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Gloucester – UBB : la mêlée explose, aucune pénalité… mais que dit vraiment la règle ?

À la 80e minute, Bordeaux pousse, Gloucester se disloque et l'arbitre ne bronche pas. Pourquoi cette mêlée n'a-t-elle pas rapporté une pénalité à l'UBB ?

La Rédaction 17/10/2026 à 12h23
36-36 et une mêlée pour espérer gagner : Bordeaux croyait avoir fait le plus dur face à Gloucester. Pourquoi une domination aussi nette n'a pas suffi à convaincre l'arbitre ? ©INPHO/Ben Brady
36-36 et une mêlée pour espérer gagner : Bordeaux croyait avoir fait le plus dur face à Gloucester. Pourquoi une domination aussi nette n'a pas suffi à convaincre l'arbitre ? ©INPHO/Ben Brady

Une mêlée, quatre secondes et beaucoup de regrets. Vendredi soir, Gloucester et l’UBB se quittent sur un nul spectaculaire (36-36) en ouverture de la Champions Cup. À 80’10, les Bordelais paraissent prendre l’ascendant sur une mêlée à introduction girondine. Le pack des Cherry and Whites semble se désorganiser, les joueurs se redressent, les liaisons cèdent.

Pourtant, Gianluca Gnecchi ne donne pas la pénalité espérée. Avant ça, l’arbitre avait préféré faire rejouer la mêlée, après que les deux premières lignes ont explosé. C'est un en-avant qui privera finalement les visiteurs d'une dernière occasion.

VIDEO. Dix essais, 36-36 et une série qui s'arrête : l'UBB secouée par Gloucester en Champions Cup

« L’arbitre a fait preuve de toute son expérience en ne prenant pas de décision », glisse Yannick Bru après le match auprès de Rugbyrama. Le manager comprend la déception de ses hommes, sans nier le mérite de Gloucester. Et pour cause : l’UBB, longtemps chahutée dans ce secteur, pensait peut-être tenir une occasion de gagner au moment où le chronomètre avait déjà franchi la 80e minute.

Pourquoi reculer ne suffit pas à être pénalisé

Le règlement de World Rugby est pourtant précis. L’article 19.18 autorise une équipe à gagner la possession en repoussant son adversaire. Faire reculer une mêlée n’offre donc pas automatiquement une pénalité. Pour sanctionner Gloucester, Gnecchi devait identifier une faute : poussée de travers, liaison rompue irrégulièrement, adversaire soulevé délibérément ou mêlée volontairement effondrée. Une première ligne qui subit n’est pas nécessairement une première ligne fautive.

Quatre secondes qui interrogent

Arrêtons-nous un peu sur les images. Entre 80’10 et 80’11, les Bordelais semblent avancer groupés. À 80’12, la structure commune se défait : des joueurs anglais se retrouvent debout, mais plusieurs Bordelais quittent également leur posture de poussée. À 80’13, il ne reste presque plus de mêlée à proprement parler. L’ascendant bordelais saute aux yeux. En revanche, cet angle ne permet pas d’identifier avec certitude le premier joueur responsable de la rupture, ni de situer précisément le ballon à l’instant décisif.

Une mêlée à refaire, vraiment ?

C’est là que la règle 19.34 intervient : lorsqu’une mêlée se relève ou s’effondre sans infraction identifiée, l’arbitre la fait reformer. La règle 19.37 sanctionne, elle, l’effondrement volontaire. Toute la difficulté tient à ce mot : volontaire. Notre consultant Nicolas Crubilé, fondateur d'Ovalie Performance et ex-manager de Valence-d'Agen, décrit la mêlée comme un travail de coordination, d’équilibre et de transmission des forces. Une liaison qui saute peut résulter d’une poussée gagnante, mais aussi d’un geste irrégulier. Sans autre angle de vue ou explication arbitrale, impossible d'affirmer catégoriquement que Gnecchi s'est trompé.

Deux points et une frustration tenace

Le choix pèse lourd dans cette première journée européenne. Doubles tenants du titre, les Girondins repartent avec deux points, tandis que leur série de seize succès consécutifs s’arrête. Une pénalité aurait offert une possibilité supplémentaire de faire basculer le score, sans garantir la victoire. Et ce match à dix essais a suffisamment basculé dans les deux sens pour que son histoire dépasse les quatre dernières secondes d’une mêlée.

Cinq essais mais aucun bonus : pourquoi le 36-36 de l'UBB à Gloucester complique sa course aux huitièmes à domicile

Reste cette image, presque cruelle : des avants bordelais debout, des Anglais éparpillés et aucun bras arbitral levé. À Kingsholm, la mêlée a livré un vainqueur visuel. Le règlement, lui, exige une faute identifiable.

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