''Une équipe ordinaire'', après Willis, Jelonch met des mots forts et lucides sur le mal rouge et noir
Encore un trou noir fatal à l’extérieur. Après les Saracens, Anthony Jelonch alerte sur ces passages où Toulouse perd tout contrôle. Crédit image : Screenshot
Trop irrégulier, trop friable à l’extérieur : le constat d’Anthony Jelonch après les Saracens fait écho aux alertes de Jack Willis.

Stade Toulousain a encore pris un coup derrière la tête en Champions Cup. Battus sur la pelouse des Saracens, les Rouge et Noir ont une nouvelle fois payé cash un passage à vide impossible à masquer à ce niveau.Champions Cup. Le Stade Toulousain en alerte : Sale débarque avec ses trois chiens de chasseChampions Cup. Le Stade Toulousain en alerte : Sale débarque avec ses trois chiens de chasse

Comme Jack Willis avant lui suite au revers à Glasgow, Anthony Jelonch n’a pas fui ses responsabilités. Lucide, franc, le troisième-ligne a mis le doigt exactement là où ça fait mal depuis le début de la saison : ces trous noirs récurrents, surtout à l’extérieur, durant lesquels Toulouse encaisse… sans jamais vraiment répondre.

Une défaite marquée par 10 minutes fatales

Le contexte était annoncé hostile, les conditions compliquées, mais le Stade Toulousain avait pourtant bien lancé sa partie à Londres. Une entame solide, un essai bien construit, de la présence chez l’adversaire, même contre le vent. Puis tout a basculé sur le dernier quart d’heure de la première période. Trois essais encaissés en dix minutes, dont un après un contre sur Antoine Dupont, et une rencontre qui échappe progressivement aux champions de France.

En seconde période, malgré un essai rapide, Toulouse n’a jamais réussi à combler son retard, plombé par trop d’erreurs techniques et un manque de précision dans les moments clés. C’est ce scénario que Jelonch a résumé sans détour via le Midi Olympique, dans des propos forts, presque crus, où revient sans cesse la même idée : « On ne peut pas se permettre de prendre dix-sept points en dix minutes ».

Jelonch, dans la lignée de Willis

Il y a près d'un mois, Jack Willis avait déjà tiré la sonnette d’alarme après Glasgow. Cette fois, c’est Jelonch qui enfonce le clou, avec un discours encore plus détaillé. Le Toulousain parle de « trou noir », de passages où l’équipe semble perdre ses repères, sa lucidité, sa capacité à s’adapter.Jack Willis alerte sur le ''gros problème'' du Stade Toulousain après la défaite amère à GlasgowJack Willis alerte sur le ''gros problème'' du Stade Toulousain après la défaite amère à Glasgow

Le plus inquiétant ? Ce n’est pas un accident isolé. « Depuis le début de saison, à l’extérieur, on a connu trop de périodes de quinze ou vingt minutes sur lesquelles on a pris beaucoup de points », insiste-t-il.

Ce qui frappe dans ses mots, c’est la sensation d’impuissance momentanée. Toulouse domine globalement, joue chez l’adversaire, mais quand le momentum bascule, il ne parvient ni à casser la dynamique adverse, ni à ralentir le jeu, ni à remettre la main sur le ballon. À ce niveau, ça ne pardonne jamais.

Un problème de maîtrise plus que de talent

Ce que décrit Jelonch n’est pas un manque de talent ou d’envie. C’est un problème de gestion des temps faibles. Le Stade Toulousain joue beaucoup, parfois beaucoup trop, même quand le contexte ne s’y prête plus. Vent contraire, pression adverse, séquence défensive intense : continuer à relancer depuis ses 22 peut vite devenir suicidaire.

Dans ces moments-là, il faut savoir simplifier. Jeu au pied long, occupation, ballons portés, ralentissement du rythme. Or, Toulouse semble parfois rester prisonnier de son ADN offensif. Jelonch le dit très bien : « Peut-être qu’on a besoin de se regrouper, de se calmer et surtout de faire des choses simples ». Ce n’est pas renier son jeu, c’est l’adapter.''Trop jouer, c’est une connerie'' : Ugo Mola assume les risques de sa méthode, même si ça divise''Trop jouer, c’est une connerie'' : Ugo Mola assume les risques de sa méthode, même si ça diviseAutre point clé : le leadership sur le terrain. Quand Dupont se fait contrer, ce n’est pas l’erreur qui tue le match, c’est ce qui suit. L’incapacité à stopper l’hémorragie, à remettre de l’ordre collectivement. Ces phases demandent des voix fortes, des choix assumés, parfois même de jouer moche pour survivre.

Pourquoi Toulouse prend cher à l’extérieur ?

Jelonch met aussi en lumière une constante : ces trous d’air apparaissent surtout hors d’Ernest-Wallon. À domicile, le Stade Toulousain impose son tempo, pousse l’adversaire à la faute, étouffe. Sachant d'avance qu'ils vont prendre une pillule, ses adversaires ne mettent pas la même envie sur le pré. À l’extérieur, le bras de fer est différent. Les duels sont plus rugueux, l’arbitrage parfois plus strict, la pression du public adverse bien réelle.Vos matchs de rugby Toulouse/Sale et Bristol/Bordeaux à quelle heure et sur quelle chaîne ?Vos matchs de rugby Toulouse/Sale et Bristol/Bordeaux à quelle heure et sur quelle chaîne ?En Champions Cup, l’erreur se paye immédiatement. Une faute de main, une pénalité concédée, un ballon mal négocié, et la dynamique s’inverse. Toulouse a parfois l’impression d’être « une équipe ordinaire », selon les mots très forts de Jelonch. Un constat dur, mais révélateur du niveau d’exigence du club.

Ce que ça change pour la suite de la Champions Cup

La bonne nouvelle, c’est que rien n’est encore perdu. Toulouse a toujours son destin en main avant ce qui s'apparente à un seizième de finale à domicile. Mais le message est clair : sans correction rapide de ces passages à vide, la marche sera trop haute. Pour la qualification, pour l’image du club, mais aussi pour la confiance du groupe.

Individuellement, Jelonch assume aussi un rôle central. Leader de combat, il se positionne comme un relais essentiel pour rappeler les bases quand le jeu s’emballe. Collectivement, le staff va devoir trouver les bons leviers tactiques pour sécuriser ces moments-clés, quitte à mettre un peu d’eau dans le vin offensif. Et ce, même si Mola hésite que trop jouer est une connerie, pour reprendre ses mots.Une pièce indispensable enfin apte : pourquoi le Stade Toulousain peut (vraiment) s'en réjouir ?Une pièce indispensable enfin apte : pourquoi le Stade Toulousain peut (vraiment) s'en réjouir ?

Un problème sérieux… mais loin d’être insoluble

« On a identifié ce problème », répète Jelonch. Et c’est sans doute là l’essentiel. Le Stade Toulousain sait ce qui ne va pas. Il sait aussi qu’il a les joueurs, l’expérience et la culture pour corriger ça rapidement. À condition d’accepter, parfois, de gagner autrement. Samedi, devant son public, ce sera déjà un premier test. Pour convaincre, mais surtout pour se rassurer.

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  • Yonolan
    223732 points
  • il y a 16 secondes

Je suis un gars ben ordinaire
Des fois j'ai pu l'goût de rien faire

Mais faut que j'pense à ma carrière


Vous voulez que je sois un Dieu
Si vous saviez comme j'me sens vieux
J'peux pu dormir, j'suis trop nerveux

Mais ce métier-là, c'est dangereux
Plus on en donne plus l'monde en veut


Le jour où moi, j'en pourrai pu
Y en aura d'autres, plus jeunes, plus fous


J'aime mon prochain, j'aime mon public
Tout ce que je veux c'est que ça clique
J'me fous pas mal des critiques
Ce sont des ratés sympathiques

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