Cheveux peroxydés, des verrins énormes et un gabarit qui interpelle : voici Sandro Gabunia, le numéro 5 des Crabos de Montpellier, qui s'est distingué il y a quelques semaines lors de la finale du championnat de France.
Vainqueur du Bouclier avec les siens, ce jeune joueur de 15 ans, originaire de Géorgie, a débuté le rugby au Rugby Club de Kochebi, dans la ville de Bolnissi.
Désormais à Montpellier, il pourrait profiter, dans les années à venir, de ses impressionnantes qualités physiques et de la politique du club en matière de formation des jeunes talents. Un potentiel que confirme Damien Florio, directeur du centre de formation du MHR.
19 ans, 40 défenseurs battus en 10 matchs : le phénomène italien qui pourrait inquiéter Montpellier et Paris"Le surclassement est inévitable, sinon les joueurs en face sont en danger"
Au terme d'un match haletant, ce sont les coéquipiers de Sandro Gabunia qui se sont adjugé le titre de champions de France Crabos en battant Bordeaux en finale.
Quelques minutes plus tard, d'immenses scènes de liesse éclatent, accompagnées de nombreuses photos. Parmi tout ce beau monde, un certain Louis Picamoles, toujours très attentif aux jeunes Cistes, lui qui les accompagne encore aujourd'hui aux côtés d'un staff à l'ADN 100 % héraultais.
Toujours fort de son physique taillé pour les joutes internationales, « King Louis » paraissait pourtant bien moins impressionnant aux côtés du numéro 5 des Crabos montpelliérains.
Un gabarit qui pourrait faire de gros dégâts dans les catégories inférieures. Lui qui devait pourtant évoluer en cadets Alamercery a finalement été surclassé pour des raisons évidentes de sécurité, comme nous le confie Damien Florio.
"Aujourd'hui on a l'impression que les joueurs en face sont en danger, c'est pour ça qu'on a demandé le surclassement. Sandro, c'est un joueur qui est dur, et qui se déplace pas mal. Donc oui le surclassement est inévitable."
Damien Florio, directeur du centre de formation de Montpellier.
Une politique de formation pragmatique
Il n'est pas question de parler d'âge chez les jeunes Montpelliérains, qui semblent clairement frapper plus tôt que prévu à la porte du monde professionnel.
Une philosophie qui réjouit l'ensemble des dirigeants et du staff du MHR, puisque c'est dans cette optique que le club propose à Sandro, mais aussi à d'autres jeunes joueurs, d'être surclassés afin d'accélérer leur développement.
L'objectif est simple : ne pas freiner leur progression et leur permettre d'atteindre le plus haut niveau le plus rapidement possible, afin d'en faire les cadres de l'équipe professionnelle de demain.
"Pour les joueurs comme Sandro, notre politique sur la formation, depuis qu'on est avec Jo (Joan Caudllo, NDLR), c'est vraiment de dire qu'aujourd'hui, le joueur qui est dominant, ou le joueur qui a un fort potentiel, il faut qu'on l'entraîne sur la catégorie supérieure pour lui donner à manger et le faire progresser plus vite."
Damien Florio, directeur du centre de formation de Montpellier.
"Pour Souheib par exemple, (Souheib Benabdelkader, âgé de 16 ans, NDLR), je vais demander le surclassement en Espoir pour la saison prochaine. Pour nous, si on veut continuer à le faire progresser vers le haut niveau très rapidement, c'est-à-dire à la sortie de ses 18 ans, en pro, il faut qu'on arrive à le faire matcher avec les espoirs dès la saison prochaine. Parce que physiquement aussi, il est prêt, et c'est quelqu'un qui est surclassé depuis ses 15 ans."
Damien Florio, directeur du centre de formation de Montpellier.
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