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De Blagnac aux Bleues en trois matchs : pourquoi l’ascension de Julia Grosz révèle encore les limites du rugby féminin français

Julia Grosz a signé un CDI le 1er septembre. Un mois plus tard, l’internationale de Blagnac doit prendre des congés sans solde pour partir avec les Bleues.

Thibault Perrin 02/10/2026 à 15h47
À 24 ans, Julia Grosz s’est installée en trois matchs chez les Bleues. Sans contrat fédéral, elle perdra pourtant une partie de son salaire pour partir en tournée. Crédit image : Screenshot France Rugby
À 24 ans, Julia Grosz s’est installée en trois matchs chez les Bleues. Sans contrat fédéral, elle perdra pourtant une partie de son salaire pour partir en tournée. Crédit image : Screenshot France Rugby

Trois sélections et déjà une tournée en Nouvelle-Zélande

À 24 ans, Julia Grosz vient de vivre un mois que peu de joueuses auraient osé programmer. La deuxième ligne de Blagnac a découvert le XV de France en septembre et a enchaîné trois titularisations pour ses trois premières sélections, face à la Nouvelle-Zélande, l’Australie puis le Canada. Elle repart déjà pour trois nouveaux Tests chez les Black Ferns, les 17, 24 et 31 octobre. Mais pour porter le maillot bleu à l’autre bout du monde, elle devra aussi accepter une perte de salaire.

Grosz n’est pas sous contrat fédéral. La Blagnacaise a signé le 1er septembre un CDI chez SEG-Fayat, où elle travaille comme conductrice de travaux. Pour participer aux rassemblements des Bleues, elle a donc posé des congés sans solde, qu’elle prolongera pendant la tournée. Son employeur a accepté de l’accompagner. « Je ne leur ai jamais caché que je travaillais pour ça », explique-t-elle à La Dépêche.

Trois matchs pour prendre sa place chez les Bleues

Sportivement, son ascension a pourtant tout d’une joueuse qui s’installe. Appelée dans un secteur touché par plusieurs absences, Grosz n’a pas simplement rempli une case sur la feuille de match. Trois sélections, trois titularisations : le staff l’a reconduite contre trois adversaires du haut niveau mondial. Face au Canada, son activité défensive a notamment été mise en avant.

Et c’est là que son parcours dépasse le simple portrait d’une internationale. En mars dernier, la Tricolore Morgane Bourgeois rappelait pour Le Rugbynistère que la majorité des joueuses d’Élite 1 cumulent encore rugby de haut niveau, études ou emploi. Grosz donne un visage très concret à cette réalité : préparer une tournée internationale tout en organisant son absence dans une entreprise de travaux publics.

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Les Bleues grandissent, les écarts de statut restent

Le contraste frappe d’autant plus que le XV de France féminin bénéficie d’une exposition grandissante, avec une médiatisation revue à la hausse. Les Bleues ont disputé en septembre trois rencontres à domicile dans le cadre des WXV Global Series, avant cette série de trois Tests en Nouvelle-Zélande. Le calendrier s’étoffe. Mais toutes les joueuses qui alimentent cette équipe de France ne disposent pas des mêmes conditions professionnelles.

Pour Grosz, le soutien de SEG-Fayat rend l’aventure possible. Pour le rugby français, son cas pose une question plus large : jusqu’où peut-on augmenter les exigences internationales sans sécuriser davantage le quotidien de celles qui les assument ? À 24 ans, elle doit mener de front un CDI tout juste commencé et un calendrier de très haut niveau immédiatement dense.

Marcoussis le 6 octobre, Auckland le lendemain

Le 6 octobre, Julia Grosz retrouvera Marcoussis. Le lendemain, elle prendra l’avion pour Auckland. Une internationale peut donc gagner sa place chez les Bleues et devoir, dans le même mouvement, renoncer à une partie de son salaire pour honorer sa sélection.

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