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« Trop longues, trop ennuyeuses » : Brian Moore veut sauver la mêlée de ses propres travers

Ancien talonneur du XV de la Rose, Brian Moore s'inquiète de l'évolution des mêlées. Trop longues, trop sanctionnées, elles auraient perdu une partie de leur intérêt.

Thibault Perrin 04/11/2026 à 10h30
La mêlée est-elle devenue une chasse aux pénalités ? Brian Moore dénonce ses dérives actuelles, mais refuse de sacrifier ce qui fait la particularité du rugby. ©INPHO/Billy Stickland
La mêlée est-elle devenue une chasse aux pénalités ? Brian Moore dénonce ses dérives actuelles, mais refuse de sacrifier ce qui fait la particularité du rugby. ©INPHO/Billy Stickland

Brian Moore n'a jamais eu la langue dans sa poche. Et à 64 ans, l'ancien talonneur du XV de la Rose n'a rien perdu de son franc-parler. Réuni à Paris avec plusieurs légendes du poste à l'occasion des Oscars Midi Olympique, l'Anglais a livré un constat assez sévère sur les mêlées modernes. Dans les colonnes du Midi Olympique, il déplore leur lenteur, leur manque de spectacle et la place grandissante de l'interprétation arbitrale.

70 secondes pour une mêlée, le rugby face à ses contradictions

Et les chiffres lui donnent quelques arguments. Lors du Tournoi des 6 Nations 2023, World Rugby avait mesuré une durée moyenne d'environ 70 secondes pour mener une mêlée à son terme, contre 25 secondes à l'époque amateur. Près de la moitié se terminaient par une sanction. Une évolution qui illustre la place prise par la recherche de pénalités.

En Top 14, les statistiques officielles permettent également de mesurer les mêlées rejouées. Lors de Clermont-Racing (37-30), le 31 octobre dernier, la LNR recensait 12 mêlées obtenues et deux refaites. Le lendemain, Pau-Toulouse en comptait 13, dont une refaite. Des exemples concrets, même s'ils ne suffisent pas à établir une tendance générale.

Les données publiques de la Ligue ne détaillent toutefois pas systématiquement le temps consacré à chaque mêlée ni les pénalités qui en découlent. Difficile, donc, de transposer directement les proportions observées sur la scène internationale au championnat français.

La sécurité a profondément transformé l'exercice

Il faut aussi rappeler pourquoi les commandements ont évolué. Introduite en 2013, la séquence « flexion, liez, jeu » vise notamment à limiter la violence de l'engagement. Une étude biomécanique publiée dans le British Journal of Sports Medicine avait relevé une réduction d'environ 20 % de certaines contraintes lors de l'entrée en mêlée avec la liaison préalable des piliers.

Depuis, les règles ont encore évolué. World Rugby impose désormais aux équipes d'être prêtes à former la mêlée dans les 30 secondes. Attention, ce délai concerne la préparation, pas son déroulement complet. Le pied frein du talonneur participe également à la sécurisation de l'engagement.

Sauver les gros sans sacrifier le spectacle

Le débat tombe à point nommé alors que le Top 14 cherche lui aussi à accélérer son rythme. Mais pour Moore, supprimer la mêlée reviendrait à toucher à l'identité même du rugby : « Si vous enlevez la mêlée, vous finissez aussi par enlever du rugby les gros ou les petits comme moi. » Toute la difficulté est là : préserver cette confrontation de force et de technique, qui fait la richesse de l'Ovalie, tout en évitant qu'elle ne devienne une interminable chasse aux coups de sifflet.

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