Un mois après avoir quitté la pelouse de Soweto avec une mâchoire fracturée, Cheslin Kolbe a enfin donné de ses nouvelles. Touché dès la 9e minute face aux All Blacks le 5 septembre, l’ailier sud-africain avait dû abandonner ses partenaires, avant que Rassie Erasmus ne confirme la fracture après la rencontre. Depuis, aucune date officielle de reprise n’a été communiquée. Et forcément, à cinq semaines du choc face au XV de France, chaque indice compte.
Un steak comme drôle de baromètre
Mardi 6 octobre, Kolbe a choisi Instagram pour faire le point avec une formule qui devrait parler à tous ceux ayant déjà connu un passage prolongé aux aliments mous. « Je suis à mi-chemin avant de pouvoir enfin mâcher un steak. Merci à tous pour vos messages de soutien ! J'ai hâte de retrouver le terrain ! » Un détail presque anecdotique, mais qui montre surtout que sa mâchoire n’a pas encore retrouvé toutes ses capacités un mois après le choc.
Kolbe n’annonce pas qu’il peut déjà manger normalement, contrairement à ce que laisse entendre le titre d’un article sud-africain. Il ne donne surtout aucun calendrier sportif ou le feu vert de son équipe médicale. Autant de données indispensables avant d’imaginer un retour au milieu des 120 kilos qui circulent dans les défenses internationales.
69 jours entre la fracture et France-Afrique du Sud
Le calendrier offre néanmoins une vraie raison d’envisager sa présence à Saint-Denis. Il s’écoulera exactement 69 jours entre sa blessure du 5 septembre et France-Afrique du Sud, programmé le vendredi 13 novembre au Stade de France.
La littérature médicale sur les fractures maxillo-faciales montre qu’un retour au sport de haut niveau avant six semaines peut être possible dans certains cas. Une revue publiée en 2019 rapporte même des reprises à trois semaines chez des rugbymen et footballeurs, tout en soulignant l’absence de consensus et la nécessité d’évaluer le risque de nouveau choc.
Mais le rugby international constitue précisément un environnement où la mâchoire ne passe pas quatre-vingts minutes sous cloche. Plaquages, nettoyages, collisions aériennes et contacts accidentels exposent directement le visage. Les mêmes travaux insistent donc sur la nature de la fracture, son traitement, sa consolidation et le niveau de contact du sport pratiqué. Sans le dossier médical de Kolbe, impossible d’affirmer aujourd’hui qu’il sera apte face aux Bleus.
Le précédent Antoine Dupont donne tout de même un repère intéressant. Victime d’une fracture maxillo-zygomatique le 21 septembre 2023 face à la Namibie, le capitaine des Bleus avait rejoué seulement 24 jours plus tard, avec un casque, lors du quart de finale contre l’Afrique du Sud. Il avait même disputé les 80 minutes de cette rencontre perdue 29-28. Un cas spectaculaire, mais pas totalement comparable à celui de Kolbe, dont la fracture touche la mâchoire.
L’Italie pourrait donner un premier indice
Les Springboks reprendront leur Nations Championship le 7 novembre en Italie, soit 63 jours après la blessure de Kolbe, avant de rejoindre Paris six jours plus tard puis Dublin pour défier l’Irlande le 21 novembre. Sa présence ou non dans le groupe retenu pour Turin devrait donc apporter un premier élément sérieux. Pour Rassie Erasmus, récupérer son ailier avant cette séquence serait loin d’être accessoire : novembre propose trois rendez-vous européens en quatorze jours, puis le week-end des finales à Twickenham.
À 69 jours du choc initial, un retour contre la France entre donc dans des délais déjà observés chez des sportifs de haut niveau. Mais pour l’heure, le seul chronomètre donné par Kolbe reste celui de son steak. Et il indique encore : mi-cuisson.
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