En Haute-Garonne, le Stade Toulousain et l’US Colomiers forment progressivement, depuis plusieurs années, un axe rugbystique pour aider à valoriser les talents locaux. L’une au sommet du Top 14 et l’autre dans le haut de panier de Pro D2, les deux communes les plus peuplées du département, qui s’étend des Pyrénées au Frontonnais, commencent à s’entraider. Avec un deal gagnant-gagnant, peuvent-ils réaliser leurs objectifs respectifs ?
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La renaissance de la colombe
Il y a plus de 20 ans, l’US Colomiers était l’une des toutes meilleures écuries de France et d’Europe. Avec la génération de Fabien Galthié et d’autres, la ville située à l’ouest de la Ville rose s’épanouissait dans l’élite. Toutefois, le professionnalisme a fait son effet et le club a dû faire le dos rond, face à la suprématie du Stade Toulousain. Toutefois, l’ordre des choses semble avoir changé depuis peu.
En effet, Colomiers Rugby était parmi les équipes les plus régulières de l’antichambre du Top 14. Cependant, ils n’ont jamais réussi à revenir dans l’élite, depuis qu’ils l’ont quittée en 2004, lors d’une descente aux enfers aussi douloureuse que brutale. Mais, sur les derniers exercices, le club à la Colombe s’affirme en Pro D2. Derrière l'indéboulonnable RC Vannes, ils sont actuellement deuxièmes de la division et ils espèrent bien jouer la course à la montée.
Si le club connaît des résultats pareils, c’est notamment parce qu’il a réalisé un recrutement intelligent. Depuis plusieurs années, Colomiers Rugby est devenu le club expert en bons coups. Avec un budget d’environ 8,7 millions d’euros, soit le sixième plus faible de Pro D2, il rivalise d’ingéniosité. Le club mise énormément sur les jeunes talents français, avec 70 % de JIFF dans son effectif selon World Rugby, et certains joueurs méconnus, mais redoutables.
La Haute-Garonne brille
Cependant, le club n’est jamais vraiment en mesure d’attirer les meilleures pépites des environs. Pour cause, l’ombre du Stade Toulousain est bien trop importante pour une écurie d’une ville frontalière au sextuple champion d’Europe. Pourtant, Colomiers ne s’est pas résigné. En effet, sur les 44 joueurs de l’effectif professionnel, 11 éléments ont été formés sur les terrains qui entourent le stade Michel-Bendichou.
De plus, quatre autres rugbymen proviennent directement de la formation haut-garonnaise, à Toulouse ou dans sa banlieue. Ainsi, Paolo Parpagiola vient de l'Avenir castanéen rugby et Rayan Houari est issu du Toulouse Lalande Aucamville XV. Enfin, Valentin Delpy et Max Auriac viennent du Stade Toulousain et le premier des deux devrait normalement y retourner pour la saison prochaine.
Par ailleurs, cet échange avec les Rouge et Noir pourrait devenir une habitude. La saison prochaine, le talentueux Lucas Vignères devrait y jouer, sans même avoir besoin de déménager. Selon des informations relayées par le Midi Olympique, le centre de 20 ans devrait être prêté à La Colombe pour l’exercice 2026/2027, au minimum. Ainsi, il pourrait reproduire le chemin réalisé par d’autres avant lui, comme Thomas Ramos. Depuis un an, d’autres noms de la formation toulousaine étaient évoqués dans des bruits de couloir, comme Raphaël Portat et Ian Boubila.
Toulouse forme, Colomiers transforme
Ainsi, une véritable entraide s’affirme entre Colomiers Rugby et le Stade Toulousain et cette dernière n’y est pas pour rien dans la réussite du premier. Dans cette équation, l’excellente entente entre les présidents Alain Carré et Didier Lacroix n’y est pas pour rien. En plus de se concentrer sur ses propres jeunes, le club de banlieue s’est aussi transformé en expert de la post-formation, avec l’appui de son prestigieux voisin.
Environ sept joueurs de l’effectif ont signé au club, depuis une équipe de Top 14, avant ou au moment de la fin de leur contrat espoir. Parmi eux, plusieurs font office de bonne pioche, comme Vincent Pinto ou Théo Giral. Par ailleurs, le Stade Toulousain n’est pas le seul à faire confiance à l’écurie de Pro D2 pour valoriser ses joueurs, puisque Alberto Carmona et Thomas Adélaïde sont arrivés cet été en provenance du RC Toulon.
Autre preuve de cet attrait à développer les jeunes joueurs, sur la saison 2024/2025, Colomiers possédait la deuxième moyenne d’âge la plus basse de son championnat, à environ 25 ans. Dans l’antichambre du Top 14, seul le Stade Aurillacois, porté par sa génération championne de France Espoir en 2022, comptait un groupe plus jeune, sur la saison passée. D’ici cet été, la jeunesse aura peut-être permis à La Colombe de s’envoler jusqu’au sommet du rugby français.



