCR Rugby

Vannes a retrouvé l’élite, et les exigences qui vont avec

Trois journées ont suffi pour rappeler au RC Vannes à quel point le TOP 14 pardonne peu. Champion de PRO D2 après sa victoire 18-14 contre Provence Rugby le 6 juin, le club breton a retrouvé l’élite avec trois défaites face à Castres, Montpellier puis Toulouse. La dernière, 23-29 à La Rabine, a pourtant montré un RCV capable de rester au contact du champion de France. Jean-Noël Spitzer connaît parfaitement la différence entre les deux championnats. Et elle ne se résume pas, selon lui, au rythme général d’un match.

« Globalement, tu as un temps de jeu effectif et un rythme de match qui peut être plus élevé en Pro D2 qu’en Top 14 », explique l’entraîneur vannetais pour le podcast RugbyPhysio. La fracture apparaît ailleurs. D’abord dans « la puissance du paquet d’avants » près des lignes, avec une organisation et une capacité à avancer que Vannes rencontrait seulement ponctuellement à l’étage inférieur. Puis vient la vitesse. Celle des courses évidemment, mais aussi celle des passes, des replacements et surtout des connexions entre joueurs lorsque le ballon change de camp.

« En Top 14, ça ne se rattrape pas »

C’est probablement la phrase qui traduit le mieux le changement de dimension. « Si tu es pris sur un turnover, ça va aller au bout. En Pro D2, des fois, ça se rattrape. En Top 14, ça ne se rattrape pas. » Vannes l’avait appris lors de son premier passage dans l’élite et a utilisé sa saison en Pro D2 pour travailler ce secteur. L’organisation offensive n’a pourtant pas été reconstruite. Spitzer rappelle que son équipe fonctionne avec des principes assez stables depuis trois ans. Le travail a surtout consisté à remettre de la vitesse dans une mécanique déjà connue.

Parce qu’une contre-attaque ne se joue pas uniquement dans la tête. Il faut encore avoir les jambes pour exploiter les quelques secondes pendant lesquelles une défense se retrouve désorganisée. À Vannes, la vitesse est donc devenue une composante quotidienne de l’entraînement. « Chaque entraînement, on fait de la vitesse. On redemande aux joueurs de dépasser les 90 % de Vmax. »

Spitzer reconnaît même avoir intégré du sprint dissocié, un exercice dont il n’est pourtant « pas fan ». Chez les trois-quarts, son discours devient encore plus parlant : « Un trois-quarts centre, un troisième rideau qui n’est pas à 34 km/h, il n’est pas invité. » Même exigence avec un CMJ à 50 (Countermovement Jump, un test de détente verticale) comme référence évoquée par le technicien.

Le gros apprentissage de l’année dernière, qu’on n’avait pas et qu’on a retranscrit cette année, c’est remettre de la vitesse dans notre jeu à partir des turnovers, des balles de récupération. Voilà, c’est un secteur dans lequel on a vraiment souffert l’année dernière.

Plaquer, se relever et recommencer

L’autre chantier se situe au sol. Vannes mesure notamment le temps nécessaire à un joueur pour se remettre dans le jeu après une intervention : moins de deux secondes, trois secondes ou davantage. Cette capacité à plaquer puis à redevenir immédiatement disponible constitue, selon Spitzer, « le standard numéro un » de son équipe. Et certains chiffres donnent du poids à son discours. Face à Toulouse samedi dernier, le RCV a réussi 12 plaquages offensifs contre six pour les Toulousains, ainsi que 123 plaquages au total.

Mais cette énergie défensive ne suffit pas encore à convertir les prestations en points au classement. Après trois journées, Vannes est quatorzième avec zéro point, après des revers 29-20 à Castres, 12-26 contre Montpellier et 23-29 face à Toulouse. Le paradoxe résume assez bien le défi vannetais : plusieurs standards voulus par le staff sont déjà visibles, tandis que l’efficacité offensive et la capacité à punir les turnovers doivent encore progresser. En TOP 14, quelques mètres ou deux secondes de retard peuvent transformer une situation favorable en course vers sa propre ligne.

Le prochain test sera encore plus parlant

Et le calendrier n’accordera pas beaucoup de temps aux Bretons. Samedi 26 septembre, Vannes se déplacera à Mayol pour affronter Toulon, lui aussi toujours à la recherche de sa première victoire après trois journées. Une nouvelle occasion de mesurer ces fameux standards. Vannes n’a pas oublié comment jouer au rugby en descendant une saison en Pro D2.

Le RCV cherche désormais à faire les mêmes choses quelques secondes plus vite. À écouter Spitzer, c’est précisément là que se trouve une bonne partie de la frontière entre les deux divisions.

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