1997, le dernier soir du Parc
Le 31 mai 1997, le Stade Toulousain ne joue pas seulement une finale contre Bourgoin-Jallieu. Il joue un morceau d’histoire. Au Parc des Princes, les Rouge et Noir visent un quatrième Bouclier de Brennus consécutif, après 1994, 1995 et 1996. En face, le CSBJ arrive sans le poids des habitudes, mais avec un pack dense, une vraie confiance et l’envie de faire tomber le patron.
Bourgoin ne vient pas faire tapisserie
Cette finale, Toulouse la gagne 12-6. Dit comme ça, le score paraît pauvre. En réalité, il raconte un match rugueux, longtemps fermé, où Bourgoin a regardé le champion droit dans les yeux. Les Berjalliens s’accrochent, grattent, avancent devant et répondent au pied par l'arrière Nigel Geany. À la pause, rien n’est fait alors que ce dernier a raté le coche à plusieurs reprises. Le tableau affiche 3-3. Le Parc sent le piège.
Une finale verrouillée
Aucun essai à se mettre sous la dent pour les 43 841 fans d'ovalie. Pour une finale censée couronner les deux meilleures équipes du pays, le spectacle se joue ailleurs. Dans les mêlées. Dans les regroupements. Dans ces petits mètres gagnés à l’épaule, puis reperdus sur une faute au sol. Bourgoin pousse fort sur les ballons portés. Toulouse, lui, absorbe, se réorganise et attend le bon moment.
La clé : ne pas paniquer
C’est là que cette génération toulousaine dit quelque chose d’important. Elle n’a pas besoin de briller pour gagner. Ougier, Castaignède, Cazalbou, Sonnes, Lacroix, Califano ou Soula savent exactement ce que demande une finale. Parfois, il faut jouer dans le désordre. Parfois, il faut surtout ne pas se faire aspirer par lui.
Deylaud, monsieur sang-froid
À 6-6 dans le dernier quart d’heure, Christophe Deylaud prend le match sous le bras. Le capitaine toulousain inscrit les douze points de son équipe : trois pénalités et un drop. Ce drop-là pèse lourd. Il casse l’équilibre, remet Toulouse devant et rappelle une évidence de l’époque : avant les grandes envolées, il fallait souvent un ouvreur capable d'éteindre la lumière au bon moment.
Ce que ça change dans l’histoire toulousaine
Ce quatrième titre de suite installe Toulouse dans une autre catégorie. Le club ne gagne plus seulement des finales. Il impose une dynastie. Le XV de départ ressemble aujourd’hui à une photo de famille du rugby français des années 90, avec des joueurs devenus dirigeants comme un certain Lacroix, entraîneurs ou références de transmission. Même le banc avait du poids, avec notamment Olivier Carbonneau, Xavier Garbajosa et David Couzinet.
Fin d’ère, début d’un autre rugby
Cette finale marque aussi la sortie du Parc des Princes. L’année suivante, le championnat bascule au Stade de France. Plus grand, plus moderne, plus spectaculaire. Mais ce 31 mai 1997 garde un parfum à part. Celui d’un rugby de combat, de métier et de nerfs. Toulouse quitte le Parc avec le Brennus. Et avec une trace que personne n’a encore effacée.
Ce samedi, les hommes de Mola pourrait bien ajouter une nouvelle ligne historique dans le grand livre d'histoire du Stade Toulousain et du rugby français avec un nouveau quadruplé.
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