Samedi, Clermont reçoit le Leinster au stade Marcel-Michelin pour ouvrir sa campagne de Champions Cup. Et l'affiche promet un concours d'épaule. Avec 1,2 mètre gagné après contact par course, l'ASM possède la meilleure moyenne collective du Top 14. Son centre AJ Lam domine cette statistique individuellement avec 3,2 mètres. Voilà un défi pour les Irlandais.
Mais le Leinster connaît la musique. Lors de la Champions Cup 2025-2026, la province irlandaise a cumulé 1 040 mètres après contact, davantage que toute autre équipe. Avec Caelan Doris qui a porté le ballon à 108 reprises. Attention toutefois à la comparaison : les chiffres clermontois sont des moyennes de Top 14, celui du Leinster un total européen sur une saison. Les Auvergnats savent qu'ils vont devoir élever leur niveau de jeu face aux Irlandais.
Gagner l'impact ne suffit pas
Pour Clermont, le premier chantier se situe dans l'axe. Un avant qui avance malgré le plaquage rapproche son équipe de la ligne d'avantage et oblige la défense à reculer. Mais gagner un mètre dans les bras de deux adversaires ne suffit pas : sans soutien pour nettoyer le ruck, la possession peut ralentir, voire basculer.
Autre manière d'exploiter la collision : libérer le ballon après l'impact. Une passe au contact évite parfois un regroupement et donne au partenaire l'espace nécessaire pour accélérer. Ces mètres supplémentaires ne sont pas automatiquement ceux du premier porteur. Et AJ Lam offre encore une autre menace : lancé dans un intervalle, le centre néo-zélandais peut prolonger sa course au-delà du premier plaquage.
Doris et Van der Flier, l'autre bataille des collisions
Face à lui, le Leinster possède de solides références. Doris multiplie les charges et Josh van der Flier travaille autour des points de rencontre : 262 interventions dans les rucks et huit turnovers gagnés lors de la précédente campagne européenne. De quoi rappeler qu'une collision gagnée ne rapporte rien si le ballon suivant finit dans les mains adverses.
Le test clermontois sera donc d'enchaîner les avancées. Une course puissante attire des défenseurs ; une libération rapide offre au demi de mêlée la possibilité d'attaquer une ligne encore désorganisée. À l'inverse, des soutiens en retard donneraient au Leinster le temps de se replacer. Après la courte défaite contre Bordeaux-Bègles (22-23), cette capacité à convertir les impacts en séquences propres sera particulièrement surveillée.
Le Michelin connaît déjà la recette
Le Michelin a déjà vu l'ASM faire déjouer cette province. En décembre 2012, Clermont avait dominé le Leinster 15-12, avec quatre pénalités de Morgan Parra et un drop de Brock James. Au total, les Auvergnats ont remporté deux des trois réceptions des Dublinois dans leur enceinte. Samedi, la bataille promet d'être moins une affaire de possession brute que de mètres conservés au moment du choc.
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