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320 minutes et 74 plaquages en quatre matchs : pourquoi Mickaël Guillard peut profiter du forfait de Meafou avec le XV de France

À 25 ans, Mickaël Guillard vient d’enchaîner quatre matches de 80 minutes avec Lyon. Karim Ghezal le voit désormais faire de même avec les Bleus.

Thibault Perrin 06/10/2026 à 18h31
Quatre matches complets et déjà 74 plaquages : Mickaël Guillard peut-il transposer son impressionnante endurance au poste de numéro 5 avec les Bleus ? ©INPHO/Billy Stickland
Quatre matches complets et déjà 74 plaquages : Mickaël Guillard peut-il transposer son impressionnante endurance au poste de numéro 5 avec les Bleus ? ©INPHO/Billy Stickland

320 minutes pour poser le décor

Karim Ghezal n’a pas attendu le prochain rassemblement des Bleus pour lancer le débat. Après quatre premières journées de Top 14 disputées intégralement par Mickaël Guillard, le manager lyonnais estime via L'Equipe que son deuxième ligne peut désormais « largement faire quatre-vingts minutes en équipe de France ». Avant d’être ménagé lors du déplacement à Bordeaux, le joueur de 25 ans avait donc passé 320 minutes consécutives sur les pelouses du championnat.

Et Guillard n’a pas traversé ces rencontres en économisant son carburant. Selon les statistiques d’AIA Sports relayées par L’Équipe, il a réussi 74 plaquages sur cette période, dont 23 avec 100 % de réussite contre Clermont. Le Lyonnais a également récupéré cinq ballons, effectué 15 passes et parcouru 76 mètres ballon en main. Une activité qui donne forcément du poids aux propos de son entraîneur.

Tenir 80 minutes, mais pour faire quoi ?

L’endurance constitue pourtant seulement une partie de l’équation. Jouer numéro 5 avec le XV de France demande d’encaisser les mêlées fermées, les mauls, les nettoyages et les collisions tout en restant capable de défendre lorsque les espaces s’ouvrent après l’heure de jeu. Sur ce point, Guillard possède un argument rare : son activité ne s’effondre pas lorsque les kilomètres commencent à peser. À Paris, lors de la quatrième journée, il a encore terminé la rencontre sans passer par le banc.

Mais Ghezal lui-même pointe les secteurs qui restent à développer. Le manager lyonnais estime que Guillard doit encore progresser dans sa tenue en mêlée et dans la défense des mauls lorsqu’il évolue en numéro 5. Avec ses 1,97 m pour 113 kg, il présente également un profil différent de celui d’Emmanuel Meafou. Le Toulousain apporte davantage de masse brute là où Guillard compense notamment par sa mobilité et sa capacité à répéter les tâches.

Les Bleus connaissent déjà Guillard en numéro 5

Notez Fabien Galthié n’a pas besoin de découvrir le Lyonnais à ce poste. Guillard compte désormais 19 sélections et a notamment débuté avec le numéro 5 contre le pays de Galles, l’Irlande puis l’Écosse pendant le Tournoi 2026. Il peut aussi évoluer en troisième ligne, comme lors de certaines rencontres internationales. Cette polyvalence lui permet d’entrer dans plusieurs constructions de banc. Mais elle a aussi longtemps empêché de l’enfermer dans une seule case.

La différence, cet automne, vient du contexte. Emmanuel Meafou est forfait pour les rencontres internationales de novembre et laisse vacant un rôle essentiel dans le cinq de devant. Fabien Galthié a déjà cité Guillard parmi ses solutions, aux côtés notamment de Tom Staniforth et d’un possible déplacement de Thibaud Flament à droite de l’attelage. Après avoir longtemps servi de couteau suisse du pack français, le Lyonnais possède donc une vraie fenêtre pour s’installer.

Quatre-vingts minutes chez les Bleus ? Oui, mais pas par principe

Les quatre premières journées apportent finalement une réponse assez nette sur ses capacités physiques : Guillard peut jouer 80 minutes à haute intensité. Elles ne disent pas encore si Fabien Galthié aura intérêt à lui demander la même chose face aux Fidji, à l’Afrique du Sud ou à l’Argentine en novembre. La gestion du banc dépendra de l’adversaire et des profils associés. Mais avec 74 plaquages en quatre matches et déjà 19 sélections, Guillard arrive au meilleur moment pour montrer qu’il peut être davantage qu’une solution de secours.

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