À force de gagner, les Springboks ont fini par trouver un adversaire assez inattendu : leur propre carte d'identité. À moins d'un an de la Coupe du monde 2027, l'âge des doubles champions du monde fait débat en Afrique du Sud. Et Rassie Erasmus commence visiblement à en avoir ras la casquette. Interrogé cette semaine sur le vieillissement de son groupe, le sélectionneur a défendu ses cadres, estimant que leurs performances justifiaient toujours leur présence.
Douze trentenaires, mais une moyenne d'âge en baisse
Le chiffre évoqué par RugbyPass a de quoi interpeller : 12 joueurs âgés d'au moins 30 ans figurent parmi les 23 retenus pour affronter l'Italie samedi, soit 52,2 % de la feuille de match. Attention à ne pas confondre cette sélection avec le groupe élargi de 37 joueurs convoqués pour la tournée. Deux indicateurs différents, qui ne permettent pas de tirer les mêmes conclusions.
Erasmus a d'ailleurs sorti un autre chiffre pour répondre à ses détracteurs. Selon lui, le XV aligné face aux All Blacks cinq semaines auparavant affichait une moyenne d'âge de 32 ans, contre 29 pour celui appelé à défier les Italiens. Quelques changements suffisent donc à modifier sensiblement le profil de son équipe. Et le technicien sud-africain rappelle surtout qu'il serait difficile d'écarter des joueurs comme Jesse Kriel ou Damian de Allende tant qu'ils continuent de performer.
Six nouveaux appelés, mais pas de révolution
Car derrière les cadres qui ont remporté les Coupes du monde 2019 et 2023, la relève commence à pousser. Dans sa liste de 37 joueurs dévoilée le 28 octobre, Erasmus a notamment convoqué six éléments sans sélection officielle, dont le troisième ligne Emmanuel Tshituka, l'ailier Sebastian de Klerk et le deuxième ligne Riley Norton, ancien capitaine des Baby Boks. De quoi élargir les possibilités à plusieurs postes.
Mais le sélectionneur ne distribue pas non plus les capes comme des bonbons. Face à l'Italie, aucun de ces nouveaux venus ne figure sur la feuille de match. Les expérimentés Siya Kolisi, Malcolm Marx ou Pieter-Steph du Toit sont toujours là pour aller au charbon. À l'inverse, la charnière Morné van den Berg - Sacha Feinberg-Mngomezulu illustre cette volonté d'intégrer progressivement d'autres profils, sans bouleverser toute l'ossature.
2027 approche, les Bleus vont bientôt les retrouver
C'est bien là tout le défi d'Erasmus. Conserver l'expérience des joueurs capables de répondre présent dans les grands rendez-vous, tout en donnant suffisamment de temps de jeu à leurs successeurs. L'âge moyen d'une équipe ne dit pas grand-chose de sa fraîcheur physique, encore moins de sa capacité à répéter les efforts. La gestion des rotations et la montée en puissance des nouveaux seront autrement plus révélatrices.
Pour le XV de France, qui retrouvera les Springboks le 13 novembre au Stade de France, cette transition n'a rien d'anecdotique. Les hommes de Fabien Galthié pourraient bien affronter une équipe qui conserve ses vieux grognards tout en préparant déjà la suite. Après deux titres mondiaux consécutifs, Erasmus semble décidé à prolonger l'aventure avec ceux qui le méritent, quel que soit leur âge.
Quand tes joueurs jouent peu de match dans une saison, tu peux avoir une moyenne d'age élevée dans ton équipe, la preuve...et ça gagne.
Age ou pas âge, ce sont les meilleurs.
rien de nouveau sous le soleil, il peut se permettre de mettre ses joueurs experimenté sur le banc pour cadenasser les matchs tout en laissant du temps de jeu au jeune. il peut sortir un ovni a tout moment...