Avec 76 points et 12 longueurs d'avance sur Pau après 21 journées, le Stade Toulousain est en position de régner sur ce TOP 14. Éliminé en quart de finale de la Champions Cup, il est pratiquement qualifié pour les demi-finales du championnat, fixées le week-end du 20 juin à Marseille. Au maximum, sept matchs séparent encore les Rouge et Noir d'un nouveau titre : cinq journées de saison régulière, une demi-finale, et une finale le 27 juin. C'est peu. C'est même très peu, comparé à ce qui attend les autres candidats au titre.
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Ce n'est pas un hasard. C'est le fruit d'une domination sans partage en phase régulière, amplifiée par une élimination européenne paradoxalement favorable sur le plan physique. Quand Bordeaux et Montpellier joueront leurs demi-finales européennes le week-end du 3 mai, les joueurs de Ugo Mola seront au repos. Quand les finales européennes se tiendront à Bilbao — Challenge Cup le vendredi 22 mai, Champions Cup le samedi 23 — Toulouse sera encore au repos. Alors que Bordelais et Héraultais pourraient encore être sur le pont. Deux précieuses semaines de récupération au moment où la saison bascule.
La différence se mesure en chiffres bruts. Entre la 19e journée disputée le 22 mars et la finale du 27 juin, l'UBB et le MHR pourraient enchaîner jusqu'à 15 matchs dans le scénario maximal. A condition de rallier à la fois la finale de leur compétition européenne respective et celle du TOP 14. Quinze rencontres en un peu plus de trois mois, dont plusieurs déplacements longs et des chocs à élimination directe. Pour Toulouse, le plafond est fixé à sept matchs maximum.
Entre fraicheur et dynamique
Il y a un troisième avantage, moins visible mais tout aussi déterminant. Si Bordeaux ou Montpellier doivent passer par les barrages — programmés le 13 juin —, ils entreront en jeu dès la fin de la saison régulière le 6 juin pour enchaîner une semaine plus tard. Toulouse, qui vise directement pour le dernier carré, profiterait de ce week-end pour récupérer et préparer la demi-finale dans la sérénité. Un avantage de fraîcheur au moment où les jambes pèsent le plus lourd.
On peut nuancer ce tableau : l'absence de compétition prolongée peut aussi casser le rythme d'une équipe rodée aux grands rendez-vous. Toulouse le sait mieux que quiconque. Mais dans un rugby moderne où la gestion des corps est devenue une science, avoir le choix de faire tourner son effectif — sur des journées de TOP 14 sans enjeu sportif immédiat — est un luxe que peu de clubs peuvent s'offrir.
Ce que ça change pour la course au titre
La hiérarchie du classement ne dit pas tout. Ce qui se dessine réellement dans cette fin de saison, c'est une course à obstacles dans laquelle Toulouse a déjà franchi les barrières les plus hautes. Certains de ses principaux rivaux sportifs — Bordeaux (5e, 59 pts), Montpellier (3e, 61 pts) — arrivent dans la dernière ligne droite avec un calendrier européen chargé, une pression des résultats en TOP 14, et un compteur kilométrique qui va grimper semaine après semaine.
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Pour Pau, deuxième et également épargné par l'agenda européen, la situation est comparable à celle de Toulouse, même si l'écart de 12 points reste un handicap sérieux dans la course à la première place. Il ne faut pas non plus écarter Paris qui vise également la qualification directe pour les demis. Et qui n'a rien à jouer sur le plan européen à l'instar de Clermont, encore en course.
En attendant, les Rouge et Noir peuvent (déjà) préparer leurs playoffs avec sang-froid. Ce n'est pas une chance. C'est le produit d'une saison régulière maîtrisée, une fois de plus, de bout en bout.
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