Le 27 mai 1985, l’antépénultième enfant de la famille Hirèche voit le jour à Mantes-la-Jolie, en plein cœur de l’Île-de-France. Ce jour-là, rien ne prédestinait Saïd Hirèche à une carrière de rugbyman professionnel, riche de plus de 350 matchs disputés au plus haut niveau.
Le football, le karaté, même l’aviron… mais c’est finalement le rugby qui retient toute son attention. Pour plusieurs raisons, comme il l’explique au micro de Voix Off et d’Anthony Lopez.
En quête de cadre, avec ce besoin exacerbé d’avancer ensemble, c’est sans doute la personnalité de cet homme qui l’a guidé jusqu’au Hall of Fame du CA Brive.
Pendant douze ans, Saïd Hirèche n’a jamais triché, ce qui lui a valu d’être adopté par les Coujous. Cette parenthèse restera assurément la plus belle de sa carrière, lui qui n’a connu que trois clubs chez les professionnels. Pour autant, il n’oublie pas son passage au Stade Français, club qui l’a révélé aux yeux du grand public.
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Impossible pour Saïd Hirèche d’oublier son enfance à Mantes-la-Jolie, malgré près de deux décennies passées loin de la région parisienne. À 13 ans, alors qu’il pousse la porte de son centre de loisirs, il découvre le rugby grâce à deux animateurs : Marc Jourdain et Gilles Collin.
« À Mantes, ils avaient mis en place un concept génial. Comme la ville est assez étendue, il y a un ou deux gymnases dans presque chaque quartier. Ils avaient créé des emplois jeunes avec des sportifs de la ville. On payait une adhésion et, en gros, toute la journée, on pouvait aller au gymnase, faire du sport, encadrés par les animateurs et les sportifs de la ville. On découvrait plein de disciplines. »
« Et puis il y avait Marc et Gilles, qui jouaient au rugby à Mantes. Pour faire court, Marc me dit : “T’es costaud, viens essayer le rugby à la rentrée.” Et donc j’y suis allé. »
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De fil en aiguille, il s’avère que le jeune Hirèche est plutôt doué. Il enchaîne les rencontres, arrête l’aviron pour se consacrer pleinement à la balle ovale et se fait remarquer en sélection départementale puis régionale, avant de prendre la direction du Stade Français.
Là-bas, il se retrouve aux côtés d’autres jeunes talents appelés à faire carrière, comme Omar Sy, flanker de l’AS Mantaise, qui a lui aussi effectué quelques piges avec le club parisien.
« Il y avait le Racing et le Stade Français, les deux grands clubs de la région parisienne, qui sont venus nous voir. Moi, j’ai rencontré Éric Blanc, qui voulait que j’aille au Racing. Sauf qu’Omar, lui, allait partir au Stade Français. Du coup, on s’est dit qu’au lieu de partir chacun de notre côté, on allait faire le même choix tous les deux. »
S’ensuivent cinq années durant lesquelles Saïd Hirèche gravit les échelons jusqu’à l’équipe première, avec laquelle il disputera neuf petites rencontres. Puis, des promesses sans lendemain auront raison de sa place dans le club de la capitale.
Aidé par les tauliers du vestiaire, le jeune flanker de 24 ans prend alors la route du Cantal pour rejoindre Aurillac.
« Moi, en tant que petit Parisien, j’aurais aimé faire toute ma carrière là-bas. Mais je pense que je n’avais pas le niveau à l’époque, tout simplement. La dernière saison que je fais, je rentre au centre de formation. »
« On me dit qu’on va me garder et me prêter. Finalement, on me dit non. David Attoub et Pascal Papé, qui sont des super mecs, m’ont donné des contacts d’agents et je me retrouve à Aurillac l’année d’après. »
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En Corrèze, Saïd Hirèche découvre les joies d’une accession dans l’élite, mais aussi des descentes parfois cruelles. Nommé capitaine, il n’a jamais cédé aux sirènes des grosses cylindrées. Un choix qu’il explique notamment par ce sentiment d’exemplarité qui l’a longtemps animé sous le maillot briviste.
Malgré plusieurs opportunités, il n’a donc jamais trahi la confiance des locaux. Il avoue toutefois qu’une seule offre aurait pu changer le cours de sa carrière rugbystique.
« Comme j’étais capitaine quand on est descendus, je me suis senti redevable et responsable de ces échecs-là. J’avais la volonté de remettre le club à sa place, puis celle de transmettre les valeurs que j’avais connues à mon arrivée. »
« Je me sentais vraiment bien à Brive, et c’était le plus important. Si on avait voulu jouer pour l’argent, on aurait pu aller ailleurs. Mais tous les joueurs qui étaient là étaient dans le même état d’esprit. L’atmosphère et ce qu’on a vécu au-delà du club nous ont donné envie de rester ensemble. »
« Le seul club pour lequel j’aurais pu repartir, c’est le Stade Français. Il y a eu deux fois des contacts avec Laurent Sempéré et Thomas Lombard. Je serais rentré là où j’avais commencé. Au final, je suis resté ici et ce n’était pas un mauvais choix. »
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