Un Stade Toulousain bousculé
Battu à l’extérieur par Glasgow puis par les Saracens en Champions Cup, le Stade Toulousain joue gros ce samedi face à Sale dans ce qui déjà à un seizième de finale. En conférence de presse, Ugo Mola n’a pas fui la réalité. Au contraire. Le manager des Rouge et Noir a livré une analyse brute sur l’état actuel de son équipe, allant jusqu’à affirmer que Toulouse n’est, pour l’instant, “pas une équipe de haut niveau”. Un discours rare dans un club habitué à l’excellence, mais assumé, à l’heure où la Coupe d’Europe ne pardonne rien.
Il y a un niveau de d'engagement pour gagner des rencontres de haut niveau. Et je suis pas sûr qu'il soit tout au long du match au rendez-vous pour gagner des rencontres de haut niveau. Donc c'est à nous de nous remettre dans ce paradigme là d'être une équipe de haut niveau, chose que nous ne sommes pas en ce moment.
Une ambivalence entre résultats et contenu
Depuis plusieurs saisons, Toulouse a pris l’habitude de dominer, souvent, parfois largement. En Top 14, les scores fleuves existent encore. Mais pour Ugo Mola, ils masquent une réalité plus fragile. « On a la sensation d’une forme d’ambivalence entre les résultats et ce rugby qui n’est pas toujours abouti », explique-t-il.
Mais que vient faire un match Toulouse/Leinster dans la programmation de ce week-end de Champions Cup ?
Le problème n’est pas tant le talent individuel que la capacité collective à répondre aux exigences du très haut niveau, notamment à l’extérieur. Les deux déplacements européens ont mis en lumière des “trous d’air”, ces moments où le Stade perd le fil, encaisse trop facilement et laisse l’adversaire exister. « Aujourd’hui, on s’adapte peu ou pas assez pour répondre aux qualités de nos adversaires », insiste le technicien.
Ce que dit vraiment Mola
Ce discours est profondément structurel. Malgré la profondeur du groupe, Mola pointe un manque d’expérience collective, nourri par les blessures et l’absence de polyvalence à certains postes clés. Toulouse court après un niveau qu’il avait intégré comme une norme. Or, en Champions Cup, ce niveau n’est jamais acquis.
« Il y a des ingrédients à mettre pour gagner une rencontre de haut niveau. Des sacrifices, un engagement constant. Et je ne suis pas sûr qu’ils aient été au rendez-vous pendant 80 minutes », lâche-t-il. Derrière cette phrase, une idée forte : aligner une bonne équipe ne suffit plus. Le rugby européen exige une adaptation permanente, dans les zones d’affrontement, dans la gestion des temps faibles, dans la lecture du match.
Sale comme révélateur ?
Le match face à Sale tombe à point nommé. Pas parce qu’il est plus simple, même si la formation anglaise débarquer avec une équipe remaniée, bien au contraire. « C’est la meilleure défense de la compétition, seulement 50 points encaissés », rappelle Mola. Une équipe anglaise très agressive, très physique, qui met une pression constante dans les zones de combat. Exactement là où Toulouse a souffert face à Glasgow et aux Saracens. « Je nous trouve un peu féblotte sur le sujet », reconnaît-il.
Ce qui ne fonctionne pas ces derniers temps, c'est que on a du mal à avoir cette expérience collective, cette adaptation collective qui nous permet de répondre à ce que nos adversaires réalisent et force est de reconnaître que nos adversaires nous mettent en difficulté dans certains secteurs.
Le test est clair : soit le Stade répond présent dans l’engagement, soit il sortira prématurément d’une compétition qu’il respecte profondément. Ici, pas question de dénigrer la Champions Cup. Toulouse assume son ambition, mais accepte aussi le risque de l’échec.
Un passage nécessaire dans la construction
Le plus surprenant dans cette conférence de presse, c’est peut-être cette phrase : « Je pense que c’était nécessaire. » Pour Ugo Mola, ces difficultés font partie du chemin. Pas d’une saison catastrophique, mais d’un rappel à l’ordre. « Le doute nourrit la performance », martèle-t-il. Dans un club où la victoire est devenue une habitude, retrouver une forme d’urgence est presque vital. Cette situation oblige joueurs et staff à se remettre en question, à démonter le moteur, à vérifier si les recettes d’hier sont toujours adaptées aux exigences d’aujourd’hui. Le danger, selon lui, serait de vivre sur le passé, de faire “des repas d’anciens” plutôt que de préparer les prochains combats.
Champions Cup. Le Stade Toulousain en alerte : Sale débarque avec ses trois chiens de chasseÀ court terme, Toulouse joue sa survie européenne. Une élimination dès les poules serait un échec assumé, mais lourd de conséquences symboliques. À moyen terme, ce discours pose les bases d’une reconstruction interne, pas d’une révolution. Mola ne renie rien de ce qui a fait la force du club. Il parle d’ajustements, de “petites mutations”, dans la préparation, la gestion de la fraîcheur, l’utilisation des joueurs, notamment à l’ouverture où les options se réduisent.
Le duo Ramos-Kinghorn illustre cette recherche permanente de solutions, sans dogmatisme. « Peut-être qu’on se plantera », admet-il. Une phrase rare à Toulouse, mais révélatrice d’un staff qui cherche avant tout à retrouver une équipe “inquiétante”, capable d’imposer le respect.
Un Toulouse moins sûr, mais toujours vivant
Le Stade Toulousain traverse une zone de turbulences inhabituelle. Pas une crise, mais un rappel brutal des exigences du très haut niveau. Ugo Mola ne dramatise pas, il alerte. "On s'est mis un peu dans une situation un peu compliquée mais c'est chouette." Et dans un club où l’excellence est la norme, cette remise en question pourrait bien être le premier pas vers un réveil salutaire. Sale dira si Toulouse est prêt à redevenir ce qu’il prétend être.
CHAMPIONS CUP. Pourquoi le Stade Toulousain va en coller 60 à Sale et terminer 2ème de sa poule ?

lebonbernieCGunther
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62822 pointsIl y a quand-même un côté caprice d'enfant gâté du rugby à refuser de la sorte la défaite face à des équipes honorables... A en entendre certains, ce ne sont pas les Sarracens qui gagnent, mais les toulousains qui perdent (quand ils ne "donnent pas le match"...). Alors j'imagine même pas le psychodrame si le Stade venait à s'incliner ce soir, ce que je ne crois pas, ni ne souhaite, car la Coupe d'Europe, déjà un peu bancale, a besoin d'eux. Mais un peu plus de considération et de reconnaissance des qualités de l'adversaire seraient les bien venues... Et peut-être que la clé du problème actuel est un peu là...
Allez-y, amis toulousains, vous pouvez me tirer dessus à boulets rouges, je suis prêt!
jujudethil
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14713 pointsUne question que l’on en vient à se poser, Ugo Mola est-il toujours l’homme de la situation. ?
NeST
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22573 pointsCe serait bien que le réveil salutaire arrive en CC, effectivement. Une victoire et une qualification "compliquée" serait peut-être la meilleure chose qui pourrait arriver à cette équipe : un déplacement à chaque match de phase finale, avec un doute subsistant dans les esprits, le souvenir des matchs face à Glasgow et l'envie de montrer autre chose.
D'ailleurs quand je vois le niveau en Top 14 et celui proposé en CC, je me demande s'il n'y a pas une dimension psychologique induite par le staff et une volonté de se trouver dans cette situation compliquée pour "donner des coups de pied au c.l" et éviter de se trouver dans une zone de confort.
Mais j'ai sûrement l'esprit tordu...
Le révélateur sera Sale : si gros match pour assurer la qualification face à cette équipe dense, c'est possible. Si petit match, alors c'est juste aue Toulouse est effectivement devenue "ordinaire" en CC.
Allez le ST 🟥⬛
Manu
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25471 pointsToulouse nous habitue à être au top en matchs de poule depuis des années.
L'échec devait finir par arriver
Comme disait Novès, "le plus dur n'est pas d'être dans les premiers mais d'y rester"