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45 secondes au chrono, à peine 20 pour frapper : pourquoi les transformations en coin posent particulièrement problème en TOP 14

Depuis septembre, les buteurs du Top 14 n'ont plus que 45 secondes pour frapper. Louis Carbonel estime qu'il lui reste bien moins de temps pour préparer ses transformations.

Thibault Perrin 23/10/2026 à 14h50
Louis Carbonel a déjà manqué sept transformations cette saison. L'ouvreur du Stade Français s'interroge sur les conséquences du nouveau chronomètre imposé aux buteurs. ©INPHO/Laszlo Geczo
Louis Carbonel a déjà manqué sept transformations cette saison. L'ouvreur du Stade Français s'interroge sur les conséquences du nouveau chronomètre imposé aux buteurs. ©INPHO/Laszlo Geczo

Sept transformations manquées depuis le début de la saison, dont cinq en coin. Louis Carbonel commence à trouver le temps long, ou plutôt sacrément court, face aux perches. Dans un entretien accordé à Rugbyrama, l'ouvreur du Stade Français a évoqué les difficultés rencontrées depuis l'instauration du nouveau chronomètre. Une réforme qui oblige les buteurs à revoir leurs habitudes, particulièrement lorsque le ballon doit être frappé près de la ligne de touche.

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45 secondes au compteur, mais beaucoup moins pour frapper

Depuis le début de l'exercice 2026-2027, les buteurs du Top 14 et de Pro D2 disposent de 45 secondes pour tenter une pénalité ou une transformation, contre 60 auparavant. Une expérimentation validée par World Rugby, à la demande de la LNR et de la FFR, avec l'objectif d'augmenter le temps de jeu effectif. Mais entre le règlement et sa mise en application, les spécialistes du jeu au pied découvrent quelques contraintes.

Car le décompte commence dès que l'arbitre accorde l'essai, sans attendre que le buteur soit installé. Il faut récupérer le ballon, placer le tee, choisir son axe et retrouver sa concentration. Carbonel estime ainsi qu'il ne lui reste réellement qu'une vingtaine de secondes pour frapper. Un délai qui peut devenir particulièrement inconfortable après une longue course ou plusieurs séquences défensives éprouvantes.

Pourquoi les transformations en coin posent problème

Les difficultés techniques du tir excentré existaient bien avant cette réforme. Plus le ballon se rapproche de la touche, plus l'ouverture apparente entre les poteaux se réduit. Le buteur doit également composer avec la distance, l'orientation de sa course d'élan et les conditions météorologiques. Autant de paramètres qui demandent une préparation minutieuse, particulièrement lorsque quelques secondes ont déjà été consommées avant même de poser le ballon.

Le témoignage de Carbonel met surtout en évidence une différence entre pénalités et transformations. Sur une pénalité, le chronomètre démarre lorsque le capitaine annonce son intention de prendre les points. Sur une transformation, le temps commence à s'écouler dès la validation de l'essai. Un joueur impliqué dans l'action précédente peut donc perdre de précieuses secondes avant d'entamer son rituel. Et les quinze secondes supprimées depuis cet été prennent alors une autre dimension.

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Une baisse de réussite encore à démontrer

Le constat individuel de l'ancien Toulonnais ne représente cependant pas une tendance générale. Ses cinq transformations manquées en coin constituent un chiffre précis, mais insuffisant pour attribuer ces échecs au nouveau règlement. Il faudrait notamment comparer les pourcentages de réussite avant et après la réforme, en tenant compte de la position des tirs et des conditions de jeu.

Les deux points qui pourraient coûter cher

À la veille du déplacement du Stade Français à Castres, la question mérite pourtant d'être posée. Une transformation manquée représente deux points qui peuvent peser lourd dans une rencontre serrée. Et si les buteurs doivent progressivement adapter leur routine, les équipes pourraient également revoir leur organisation pour leur faire gagner quelques secondes. Reste désormais à mesurer si cette accélération souhaitée par les instances modifie réellement la réussite face aux perches.

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