Vendredi soir à Toronto, le Canada a fait tomber une forteresse. Après 41 matchs sans défaite, les Red Roses ont cédé (24-21) devant 18 621 spectateurs, sur un essai de Shoshanah Seumanutafa à deux minutes du terme. Quelques heures plus tard, à Hamilton, les Françaises ont vécu un véritable cauchemar face aux Black Ferns (81-12). Treize essais encaissés, un terrible 43-0 à la pause et deux rencontres qui illustrent des trajectoires bien différentes. Mais derrière ces résultats se cachent aussi des choix sportifs qui méritent quelques explications.
Le Canada avait déjà fait trembler les Red Roses
En septembre, le Canada avait déjà tenu les Anglaises en échec (26-26) à Exeter. À Toronto, il a contenu leur puissance devant, même lorsque les mêlées anglaises prenaient l'ascendant. La pilier DaLeaka Menin, élue joueuse du match, a inscrit un essai après l'heure de jeu. Et Seumanutafa, entrée prématurément après la blessure d'Alex Tessier, a achevé le travail.
La performance prend une autre dimension lorsqu'on regarde les moyens disponibles. L'Angleterre compte 32 joueuses sous contrat fédéral à temps plein cette saison. Rugby Canada avait, de son côté, lancé en 2025 une collecte visant un million de dollars canadiens pour renforcer sa préparation au Mondial. Mais le détail le plus étonnant reste sportif : le 26 septembre, les Canadiennes s'inclinaient 21-5 devant les Bleues à La Rochelle !
En Nouvelle-Zélande, le pari jeunesse tourne à la correction
Chez les Françaises, François Ratier avait choisi d'exposer sa relève au plus haut niveau. Son groupe affichait 24 ans de moyenne d'âge et plus de la moitié des 23 joueuses comptaient cinq sélections ou moins. Privé notamment de Manae Feleu, Pauline Bourdon-Sansus et Charlotte Escudero, le sélectionneur souhaitait tester de nouvelles solutions. Un choix assumé dans la perspective du prochain cycle mondial.
Mais les Black Ferns ont sanctionné chaque approximation. Selon RugbyPass, les Néo-Zélandaises ont monopolisé 63 % de la possession et 77 % de l'occupation, avec 23 franchissements contre seulement deux pour les Françaises. Les Bleues ont attendu la 58e minute pour pénétrer dans les 22 mètres adverses. Léa Murie, servie au pied par Carla Queyroi, puis Bazola ont marqué les deux essais français. Une bien maigre consolation.
Deux résultats, mais des enseignements bien différents
Le pari de Ratier nécessite désormais des réponses concrètes. Sept essais encaissés avant la pause interrogent les repères défensifs collectifs, particulièrement face aux changements de rythme néo-zélandais. Comment permettre à cette nouvelle génération d'apprendre sans l'exposer constamment à pareille déferlante ? La construction d'un groupe compétitif pour 2029 passera aussi par ces ajustements.
Et les deux sélections n'auront guère le temps de souffler. Le Canada retrouvera l'Angleterre le 23 octobre à Ottawa, tandis que les Françaises défieront à nouveau les Black Ferns le 24 octobre à Whangarei. Les Canadiennes voudront confirmer leur exploit. Pour les Bleues, l'urgence sera de retrouver suffisamment de maîtrise pour véritablement disputer le match.
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