À l'abri des regards du grand public, Romain Poite dirige une structure d'une centaine de jeunes directeurs de jeu, dont la moyenne d'âge est de 25 ans.
En attendant de rejoindre, pour certains, l'élite des 27 arbitres professionnels français, ils officient en Nationale, Nationale 2 et Fédérale 1.
De quoi se former aux joutes les plus relevées du monde amateur et passer le cap plus rapidement chez les professionnels, dans un secteur qui manque (pour l'instant), d'un plan de succession.
"Quand nous sommes arrivés il y a deux ans, nous avons mis en place une cellule professionnelle et, depuis début septembre, nous le déclinons sur l'élite amateur. On y travaille la précision et la performance pour atteindre le très haut niveau. Ces jeunes aspirent à une carrière professionnelle et ils ont bien compris ce que ça implique."
Romain Poite
Un entraînement pensé pour le très haut niveau
Le travail physique de ces jeunes arbitres s'est réorienté ces dernières années : moins d'endurance, davantage de réactivité et d'intensité, avec le « yoyo test » et le « bronco test » comme repères, dans une version moins exigeante que celle des professionnels. L'essentiel du travail passe toutefois par la vidéo, avec analyses de cas et de performance.
Le cadre reste moins dense que chez les pros : une réunion mensuelle en visioconférence, complétée par deux stages dans la saison, en août puis à mi-saison.
Une dizaine d'anciens arbitres épaulent Romain Poite et Cédric Marchat pour encadrer ce groupe, détecté dès les ligues régionales puis fait grimper les échelons jusqu'à la Fédérale 1.
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— TOP 14 Rugby (@top14rugby) October 5, 2021
Quand le meilleur arbitre de la saison passée, Romain Poite, et le "petit coquin" Arthur Joly discutent, ça vaut son pesant d'or 🤣 #pépite @usap_officiel pic.twitter.com/6xzGGoZA1k
Une trentaine de futurs pros, en théorie
Autrefois recrutés parmi d'anciens joueurs, les arbitres sont désormais, selon Romain Poite, de jeunes ambitieux qui visent directement le statut professionnel, une évolution qui tire le niveau moyen vers le haut.
Vingt-cinq ans est jugé, selon lui, le bon âge pour identifier ceux capables un jour de diriger les meilleurs joueurs du pays.
Ce programme fonctionne sous l'égide de la FFR, avec un financement qui bénéficie des retombées de la LNR.
"Nous avons établi un plan de succession sur plusieurs années, indique-t-il. Mais il est difficile de prédire combien d'espoirs deviendront professionnels. On peut dire qu'une trentaine peuvent y prétendre. Nous avons le sentiment de polir le diamant, plus que de créer de la plus-value"
Romain Poite
Un déficit d'environ 600 arbitres derrière l'urgence du projet
Ce travail de formation prend un relief particulier au regard des chiffres avancés par la Fédération française de rugby. Sur sa page officielle, la FFR annonce plus de 2 700 arbitres actifs chaque week-end sur l'ensemble du territoire ; son président, Florian Grill, avance le même chiffre, pour un besoin estimé à 3 300 arbitres afin de couvrir l'intégralité des rencontres.
Une publication de mai 2024 évoquait environ 2 900 arbitres par week-end, quand un comité départemental parle, lui, de près de 3 000, toutes catégories confondues. Ces écarts ne remettent pas en cause l'ordre de grandeur du déficit.
Avec 2 700 arbitres pour un besoin de 3 300, il en manque environ 600, soit un déficit de près de 18 %.
Un chiffre à mettre en regard des 424 200 licenciés que compte le rugby à XV en France. Autant dire que la pépinière de Romain Poite ne relève pas seulement de la gestion de carrières individuelles : elle touche à la capacité du rugby français à couvrir, chaque week-end, l'ensemble de ses rencontres.
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