1 000 matchs perturbés chaque saison
Le rugby anglais découvre un drôle de problème de calendrier. Après un été 2026 suffisamment sec pour repousser de deux semaines le début des compétitions communautaires et de la Coupe nationale scolaire, la RFU réfléchit à une réorganisation de sa saison amateur. Selon The Times, environ 1 000 rencontres de clubs sont perturbées chaque année par la météo ou des terrains impraticables, soit 5 % du programme, sans compter les matchs scolaires et universitaires. Trop secs en septembre, saturés d’eau quelques mois plus tard : les terrains anglais compliquent désormais les deux extrémités de la saison.
La Fédération étudie plusieurs réponses. Une pause en janvier figure parmi les pistes, comme des calendriers différents selon les régions, davantage de surfaces hybrides ou artificielles et de meilleurs systèmes d’irrigation. La RFU ne souhaite pas transformer le rugby en sport estival. Son projet sur l’adaptation climatique doit être mené au cours des douze prochains mois et doit aussi tenir compte des nouvelles habitudes de pratique.
Un terrain sec peut aussi devenir dangereux
Le sujet dépasse largement le confort des jardiniers. La RFU rappelle elle-même qu’un terrain très sec doit faire l’objet d’une évaluation de sécurité au même titre qu’une pelouse gelée ou gorgée d’eau. Ses recommandations demandent notamment de limiter les exercices provoquant des chutes répétées ou de nombreux contacts avec le sol lorsque la surface devient trop dure. Et cet été, le problème était suffisamment sérieux pour avoir repoussé la reprise de deux semaines.
L’hiver pose le problème inverse. Une étude publiée par le gouvernement britannique indique que 11 % d’environ 1 000 clubs communautaires anglais se trouvent dans des zones classées inondables. Depuis le début de l’année 2020, 43 clubs ont subi au moins une inondation. La traditionnelle image du rugby anglais joué dans la boue devient beaucoup moins romantique lorsque le terrain ne permet plus de jouer du tout.
50 millions de livres et 100 terrains artificiels
La RFU avait déjà utilisé environ 50 millions de livres issus de la Coupe du monde 2015 pour construire 100 terrains artificiels. Une solution séduisante sur le papier, mais difficile à généraliser : leur entretien peut atteindre 30 000 livres par an et refaire une surface coûte désormais plusieurs centaines de milliers de livres. Pour un club amateur, la météo finit donc par toucher le calendrier, les recettes du clubhouse et la disponibilité des bénévoles.
Janvier sans rugby ?
Une pause hivernale protégerait certaines pelouses, mais elle ne réglerait pas les terrains durcis par les sécheresses de fin d’été. D’où l’idée de calendriers régionaux : la RFU reconnaît que les contraintes diffèrent entre le nord de l’Angleterre, souvent exposé aux terrains inondés en janvier, et d’autres territoires confrontés à des difficultés différentes en septembre.
Le rugby anglais ne s’apprête donc pas à troquer novembre contre juillet. Mais voir sa Fédération envisager ouvertement un mois de janvier sans championnat montre à quel point le climat commence à peser sur la construction d’une saison. Le rugby amateur anglais connaissait déjà les matchs reportés à cause de la boue. Il doit désormais aussi apprendre à craindre septembre.
Construire 100 terrains artificiels c'est bien.
Se rendre compte que l'entretien de chaque terrain à un coût de 30 000€, c'est moins bien...
Aucune études n'a été faîte avant ?
C'est bien gentil de créer des terrains, mais si leurs coûts de fonctionnement dépassent les moyens alloués, c'est vouer à l'échec.
C'est ce que j'appelle, jeter de l'argent par la fenêtre.