''Trop jouer, c’est une connerie'' : Ugo Mola assume les risques de sa méthode, même si ça divise
Des jeunes, des erreurs, mais surtout de l’état d’esprit. À Perpignan, Toulouse a préparé bien plus qu’un simple match de championnat. Crédit image : Screenshot CANAL+ Sport
Avant un match sans droit à l’erreur chez les Saracens, Toulouse a testé sa relève à Perpignan en TOP 14. Et Ugo Mola y voit déjà du positif.

Une rotation assumée avant un déplacement capital

Ce dimanche, le Stade Toulousain se déplace sur la pelouse des Saracens pour la 3e journée de Champions Cup. Battus à Glasgow lors de la précédente journée, les hommes d’Ugo Mola n’ont pas vraiment le droit à l’erreur dans une poule déjà très dense. Avant ce rendez-vous majeur, le manager toulousain avait fait le choix fort de repos une très grande partie de ses cadres. Et d’aligner une équipe très rajeunie samedi dernier à Perpignan, en Top 14. Malgré l’inexpérience, ces jeunes Rouge et Noir sont passés tout près de l’exploit, s’inclinant de justesse 30-27. Un revers frustrant sur le papier, mais loin d’être inutile dans la tête du staff.

Une défaite à Perpignan… mais une opération loin d’être négative

Sur le moment, beaucoup ont tiqué. Faire tourner avant un déplacement européen crucial, casser la dynamique après le très large succès contre le Stade Rochelais, et risquer de lâcher des points en championnat : le choix pouvait interroger. Mais dans la logique toulousaine, cette gestion s’inscrit dans un temps long. À Aimé-Giral, le Stade a vu des gamins de 19 et 20 ans tenir la dragée haute à une équipe catalane sous pression maximale.VIDEO. À près de 37km/h, la cuillère venue d’ailleurs de Teddy Thomas pour sauver le Stade ToulousainVIDEO. À près de 37km/h, la cuillère venue d’ailleurs de Teddy Thomas pour sauver le Stade Toulousain

De l’engagement, de l’envie, des erreurs aussi, forcément, mais surtout une vraie réponse mentale. Toulouse n’a pas explosé, n’a pas triché, et a joué jusqu’au bout. Dans un club obsédé par la continuité du jeu et la transmission, ce genre de match compte presque autant qu’une victoire.

La gestion des doublons, vraie bataille de la saison

C’est là que le discours de Mola prend tout son sens. Et il mérite d’être repris mot pour mot, tant il éclaire la stratégie toulousaine :

J’ai un peu suivi, regardé : ‘‘Le Stade Toulousain fait tourner, fait ci, c’est une équipe remaniée…’’. C’est avec ceux-là que je jouerai les matchs de doublon dans quelques semaines. C’est avec ceux-là qu’on devra recevoir Bayonne, aller au Stade Français et recevoir Montauban. Donc, ces gamins-là, ils me donnent beaucoup d’espoir sur la suite parce que j’ai vu des gamins de 2006, 2005, donc 20 ans, 19 ans, qui, face à des bons joueurs qui jouaient peut-être un peu plus qu’un match de rugby, ne se sont pas sortis et ont fait des choses plutôt intéressantes. (La Dépêche)

Ce passage est clé. Toulouse ne prépare pas seulement Londres. Il prépare février, mars, les doublons, les semaines sans internationaux, les éventuelles blessures et méformes. Là où beaucoup de clubs subissent, le Stade anticipe.

Le “trop jouer”, faux débat et vraie identité

Face aux Saracens, on saura si Toulouse est vraiment prêt : Londres, terrain miné pour un Stade sous tensionFace aux Saracens, on saura si Toulouse est vraiment prêt : Londres, terrain miné pour un Stade sous tensionMola poursuit, et c’est presque un manifeste :

Trop jouer, c’est une connerie. Il faut continuer à jouer. Encore plus, et je trouve même qu’ils n’ont pas encore assez joué.

Dans un rugby de plus en plus verrouillé, Toulouse refuse de renier son ADN. Oui, il y a des “conneries”. Oui, parfois un manque de justesse technique ou tactique. Mais le staff regarde ailleurs : l’énergie, l’état d’esprit, les tâches obscures. Et surtout, cette capacité à apprendre vite. Pour Mola, le vrai chantier n’est pas de jouer moins, mais de jouer mieux. Développer le “QI rugby”, trier les situations, comprendre quand accélérer et quand temporiser. Un discours exigeant, mais cohérent avec l’histoire du club.

La fin de saison se prépare déjà maintenant

À court terme, cette rotation permet à Toulouse d’arriver à Londres avec ses cadres frais, concernés et affamés. À moyen terme, elle construit un socle. Ces jeunes-là, Mola le sait, seront titulaires en période de doublons. Les exposer maintenant, dans un contexte hostile comme Perpignan, c’est les préparer à des matchs autrement plus brûlants. Et c’est aussi envoyer un message clair au vestiaire : le maillot ne se porte pas par statut, mais par engagement.CHAMPIONS CUP. Ntamack forfait ? La compo probable du Stade Toulousain pour le choc face aux SaracensCHAMPIONS CUP. Ntamack forfait ? La compo probable du Stade Toulousain pour le choc face aux SaracensAvant d’aller défier les Saracens, Toulouse est face à ses choix. Et Mola les assume pleinement. Pas de reniement, pas de discours frileux. Le Stade continuera à jouer, à former, à exposer ses jeunes, même quand ça coûte cher à court terme. Parce que c’est ainsi qu’il pense rester compétitif partout, tout le temps. À Londres, Toulouse jouera gros en Champions Cup. Mais en coulisses, le Stade semble déjà avoir gagné autre chose : la conviction que sa relève est prête à prendre le relais, sans trahir l’âme du club.

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"malgré l' inexpérience, ces jeunes Rouge et Noir sont passés tout près de l'exploit". Quel exploit? D'aller gagner à Perpignan? Et quels "jeunes"? Ils sont jeunes par l'âge, c'est vrai, mais pas du tout inexpérimenté et il n'y avait pas de vrais bleus-bites dans cette équipe. Faut arrêter de jouer les groupies en pâmoison au Rugbynistère! Gourgues n'a pas 20 ans mais il est déjà capé. Castro Ferreira et Paul Costes internationaux U20 et je devrai y ajouter Bertrand(?) De toute manière quand tu joue pour Toulouse, t'es pas un branquignol, sinon tu serais pas là. Vous croyez que Lacombre a quelque chose à envier à qui que ce soit? Les plus nouveaux étaient Pouzelgues , qui a déjà joué en TOP14 et un autre minot dont je me rappelle plus le nom (excusez moi). Ces jeunes sont intégrés depuis un moment parmi les pro, ils sont pas en territoire inconnu et le pourcentage de "cadres" qui les entouraient était supérieur de beaucoup à leur nombre. Je veux surtout pas dévaloriser Toulouse, ce n'est pas ces jeunes joueurs qui ont perdu le match, c'est simplement que l'USAP a retrouvé quelques couleurs depuis peu, et surtout que les Catalans avaient besoin du match à tout prix et qu'ils se sont jetés dans la bataille comme si leur vie en dépendait!

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