Un gaucher pour jouer à droite ?
Le XV de France cherche un pilier droit. Et ça a de quoi inquiéter à un peu plus d'un an du Mondial en Australie. Depuis la retraite forcée d’Uini Atonio, le poste ressemble à un chantier permanent. Selon L’Équipe, Fabien Galthié et son staff pensent à Moses Alo-Emile, pilier australien d'origine samoane du Stade Français. Une idée surprenante. Pas absurde. Mais franchement audacieuse.
La fin de carrière brutale d'Atonio va-t-elle relancer le débat autour de Posolo Tuilagi ?Le dossier intrigue surtout pour une raison simple. Alo-Emile évolue à gauche avec Paris. L’Équipe rappelle qu’il n’a connu que quatre titularisations d’affilée avec le numéro trois dans le dos à l’automne 2024, et aucune depuis. Sur le papier, ça pique un peu les yeux. Surtout pour défier les All Blacks, l'Australie voire les Boks en novembre.
Pourquoi ce changement n’a rien d’anodin
Passer de gauche à droite en première ligne, ce n’est pas changer de couloir sur une autoroute. À droite, le pilier a la tête coincée entre le talonneur et le gaucher adverse. Les pressions ne viennent pas pareil. Les appuis non plus. La liaison change. Le corps subit autrement. Bref, on ne devient pas droitier international sur un claquement de doigts.
Le lien Sempéré compte
Mais Alo-Emile a des arguments. Beaucoup de densité. Un gros coffre. Une vraie activité dans le jeu courant. À 1,87 m pour 125 kg, il offre ce que le rugby international demande d’abord à ce poste : de la tenue, de la puissance, et une capacité à encaisser les séquences longues. Ce n’est pas le profil le plus spectaculaire. C’est parfois le plus précieux.
Il y a aussi un détail qui n’en est pas un. Laurent Sempéré, aujourd’hui dans le staff des Bleus, connaît très bien le joueur pour l’avoir croisé au Stade Français. L'en entraîneur sait ce qu’il cherche. Il sait aussi ce qu’il risque. Mais c'est peut-être le moment. A l'instar du talonneur du MHR Christopher Tolofua qui a aussi enclenché une transition à droite.
Analyse. Premier test concluant à droite pour Christopher Tolofua, récemment prolongé jusqu’en 2029 par le MHRUn pari qui dit tout du problème
Pour 2027, la porte existe. Mais elle est encore loin. Alo-Emile doit d’abord prouver qu’il peut exister à droite face à des mêlées de très haut niveau. Pas seulement vingt minutes. Pas seulement en dépannage. S’il est appelé cet été, ce sera un test grandeur nature. Un entretien d’embauche en crampons avec les Blacks et les Wallabies au programme ainsi que le Japon.
Le simple fait que son nom circule raconte déjà quelque chose. La France manque de solutions évidentes à droite. Alors le staff cherche, teste, bricole peut-être. Alo-Emile n’est pas encore une réponse. Mais il pourrait devenir une piste sérieuse. Et en première ligne, une piste sérieuse, ça se regarde toujours de très près.
Ca ferait un peu tard pour la CDM 2027.
Ou à la limite en tant que pilier hybride en cas de blessure des titulaires lors de la compétition. Priso ne serait pas mal non plus dans le rôle, mais malheureusement blessé.