Dimanche dernier, à Marcel-Deflandre, La Rochelle a battu Toulouse 30-27 après avoir été menée 24-10 à la pause. Dans ce scénario déjà fou, un détail mérite notre attention : les Maritimes ont obtenu trois pénalités en mêlée, aux 25e, 64e et 79e minutes. La dernière a replacé les Rochelais dans le camp toulousain avant la séquence conclue au pied par Antoine Hastoy après la sirène. Pour un secteur en grande souffrance la saison passée, le signal est forcément intéressant.
Trois pénalités qui indiquent déjà quelque chose
Bien sûr, trois coups de sifflet favorables ne suffisent pas à transformer une mêlée en référence. Mais La Rochelle sort d’une saison où ce secteur était le plus pénalisé du Top 14. Avec en point d’orgue le barrage perdu 45-5 à Paris. Voir ce pack récompensé trois fois face à Toulouse dès la première journée fournit donc un premier résultat mesurable, obtenu à différents moments du match et avec des premières lignes renouvelées.
Atonio a chargé l’été
Cette réaction n’arrive pas par hasard. Devenu entraîneur de la mêlée à plein temps, l'ancien Tricolore Uini Atonio a expliqué que ses avants avaient enchaîné cinq semaines très chargées. Avec jusqu’à trois ou quatre séances spécifiques par semaine. Même les troisième ligne ont été embarqués dans le chantier. Son idée : retrouver une mêlée capable de tenir, puis de donner de l’énergie au reste de l’équipe. Détail assez parlant, Atonio reconnaît être plus à l’aise sur le terrain que devant un ordinateur pour formaliser sa méthode.
Le défi prend encore une autre dimension avec le rajeunissement du groupe de piliers après les départs de Reda Wardi (MHR) et Joel Sclavi (Leicester). Rugbyrama évaluait d'ailleurs sa moyenne d’âge à 23,5 ans avant la reprise. Atonio, 68 sélections avec le XV de France et 330 matchs sous le maillot rochelais, connaît chaque centimètre de ce chantier. Son passé ne garantit rien, mais son expertise donne forcément du poids à cette transformation.
Mayol pour vérifier la tendance
Et le calendrier ne laisse aucun répit. Ce samedi soir, La Rochelle se déplace à Mayol avec la même première ligne de départ que face à Toulouse : Alexandre Kaddouri, Pierre Bourgarit et Karl Sorin. Toulon répond notamment avec Teddy Baubigny et Kyle Sinckler, puis Jean-Baptiste Gros et Rabah Slimani sur le banc. Le test sera différent, dans une enceinte où une mêlée qui recule ne passe jamais longtemps inaperçue.
C’est là que ce premier indice peut devenir une tendance. Si La Rochelle sort encore proprement ses ballons, limite les sanctions et obtient quelques récompenses, la patte Atonio commencera à se lire d’un week-end à l’autre. Parce que l’enjeu dépasse les trois pénalités gagnées contre Toulouse : il s’agit d’effacer progressivement l’étiquette laissée par la saison dernière.
Les Rochelais n’ont encore rien réparé définitivement. Mais après une saison passée à subir dans un secteur historiquement associé à leur puissance, ils ont enfin laissé une trace concrète. Trois pénalités, dont une à la 79e minute. À Mayol, on saura déjà si cette trace commence à ressembler à une méthode.
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