Ce samedi 18 avril, au stade Pierre-Fabre, les Rouge et Noir se sont largement imposés dans le Tarn (25-42) lors de la vingt-et-unième journée de Top 14. Malmené par moments, le Stade Toulousain a mis le Castres Olympique dans le rétroviseur à partir de l’heure de jeu. Juste avant ce temps fort décisif, le demi de mêlée des locaux Santiago Arata recevait un carton jaune. Loin d’être un fait de jeu parmi d’autres, ce moment a été l’une des clés du match.
‘‘Ils devront assumer’’, les cadres du Stade Toulousain sur la sellette pour éviter la saison blancheUne bascule inattendue
L’exclusion de l’Uruguayen, pour une durée de dix minutes, a complètement bouleversé la physionomie de la rencontre. “Jusqu'à la soixantième minute, on est dans le bras de fer. À partir de là, on le perd avec l'intensité qu'ils ont continué à mettre. On n'a plus le ballon, il y a ce carton jaune et quand vous leur courez après… C'est là qu'on voit l'écart entre eux et nous sur la fin de match”, confiait le manager de Castres, Xavier Sadourny, à L’Équipe après la rencontre. Mais, alors, que s’est-il passé à la 59ᵉ minute de jeu, sur le pré de Pierre-Fabre ?
Alors que le Castres Olympique vient tout juste de reprendre l’avantage au score grâce à une pénalité inscrite par Enzo Hervé, les Toulousains partent à l’offensive. À environ 45 mètres de la ligne d’en-but des locaux, le centre argentin Santiago Chocobares repique intérieur sur un crochet. Tandis qu'il est proche de se faire plaquer par Santiago Arata, le joueur haut-garonnais semble prendre une impulsion et bascule au moment du contact avec le Castrais. Dans un mouvement impressionnant, il retombe sur la tête.
Sauter de l'extérieur du terrain pour sauver la touche ? On fait le point sur une règle (trop) méconnu !Le galop et le saut
Après cette action, Santiago Chocobares se relève presque aussitôt pour aller se replacer. L’arbitre Jérémy Rozier note un avantage pour le Stade Toulousain et revient sur ce fait de jeu quelques secondes plus tard. Dans un premier temps, pour l’officiel de la rencontre, l’Argentin tente de sauter par-dessus l’Uruguayen. Une action de ce genre est interdite par le règlement pour des raisons de sécurité.
En effet, effectuer un saut par-dessus un adversaire afin d’éviter un plaquage compte parmi les actions dites de “jeu dangereux”. Depuis fin février 2022, ce genre de gestes acrobatiques a été explicitement interdit par World Rugby. L’instance internationale estimait alors qu’elles allaient à l’encontre des règles 9.7, 9.11 et 9.17.
- Règle 9.17 : «Un joueur ne doit pas plaquer, charger, tirer, pousser ou se saisir d’un adversaire dont les pieds ne touchent pas le sol. »
- Règle 9.11 : «Les joueurs ne doivent rien faire qui soit dangereux pour autrui, y compris faire une charge avec le coude ou l’avant-bras en avant. »
- Règle 9.7 : «Un joueur ne doit pas enfreindre délibérément une règle du Jeu. »
Un pied qui sauve la mise
Initialement, il semblerait donc que Jérémy Rozier parte sur l’idée de sanctionner le Toulousain, bien que ce soit ce dernier qui ait été le plus en danger sur l’action. Toutefois, un détail va complètement inverser la vapeur. En effet, l’arbitre central est alerté par son collègue de la vidéo, Hervé Lasausa, qui lui indique que le pied droit de l’Argentin reste au sol au moment de l’impact. Ainsi, il est impossible d’affirmer que Santiago Chocobares allait bel et bien sauter à ce moment-là. Comptait-il le faire ? Allait-il plutôt effectuer un crochet ? Voulait-il marquer l’impact sur Santiago Arata, en y mettant un peu trop d’envie ? Personne ne le sait.
Toutefois, s’il y a bien une observation factuelle qui en ressort, c’est que le numéro 12 des visiteurs est retombé sur la tête après une tentative de plaquage du demi de mêlée tarnais. Ainsi, Jérémy Rozier rend son verdict. Il évoque un “plaquage à retournement” et signale que “le 9 se relève, donc il est en position de déséquilibrer l’adversaire.” Cependant, l’impulsion de Santiago Chocobares est si marquée qu’elle semble faire office de circonstance atténuante. L’officiel argue qu’il “ne (peut) pas l'occulter, donc ce sera carton jaune”.
Ce geste qui semble anodin mais que les arbitres punissent sévèrementUne incompréhension marquée
Derrière les écrans et dans les tribunes, les observateurs de la rencontre marquent leur mécontentement. En plus des supporters du Castres Olympique, certains amateurs de rugby prennent la parole. Sur le plateau du Canal Rugby Club, Thierry Dusautoir se montre dubitatif sur cette sanction. “Je ne comprends pas le raisonnement… Personnellement, j’ai l’impression qu’il saute et, si c’est le cas, c’est une pénalité contre Chocobares. Or, s’il ne saute pas, c’est un plaquage qui vaut un rouge. Je ne comprends pas la circonstance atténuante qui amène au carton jaune”, indiquait l’ancien Toulousain sur la chaîne cryptée.
Sur le plateau, son observation est complétée par les propos de l’ancien Bordelo-Béglais Nans Ducuing : “Pour moi, il prend une impulsion, il saute. C’est interdit, donc, si je devais me mouiller, je dirais que ça aurait dû être une pénalité contre Chocobares.[...] Sur cette action, le joueur se met en danger tout seul.” Sur les réseaux sociaux, plusieurs observateurs ont aussi marqué leur incompréhension sur ce carton jaune de Santiago Arata ou bien sur l’absence de sanction à l’égard de Santiago Chocobares.
Après la rencontre, les deux joueurs sud-américains ont abordé ce moment du match. Selon des propos rapportés par la Dépêche du Midi, Santiago Chocobares a tenu les propos suivants : “On a parlé avec Santi après, parce que je le connais. Mais voilà, c’est une action de jeu, ça allait trop vite.” Comme souvent dans le rugby, l’interprétation des gestes, des contacts et des décisions est au cœur des discussions qui suivent les matchs.
Pourquoi le Toulouse du printemps est-il (souvent) injouable ? Chocobares révèle ses petits secrets
Maintenant que cette règle à été interprétée de cette façon POUR Toulouse, nous attendons le prochain match ou la même action apparaitra et qu'on verra une décision totalement différente explicant que "meme si le pied touche le sol, il fait le geste de sauter, donc sanction"...
Compliqué à arbitrer ...
Surtout quand c'est contre Toulouse :D
hors sujet:
Une question intéressante à poser aux développeurs, ce n’est pas existentiel, mais ça fait tâche :-) Comment se fait-il qu’en début de commentaire le système, ne force pas la majuscule, voilà vous avez deux heures :-(
en même temps courir est par définition une succession de sauts, donc...
C'est la différence entre marcher et courir. En marche on a toujours un pied au sol, en course il y a une période de suspension, de saut...
Je n’aime pas cet arbitre, je trouve qu’il n’a aucun contact amical avec les joueurs, ce qui peut forcément aider dans la tenue d’un match, il ne base tout que sur la sanction, concernant la pénalité, effectivement Chocobates donne l’impression de sauter, si c’est volontaire, on va dire qu’il est très fort car il a réussi à faire pénaliser le numéro neuf castrais. :-)