Qui n'a jamais chanté la Peña Baiona, un verre à la main ou une écharpe au-dessus de la tête ? À Jean-Dauger, cet hymne accompagne les matchs de l'Aviron et fait partie du patrimoine local. Pourtant, cette chanson que tous les amoureux de l'Ovalie connaissent n'a rien de basque à l'origine. Son histoire commence à des centaines de kilomètres du Pays basque, en Autriche, et parle... de vin grec !
Un tube autrichien sur la nostalgie des immigrés
En 1974, le chanteur autrichien Udo Jürgens sort Griechischer Wein, littéralement « Vin grec ». Sur un texte de Michael Kunze, le morceau évoque les travailleurs grecs installés en Allemagne et leur nostalgie du pays. Une chanson plutôt mélancolique, donc, très loin de l'ambiance des tribunes bayonnaises. La mélodie, composée deux ans auparavant, connaîtra pourtant un succès considérable.
De l'Espagne aux bandas du Sud-Ouest
L'air voyage ensuite jusqu'en Espagne, où José Vélez l'adapte sous le titre Vino Griego. Selon La Dépêche, une cassette rapportée de Pampelune en 1992 contribue à populariser le morceau dans les ferias du Sud-Ouest. Les bandas s'en emparent et la mélodie commence à faire danser les festayres.
Mais il manque encore les paroles qui feront de cette chanson un symbole de l'Aviron. En 2005, Dominique Herlax, alors speaker de Jean-Dauger, adapte le morceau pour les supporters bayonnais. D'après le récit rapporté par La Dépêche, il aurait même griffonné les paroles sur une nappe. Le chanteur local Gorka Robles enregistre ensuite cette nouvelle version.
De Jean-Dauger à la Coupe du monde
La Peña Baiona devient progressivement un hymne qui dépasse largement les frontières du Pays basque. En 2023, Jean Dujardin la reprend même lors de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde de rugby, au Stade de France. Un joli clin d'œil pour une chanson née près d'un demi-siècle plus tôt.
Et dire qu'au départ, Udo Jürgens chantait la nostalgie de travailleurs grecs autour d'un verre de vin ! Cinquante ans plus tard, sa mélodie accompagne les exploits des Ciel et Blanc. Comme quoi, le rugby possède aussi ce talent un peu fou : transformer une chanson venue d'ailleurs en véritable morceau de patrimoine populaire.
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