Auteur d'une saison pleine pour sa première avec Mont-de-Marsan, Joris Dupont (25 ans) a subi, comme l'ensemble de son effectif, une vraie déconvenue engendrée par la descente en Nationale.
Cette descente, qu'il qualifie d'inattendue, a rendu l'ensemble des contrats de l'effectif caducs. Au moment de la renégociation, ce dernier désapprouve la proposition et prend le risque de se retrouver un temps au chômage.
Sûr de ses qualités, et nettement épaulé par son entourage (et un de ses anciens coachs), il retrouve en quelques semaines un projet à la hauteur de ses ambitions : Valence-Romans.
Sous la houlette de Benjamin Thierry et Romain Terrain pour au moins deux saisons, l'ancien du Castres Olympique raconte les coulisses de sa folle semaine au Rugbynistère.
Un match dingue : Nice s’offre une place en Pro D2, Mont-de-Marsan inconsolableApproché un temps par Béziers
Au moment de la défaite face à Nissa Rugby, les Landais subissent une cruelle désillusion, comme le raconte le centre de 25 ans, puisqu'une descente était pratiquement inimaginable.
Les Montois auraient pu se sauver quelques semaines avant : 13e à la 26e journée, tout est allé très vite. Le véritable tournant de la saison se déroule trois journées plus tard sur la pelouse de Colomiers, où les coéquipiers de Joris Dupont concèdent une courte défaite (19-13).
Le mal était fait : impossible, malgré la victoire face à Agen pour la dernière au stade André-Guy-Bonniface, de se sortir de cette place de barragiste, chose que l'ex trois-quarts centre déplore.
De là, les choses s'accélèrent : la défaite en access match oblige les dirigeants landais à signer de nouveaux contrats. La proposition faite à Joris Dupont, selon ses dires assez tardive, n'était pas suffisante ; après négociation, il prend la décision de ne pas continuer avec Mont-de-Marsan.
De là, son agent part à la recherche de pistes : l'une le mène à Béziers, avec un entretien en visioconférence, mais rien n'aboutira. Voilà comment, en quelques semaines, celui qui cumule 35 matchs professionnels s'est retrouvé à Pôle emploi.
En cas de descente, je n'avais pas trop poussé avec mon agent sur d'autres clubs, honnêtement, on ne s'attendait vraiment pas à ce que Mont-de-Marsan descende. En fin de saison, on s'est dit que ça allait aller, puis il y a ce match à Colomiers où on se loupe sur le dernier ballon qui aurait pu nous sauver de cette place de barragiste. Et là, tu te retrouves un peu comme un c*n. Pendant la coupure, j'avais été approché un peu par Béziers, puis ça ne s'est pas fait. Quand la fin de la période des transferts est arrivée, c'est là que je me suis retrouvé à aller pointer à Pôle emploi.
Joris Dupont
Interception de Joris Dupont et personne ne le revoit 🏃💨#PROD2 pic.twitter.com/qa8VJcLhT1
— Rugby PRO D2 (@rugbyprod2) February 18, 2026
"Xavier Sadourny lui avait parlé de moi"
Après avoir pris cette décision, il fait ses affaires et rentre en banlieue toulousaine, fief de sa famille. Il poursuit l'entraînement en solo dans l'espoir d'être approché par une formation de l'élite.
C'est ce qui va se passer avec Valence-Romans : le dimanche, alors qu'il est en train de faire une partie de padel, il apprend que le lendemain, un rendez-vous téléphonique avec Benjamin Thierry, actuel coach des arrières Dromois, l'attend.
En quelques heures, tout est bouclé ; la semaine suivante, il démarre avec sa nouvelle formation et signe pour deux saisons, gage de confiance de la part du staff.
Un encadrement qui, d'ailleurs, s'est avéré plutôt bien renseigné à son sujet, grâce notamment à un certain Xavier Sadourny, manager du Castres Olympique, qui a donné sa chance plusieurs fois à Joris Dupont avec les pros.
Non conservé par Castres en juin 2025, ce dernier souffla son nom à Benjamin Thierry, alors entraîneur de Nevers. Quelques mois plus tard, et au regard de sa situation contractuelle, le coup semblait parfait pour celui qui a succédé à Romain Terrain (désormais entraîneur général).
Réputé gros bosseur doté d'une détermination sans faille, celui qui s'avère également être un excellent golfeur dispose d'un tempérament calme, du pain bénit pour une équipe de la caste de Valence-Romans.
"C'est lui qui m'a appelé la première fois, je ne le connaissais pas personnellement, mais l'histoire, c'est que Xavier Sadourny lui avait parlé de moi quand ça s'est terminé avec Castres, c'est pour ça qu'il me connaissait déjà. Ce fut assez clair : lundi dernier, ils m'ont fait comprendre qu'ils voulaient que j'arrive assez rapidement."
Joris Dupont
✍️ 𝐑𝐄𝐂𝐑𝐔𝐓𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 | 𝐒𝐀𝐈𝐒𝐎𝐍 𝟐𝟔-𝟐𝟕
— VRDR Rugby (@VRDRrugby) August 17, 2026
Le VRDR est heureux d'annoncer l'arrivée de 𝐉𝐨𝐫𝐢𝐬 𝐃𝐔𝐏𝐎𝐍𝐓, qui viendra renforcer les lignes arrières Damiers pour 2 saisons.
🇫🇷 | Centre | 25 ans
Ses mensurations : 1m80 - 90kg
Bienvenue chez les Damiers🏁 pic.twitter.com/dHwEjOrujM
Une intégration rapidement effectuée
C'est un terme assez générique quand on évoque l'arrivée d'un nouvel élément dans une équipe. Néanmoins, pour Joris Dupont, c'est d'autant plus le cas.
À Valence, il retrouve deux anciens coéquipiers de Castres, Osea Waqaninavatu et Izaiha Moore-Aiono, ce qui facilite grandement son adaptation au collectif.
Même si sa situation actuelle paraît indélicate, logé dans un hôtel, en manque criant de repères, il s'accroche, et débutera pour la première fois ce soir avec son nouveau club face à Oyonnax, en match amical.
En ce sens, ses nouveaux coéquipiers, qu'il côtoie depuis maintenant 4 jours, lui portent une attention toute particulière, et s'avèrent donc plutôt avenants.
Dans sa quête, il est également épaulé par son entourage, de nombreux anciens jeunes du centre de formation tarnais, et évidemment la famille.
"Ce n'était pas un moment très agréable, je m'étais conditionné au cas où ça s'arrête. Mais j'ai été épaulé par la famille et mes amis. Pour le coup, il semblerait que ce soit Pierre Lassus (Directeur de la performance à Castres, NDLR) qui a donné mon contact à Benjamin Thierry. C'est un coup de pouce important, donc tu sens vraiment que t'es pas seul. D'autant plus que, quand je suis arrivé, les mecs sont tout de suite venus vers moi. Puis c'est sympa de revoir Oséa (Waqaninavatu) et Izaiha (Moore-Aiono), que je connaissais de Castres, ça me fait bosser l'anglais !"
Joris Dupont
Une volonté de stabilité
Pour autant, 3 clubs en 3 ans, ça commence à tirer un peu pour l'actuel centre de Valence-Romans. Le lundi, à la reprise, il avait effectué les 6 heures de voiture qui séparent la Drôme de la banlieue toulousaine la veille.
Concilier la vie personnelle avec son travail n'est jamais chose aisée, d'autant plus pour un sportif de haut niveau. Et c'est en ce sens qu'il entend trouver de la stabilité sportive.
Il prend ainsi cette arrivée comme un gros défi, et la volonté de figurer parmi une formation qui, la saison dernière, en a surpris plus d'un en se hissant parmi les challengers à la montée.
Cette année encore, en prolongeant certains cadres et en allant chercher aussi des joueurs comme Marco Tauleigne (MHR), Giga Tutisani (Clermont), ou encore le jeune Hugo Descube (Toulouse), Valence-Romans pourrait s'inviter dans les 6 pour tenter d'accéder à l'élite.
Chose qui ne déplairait évidemment pas à Joris Dupont, mais chaque chose en son temps pour celui qui a déjà hâte de performer avec le maillot à damier.
"C'est bien d'avoir un semblant de stabilité, au moins pendant un an, ça te permet de voir venir. C'est super, Valence-Romans a des ambitions, l'année dernière ils ont fait une grosse saison, moi je veux évidemment matcher le plus possible avec eux et prendre de l'expérience. Collectivement, si on peut jouer les phases finales, ce serait parfait. Pour les à-côtés, je n'ai pas trop eu l'occasion de visiter les environs du coup, mais avant de venir ici, j'étais beaucoup dans le Sud-Ouest. Mais là, je vais pouvoir voir une autre partie de la France, c'est assez proche de Lyon et Annecy, il y a de jolies choses à découvrir avec ma copine. C'est une petite aventure pour elle aussi, qui peut se permettre de me suivre, c'est un souci en moins aussi."
Joris Dupont
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