On l’avait quitté lors de son départ pour les États-Unis, où Joachim Trouabal avait tenté l’IPP Program afin de décrocher une place dans une franchise de NFL. Après avoir kiffé l'aventure américaine essentiellement basée dans un lycée dont "les infrastructures sont meilleures que celles de l'INSEP" et battu le record de vitesse de la saison (Rees-Zammit dans le rétro), l'ancien bolide de France 7 n'a malheureusement pas décroché le précieux sésame à la sortie.
"C'était peut-être écrit comme ça", nous lance-t-il. "Après la déception de Rees-Zammit, on a vite compris que les recruteurs de la NFL n'étaient plus très chauds à l'idée d'accueillir un novice issu du rugby dans leur squad. Et puis de mon côté, j'aurai peut-être pu mieux faire..."
Si ses rêves de football américain se sont rapidement envolés, le garçon passé par Massy en a donc profité pour tenter de répondre à une question qu'il s'est toujours posée : jusqu'où je suis capable de courir ? Peu après son retour en région parisienne, Trouabal décide ainsi se lancer dans l'athlétisme à l'automne 2025, balayant d'un step appuyé l'idée d'un retour dans le rugby. "J'ai tourné la page et j'avais vraiment envie de voir autre chose".
VIDEO. + 37km/h en ''trottinant'' : qui est cet Argentin plus rapide que Louis Bielle-Biarrey ?Il a choqué certains de ses concurrents
Alors, ces débuts ? "Je n'avais jamais perdu une course de ma vie. L'arrivée dans le monde de l'athlétisme m'a vite remis en place dès ma première compétition (rires)".
Le truc, c'est que celui qui frôlait déjà les 38km/h les crampons aux pieds pige vite. Entraîné par son paternel Jean-Charles Trouabal - autrefois membre de l’équipe de France du 4x100m et qui a déjà couru la distance reine en 10’19 secondes - Joachim a rapidement choqué le microcosme de "l'athlé" en réalisant un 6,74 secondes sur 60m en salle, après quelques courses seulement.
Après une petite blessure l'ayant empêché de surfer sur sa dynamique sur la fin de saison hivernale, le garçon de 26 ans a profité de l'été pour claquer un 10'33 sur 100m, finalement non-homologué à cause d'un vent trop favorable, "mais qui aurait bien valu un bon 10'40 homologué". Soit des débuts très encourageants pour celui qui n'avait jamais mis de pointes il y a encore 1 an.
"On me dit que c'est du jamais vu après moins d'un an de pratique. Après, tout va dépendre de ma progression future. (...) Quand je vois ma technique qui est encore très perfectible, mais aussi la marge que j'ai pour appréhender les courses, bosser spécifiquement et apprendre à me connaître en tant que sprinteur, je me dis que le meilleur est à venir."
Après sa première saison, Trouabal se situe ainsi déjà parmi les 20 meilleurs sprinteurs français de l’année, ce qui lui a ouvert les portes des championnats de France élite sur 60m en février dernier. Ses objectifs ? Si tout fonctionne par étape dans ce milieu, il croit en ses qualités et ne se fixe pas de limite.
"L'an I, c'était pour voir si ma vitesse pouvait se concrétiser sur piste. Désormais, le but va être d'aller chercher des vrais chronos, avant même de penser aux JO ou à quoi que ce soit d'autre. Pouvoir vivre de l'athlétisme à terme. Mais pour ça, il va falloir aller très vite."
Jusqu'à être le premier sportif issu du rugby à courir un jours sous les 10 secondes ? "Ça ne sera pas simple mais c'est dans un coin de ma tête. Quand je vois l'exemple du sprinteur camerounais Emmanuel Eseme qui a réalisé sa meilleure performance (9,83 sec sur 100m à Glasgow, NDLR) cette année, à 33 ans, après avoir débuté l'athlétisme à 24 ans, ça permet de se projeter."
Peut-être que si tout continue d'aller aussi vite, celui qui avait loupé les JO 2024 avec France 7 pourrait finalement s'inviter à ceux de Los Angeles en 2028. Pas en maillot, mais en chasuble cette fois...
Forcement les clubs d´athletisme l´avaient dans le viseur a Trouabal après son chrono canon. :-)
OK je sors.