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Double meilleur joueur du Top 14, Jack Willis envisage désormais la nationalité française après quatre saisons qui ont changé sa vie à Toulouse

Deux fois meilleur joueur du TOP 14, Jack Willis a trouvé bien plus qu’un club à Toulouse : l’Anglais envisage désormais de devenir Français.

Thibault Perrin 29/09/2026 à 11h02
Arrivé à Toulouse après la chute des Wasps, Jack Willis y a refait sa carrière et sa vie. Quatre ans plus tard, il pense à la nationalité française. ©INPHO/Dan Sheridan
Arrivé à Toulouse après la chute des Wasps, Jack Willis y a refait sa carrière et sa vie. Quatre ans plus tard, il pense à la nationalité française. ©INPHO/Dan Sheridan

Élu lundi soir meilleur joueur du Top 14 pour la deuxième année consécutive lors de la Nuit du Rugby, Jack Willis a changé de dimension en France. Le troisième ligne de 29 ans a devancé Matthieu Jalibert et Harry Plummer après une saison 2025-2026 conclue par un quatrième Brennus de rang avec Toulouse. Il a disputé 23 matchs de championnat pour 1 380 minutes et six essais. Une régularité qui tranche avec son arrivée précipitée en Haute-Garonne, à l’automne 2022, après la disparition des Wasps.

De joueur exilé à visage du Top 14

Willis le rappelle : trois semaines après avoir perdu son emploi aux Wasps, il vivait déjà en France. Quatre ans plus tard, ses pairs viennent de le désigner deux fois de suite meilleur joueur du championnat. L’Anglais décrit pourtant son rôle avec simplicité : mettre « la tête dans les rucks » pendant que ses partenaires font « les trucs incroyables ». Dans Homecoming pour Bros. Stories, il explique surtout avoir dû sortir du rugby très structuré auquel il était habitué en Angleterre et développer son jeu offensif pour coller davantage au jeu toulousain.

Cette adaptation se voit aussi loin des terrains. Willis parle désormais français, se fait reprendre par Pierre-Louis Barassi lorsqu’il massacre une prononciation, entretient un potager et revendique une vraie obsession pour sa pelouse. Avec sa famille, il a surtout acheté puis rénové une maison presque abandonnée, en conservant des briques typiques de la Ville Rose. Toulouse n’est plus seulement le club qui l’a accueilli après la chute des Wasps. C’est devenu chez lui.

L’Angleterre reste dans un coin de sa tête

Le prix de cette installation est lourd et connu. Willis, 14 sélections avec l’Angleterre, n’est plus sélectionnable depuis qu’il a choisi de prolonger son aventure en France. La RFU ne retient pas les joueurs évoluant à l’étranger, hors dérogation. Son dernier match avec le XV de la Rose remonte à la Coupe du monde 2023. « J’ai toujours envie de jouer pour l’Angleterre », a-t-il reconnu lundi soir. Mais il ajoute qu’il connaissait le sacrifice au moment de rester à Toulouse et qu’il ne regrette pas sa décision.

Et ce choix prend aujourd’hui une dimension encore plus personnelle pour le serial gratteur toulousain. Dans Homecoming, Willis explique approcher des quatre années de vie en France et penser sérieusement à demander la nationalité française lorsqu’il remplira les conditions. Le droit commun prévoit en principe cinq années de résidence en France avant une demande de naturalisation. Lui évoque cette possible citoyenneté comme « un immense honneur » et une façon de marquer durablement ce que la France représente désormais pour sa famille.

Un joueur devenu toulousain sans cesser d’être anglais

Willis n’a pas effacé son envie de porter à nouveau le maillot anglais. Il a construit autre chose en parallèle. Depuis 2022, il a empilé les titres, appris à jouer différemment, participé aux dîners déguisés de ses coéquipiers et même baptisé un mélange vodka-limonade-pêche après le doublé 2024 : la « Boisson de Champion ». Un détail parfaitement inutile sur une feuille de statistiques, mais assez révélateur de son intégration.

À bientôt 30 ans, Jack Willis occupe donc une place rare : devenu l’un des joueurs les plus appréciés du Top 14 sans avoir renié l’équipe nationale qui lui manque encore. Toulouse lui a offert une sortie de secours après Wasps. Quatre saisons plus tard, l’Anglais envisage désormais d’inscrire un peu plus officiellement la France dans son histoire.

lebonbernieCGunther
lebonbernieCGunther

Bon, s'il envisage la nationalité française, c'est qu'il vise l'EDF, non? Et en même temps, il déclare qu'il a toujours envie de jouer pour le XV de la rose... Va falloir qu'il se décide, parce que l'horloge tourne... Et à quelle date exactement pourrait-il devenir français et être éligible au maillot bleu? Assez tôt pour l'Australie?


Chandelle 72
Chandelle 72

Bien joué, Jacques !