Un peu plus de trois mois après une lourde opération du cœur, Gaël Dréan a retrouvé le groupe du RCT. L’ailier de 25 ans s’entraîne de nouveau collectivement. Mais reste encore privé de contact le temps que son thorax consolide complètement. Un scanner doit permettre de franchir cette dernière barrière. Son objectif n’a pas changé : rejouer avant la fin de l’année 2026. Après des semaines où marcher dix mètres constituait déjà un effort, le Toulonnais voit désormais le terrain se rapprocher.
J’ai repris l’entraînement collectif, quel bonheur ! En revanche, je n’ai toujours pas le droit de faire de contact car, pour m’opérer le cœur, le chirurgien m’a ouvert le thorax. Et il faut au moins quatre mois avant que le cal osseux soit consolidé.
Sa saison 2025-2026 s’était arrêtée au printemps, après la détection d’une « dégradation nette » de sa bicuspidie aortique, une malformation connue depuis ses 18 ans. Les examens ont montré que son cœur et son aorte évoluaient au point de rendre l’intervention urgente. Opéré à Paris le 1er juin pendant sept heures, Dréan raconte à Var-Matin n’avoir jamais imaginé qu’il allait mourir. Sa principale peur concernait le rugby : savoir s’il pourrait remettre les crampons et retrouver ce qui faisait de lui l’un des joueurs les plus électriques du RCT.
De 130 à 65 battements au repos
Dréan explique être sorti de l’opération avec dix kilos en moins, avant de passer trois semaines en centre de rééducation à Kerpape. Au réveil, son cœur battait à 130 pulsations par minute au repos. Lors de sa première reprise de course, trois minutes à 8 km/h l’ont envoyé à 185 BPM. Aujourd’hui, il annonce être revenu autour de 65 BPM au repos et avoir récupéré les dix kilos perdus. Il semble loin le temps où trois fentes suffisaient à le mettre K.-O.
Cette reconstruction compte énormément pour un ailier dont le rugby repose sur l’explosivité, les changements de rythme et la capacité à répéter les courses à haute intensité. Avant son arrêt, Dréan venait notamment d’inscrire huit essais en Champions Cup 2025-2026, deuxième total de la compétition. Il avait aussi obtenu sa première sélection avec le XV de France contre l’Italie en février, avec un essai à la clé. Revenir au plus haut niveau ne consiste donc pas seulement à être apte médicalement : il doit retrouver ce moteur qui faisait lever Mayol dès qu’un intervalle s’ouvrait.
Le Mondial 2027 apparaît déjà à l’horizon
Le calendrier donne forcément une autre dimension à son retour. La Coupe du monde 2027 débutera en Australie le 1er octobre, et la France jouera son premier match le lendemain contre les États-Unis. Dréan n’a encore qu’une sélection et aucune place n’est acquise. Mais il dispose d’un peu plus d’un an pour rejouer, retrouver son meilleur niveau et se remettre dans la conversation internationale. Après avoir dû renoncer à une tournée avec les Bleus en raison de son opération, chaque étape franchie dans sa reprise peut désormais compter.
Du côté du RCT, on compte bien évidemment sur lui pour l'avenir. Les discussions pour sa prolongation étaient en cours lorsque son opération est devenue inévitable. Dréan raconte que Laurent Emmanuelli l’a appelé pour lui assurer que le club ne modifierait pas l’accord malgré la situation : « On ne bouge pas une ligne sur le contrat. » Toulon a ensuite officialisé sa prolongation jusqu’en 2029 le 7 août. Pour un joueur qui sortait d’une intervention aussi lourde, difficile de recevoir message plus clair sur la confiance placée en lui.
« Je ne veux pas revenir en étant à 90 % »
Le prochain jalon sera le scanner, puis le retour au contact. Dréan refuse déjà l’idée de revenir à « 90 % » et préfère repousser son retour d’une ou deux semaines s’il le faut. On se souvient qu'Antoine Dupont avait également préféré attendre après sa blessure au genou pour être à son meilleur niveau. Mais il lui a fallu plusieurs semaines pour retrouver ses sensations et le rythme.
Dréan, lui, a connu le corset, les nuits douloureuses et le vélo « comme un papi ». À présent, il retrouve l’entraînement collectif et regarde de nouveau vers Mayol. À un peu plus d’un an du Mondial, sa course contre le temps a changé de nature : elle ressemble enfin à une course de rugbyman.
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