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Jalibert découpé : Plaquage légal ou indulgence arbitrale ? La notion clé à comprendre

Beaucoup ont crié au scandale. Pourtant, pour les arbitres, le plaquage est « connecté ». Voici pourquoi ça change tout.

Thibault Perrin 07/02/2026 à 12h30
Vu au ralenti, le choc est violent. Pourtant, aucune sanction. L’analyse précise de Mathieu Raynal éclaire la décision arbitrale. Crédit image : Screenshot France 2
Vu au ralenti, le choc est violent. Pourtant, aucune sanction. L’analyse précise de Mathieu Raynal éclaire la décision arbitrale. Crédit image : Screenshot France 2

Une action qui a fait bondir les supporters

D'aucuns diront que c'est devenu une habitude. Une fois de plus, le match entre la France et l'Irlande n'a pas été épargné par les actions polémiques. Côté irlandais, on a pesté contre plusieurs supposés en-avants tricolores sur leurs essais. En France, le geste qui a cristallisé les critiques françaises concerne un plaquage.

En fin de partie, et alors que le score était acquis pour les locaux, l’ouvreur des Bleus Matthieu Jalibert a été violemment percuté juste après un jeu au pied par le deuxième ligne irlandais James Ryan. À vitesse réelle comme au ralenti, le choc paraît rude, très rude même. Pas autant que la cartouche de Courtney Lawes sur Jules Plisson, mais quand même solide.

Pas de pénalité, encore moins de carton. Sur les réseaux sociaux et devant les écrans, beaucoup ont crié à l’injustice. Interrogé par le Midi Olympique, le patron de l’arbitrage français Mathieu Raynal a livré une analyse précise et pédagogique de cette action polémique.

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Plaquage connecté : la notion clé à comprendre

Pour Mathieu Raynal, le point central est clair : « tous les arbitres considèrent le plaquage comme connecté ». Autrement dit, James Ryan est déjà engagé dans son geste au moment où Jalibert tape le ballon. « On considère donc que le plaquage est dans la continuité de l’action, du mouvement », explique-t-il. Dans le rugby moderne, cette notion de continuité est fondamentale. Si le défenseur n’a matériellement plus la possibilité de s’arrêter ou de modifier sa trajectoire, l’arbitre ne peut pas juger le geste comme en retard, même les flottantes du plaqué ont sifflé.

Crédit image : France 2
Crédit image : France 2

Vitesse, espace et timing : le rugby en fractions de seconde

Raynal va plus loin en rappelant des données dont le grand public n'a pas conscience au moment de hurler au complot arbitral. « Au niveau international, les joueurs parcourent en moyenne 8 mètres par seconde ». Dans ce contexte, lorsque Jalibert joue au pied, il ne reste qu’environ deux mètres à Ryan. « Tout se passe en une fraction de seconde ». Le rugby de haut niveau se joue sur des micro-intervalles de temps où la perception à vitesse réelle est souvent trompeuse. Ce que le ralenti accentue visuellement n’est pas toujours juridiquement sanctionnable.

Crédit image : France 2
Crédit image : France 2

Intensité ne veut pas dire illégalité

Oui, le choc est violent. La tête du Bordelais voyageant à l'opposée de son corps. Raynal ne le nie pas : « C’est un plaquage avec beaucoup d’intensité, certes ». Mais l’intensité seule ne suffit pas à caractériser une faute. L’arbitrage international se base sur un triptyque essentiel : vitesse, espace et temps. « C’est à la fois une question de timing et de ressenti de l’arbitre », rappelle Raynal, soulignant la complexité d’un sport où chaque situation est unique. Tant que le plaquage est engagé avant le jeu au pied, il reste dans les clous.

Crédit image : France 2
Crédit image : France 2

Pourquoi il n’y a ni pénalité ni carton

Dans cette action précise, James Ryan ne charge pas volontairement après le coup de pied. Il ne cible pas la tête, ne change pas de ligne et ne rajoute pas de geste parasite. Pour l’arbitre central, tous les critères sont réunis pour juger l’action tolérable. « Il était déjà engagé au moment où Matthieu Jalibert touche le ballon donc, c’est acceptable », tranche Raynal. Une décision cohérente avec les standards actuels de World Rugby.

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Une polémique utile… si elle fait progresser la compréhension

Cette action rappelle une chose essentielle : le jeu au pied expose souvent son auteur. À ce niveau, les défenses montent très vite et l’attaquant doit accepter le risque. Le débat était inévitable. Mais l’éclairage de Mathieu Raynal permet de replacer cette action dans son vrai cadre réglementaire. Le rugby va vite, très vite. Et parfois, ce que l’on ressent comme une injustice est surtout le reflet de l'engagement assumé d’un sport où tout se joue parfois à une fraction de seconde près.

Ronnie64
Ronnie64

Legal, je le vois comme tel, néanmoins il m'arrive de ne plus être sûr de quoi que ce soit.


Pianto
Pianto

c'est ce que j'ai tenté d'expliquer à mes potes pas trop spécialistes avec qui j'ai regardé le match. C'est un plaquage violent et dangereux pour Jalibert mais dans la règle.


Le seul qui était de mon avis était le seul qui avait joué au rugby, en troisième ligne. Je me serais écrasé s'il m'avait dit le contraire, il maitrise mieux qu moi le sujet en ayant eu la tête dedans et en plus, il fait mal.
Ma collègue de boulot dont le mari jouait 2ème ligne m'a raconté pareil, qu'elle avait tiqué sur le plaquage mais que son homme n'avait pas bougé une oreille, plaquage légal pour lui.


La petite Huguette
La petite Huguette

Ouaip, bof. C'est pas ce qui se fait de plus glorieux au rugby de voir une grosse brutasse charger pour détruire le joueur adverse. Ce genre de geste est une véritable atteinte à l'intégrité physique, c'est dangereux et c'est vraiment ce qui se fait de pire au rugby. Je croyais qu'il fallait respecter l'adversaire : si le but c'est que le mec qui subit finisse sa vie dans un fauteuil, alors c'est sans moi. Et il ne faut pas venir nous parler de préserver la santé des joueurs...