Toulouse dos au mur à Londres
Ce dimanche, le Stade Toulousain se déplace sur la pelouse des Saracens pour la 3e journée de la Champions Cup. Battus à Glasgow lors de la précédente journée, les hommes d’Ugo Mola n’ont plus vraiment de joker en poche. Une nouvelle défaite compliquerait sérieusement la course à la qualification directe. Pour rappel, les Rouge et Noir visaient le 20/20 lors de cette phase de poules pour s'assurer de jouer à domicile lors de matchs couperets.
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Désormais, ils se doivent de l'emporter pour éviter une potentielle énorme désillusion. A l'orée de cette journée, ils ne sont que troisième de leur groupe, à égalité de points avec leur adversaire du week-end et Sale, leur prochaine oposition dans cette compétition. Les points comptent presque double. Et il serait de bon ton d'aller chercher un bonus offensif en plus de la victoire.
Toulouse va donc envoyer du lourd, très lourd même, avec sa meilleure équipe possible. Mis au repos la semaine dernière à Perpignan, Antoine Dupont sera titulaire à l'instar de Thomas Ramos et des autres Tricolores du groupe. Mais l’obstacle est immense : le Stade n’a plus gagné chez les Saracens depuis 2013, lors d’un court succès 16-17. Depuis, les dynamiques ont changé, les effectifs aussi. Et pourtant, à la lumière des statistiques des deux premières journées, ce duel s’annonce bien plus équilibré qu’il n’y paraît.
Toulouse frappe plus fort… et plus propre
Sur le papier, Toulouse a de quoi arriver avec un peu de confiance. 77 points marqués contre 70 pour Saracens, 11 essais contre 10, et surtout un détail qui compte énormément à l’extérieur : 100% de réussite au pied (11 transformations sur 11) quand les Saracens sont à 75%. Et ce n’est pas anecdotique : dans un match sous tension, où tu peux passer 15 minutes à défendre dans tes 22, ce sont précisément ces points “faciles” qui te gardent vivant. Toulouse, pour l’instant, transforme tout ce qu’il doit transformer. Mieux : les Rouge et Noir n’ont pas eu besoin de compenser au pied puisque, sur ces deux premières journées, ils n’ont marqué aucune penalté, contrairement aux Saracens (2). Ça raconte un truc simple : Toulouse marque surtout en franchissant la ligne, pas en grattant des points au forceps.
Le match se jouera sur une bataille “volume vs pression”
Les stats d’attaque sont un petit bonbon pour comprendre le duel. Toulouse est au-dessus sur quasiment tous les indicateurs de production : 891 mètres parcourus (contre 693), 274 passes (contre 223), 21 franchissements (contre 17) et 45 défenseurs battus (contre 43). Ça dit quoi ? Que le Stade génère plus de déséquilibres, plus souvent, et qu’il joue vite, très vite. Mais attention à ne pas jouer à la baballe comme on a pu le voir contre l'USAP avec des passes approximatives qui ont fait le bonheur des Catalans. Comme sur l'action qui a mené à l'essai de la victoire. Nul doute que Mola aura insisté sur ce point avant de défier les Sarries.
VIDEO. À près de 37km/h, la cuillère venue d’ailleurs de Teddy Thomas pour sauver le Stade ToulousainEt c’est là que les chiffres “cachés” prennent de la valeur pour mieux analyser ce choc. Les Saracens affichent 1472 mètres après coups de pied, contre 1259 pour Toulouse, avec 19 coups de pied conservés contre 7 côté toulousain. Traduction maison : les Anglais jouent énormément le territoire, contestent les ballons aériens, et récupèrent plus souvent la gonfle sur leurs séquences au pied. Dans un match qui pourrait à nouveau se jouer dans des conditions défavorables comme en Ecosse, ça peut vite devenir l’arme numéro 1.
Toulouse, de son côté, relance davantage à la main (48 relances contre 60 pour Saracens, donc moins), et surtout, devra choisir ses moments : relancer quand c’est propre, mais accepter parfois de jouer long et de remettre Saracens chez eux. Sinon, tu t’exposes à la machine à pression des Sarries.
Les zones de combat : Toulouse très solide… mais Saracens impose des séquences longues
En défense, Toulouse présente aussi un visage très sérieux : 332 plaquages réalisés (contre 227) et 82% de réussite (contre 79). Ce volume, c’est souvent le signe d’un match où tu défends longtemps. C'est bien si tu as capable de tenir la ligne sans exploser. Mais ça peut aussi être le signe que tu ne parviens pas inverser la pression, comme ce fut le cas à Glasgow. Pourtant Toulouse affiche 11 turnovers gagnés contre 12 pour Saracens. Là encore, c’est serré.
Mais il y a un point d’alerte : la zone de contact. Sur les rucks, Toulouse en gagne moins (146 contre 159) et en perd plus (9 contre 2). Ça peut vouloir dire plusieurs choses : une volonté de jouer vite, au risque de se faire contrer ; ou une pression adverse qui t’oblige à sécuriser plus fort, donc à ralentir ta sortie. Et face aux Saracens, si tu t’installes dans un tempo moyen, tu joues leur rugby. Ils sont très forts pour faire durer les séquences, te fatiguer, te pousser à la faute.
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D’ailleurs, sur les mauls, Toulouse a plus de volume (15 contre 8), une meilleure réussite (93% contre 88) et plus de mètres gagnés (14 contre 7). Si le Stade arrive à transformer ces mauls en plateformes propres (sans s’enfermer), il peut reprendre la main dans le match.
Phase statique et discipline : le détail qui peut faire basculer la soirée
Sur les fondamentaux, Toulouse a une vraie carte à jouer en touche : 31 touches gagnées, 94% de réussite et 3 touches volées, là où les Anglais sont à 27, 87% et 1 touche grattée. Dans un stade comme le StoneX, où le jeu se verrouille vite, voler 1 ou 2 ballons en touche, c’est parfois l’équivalent d’un essai en termes d’ascendant psychologique.
En mêlée, par contre, prudence : les Sarries ont joué bien plus de mêlées (20 contre 7 pour Toulouse). Ça sent l’équipe qui met la pression, qui provoque des fautes, et qui cherche à installer un rapport de force frontal. Toulouse affiche 100% de réussite en mêlée sur ce début de compétition, c’est très propre… mais sur un volume faible.
Le test, il est là. Et surtout, la discipline : Toulouse concède moins de pénalités (12 contre 18) et n’a pris aucun jaune (Saracens en ont un). Dans un match à l’extérieur, cette donnée est capitale : si tu offres des pénaltouches et des sorties de camp gratuites aux Saracens, tu te fabriques tout seul un match d’usure.
Toulouse a les stats… mais les Saracens ont le piège
Pourquoi ça compte ? Parce que Toulouse joue déjà gros. Une victoire à Londres, c’est un boost énorme : tu relances ta campagne européenne, tu reprends de l’air au classement, et tu envoies un signal à tous les prétendants. À l’inverse, une nouvelle défaite te mettrait dans une situation où tu n’as plus le droit au moindre faux pas, avec la pression qui monte et les débats qui reviennent (maîtrise, gestion, réalisme à l’extérieur). Pour les Saracens, c’est pareil : battre Toulouse, c’est rappeler qu'ils peuvent encore exister sur la scène continentale. Et que leur passé glorieux n'est pas oublié.
Les chiffres disent que Toulouse produit plus, marque plus, et punit mieux au pied. Mais ils disent aussi que les Saracens savent installer un match au couteau : territoire, ballons récupérés sur jeu au pied, mêlées provoquées, pression continue. Si le Stade veut gagner chez les Sarries pour la première fois depuis 2013, il faudra garder ce qui fait sa force… sans tomber dans le match que Londres veut lui faire jouer.

Manu
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25423 pointsJe ne comprends pas ces passages de l'article :
"Toulouse, de son côté, relance davantage à la main (48 relances contre 60 pour Saracens, donc moins)"
"les Anglais sont à 27, 87% [de touches réussies] et 1 touche grattée"... Ils sont aussi mauvais que cela en touche
Je pense que le rédacteur de l'article s'est mélangé les pinceaux dans ses manipulations de statistiques
Chandelle 72
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38920 pointsAprès 2-3 lectures :
je tenterai : 48 relances ( contre 60 ss entendu pour Toulouse ) pour les Saracens
et 27 touches avec 87% de réussite
noComment
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153710 pointsune donnée importante et manquante: de quand date le dernier matche entre le ST et les Saracens?
J'ai mémoire de matchs contre Bath, les Harlequins, Bath ...
J'ai bien peur que ce ne soit le match évoqué de 2013!
Difficile de battre une équipe sans la jouer!
Uther
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5774 pointsMoui...
Au delà de toutes ces statistiques qui ne signifient pas grand chose, lorsque l'on compare les deux effectifs, il y a quand même une différence.
Les Saracens sont certes une bonne équipe avec des internationaux expérimentés mais d'une part, il n'est pas certain qu'ils soient tous alignés et d'autre part, on est loin du ST qui a des internationaux à tous les postes et même parfois 2 par poste.
Enfin, si le ST joue systématiquement la Champions Cup, les Saracens ont tendance quand même à faire tourner dans cette compétition. On l'a vu lors de leur déplacement en Afrique du Sud.
Je ne serais pas surpris qu'ils incorporent quelques jeunes dans leur XV de départ et notamment Charlie Bracken qui est vraiment très impressionnant. De très loin, la meilleure passe pour un 9 que j'ai vu depuis fort longtemps.
Hartley aussi est très bon et bien meilleur qu'un Nick Tompkins qui a vraiment régressé ces dernières années.