La venue de Thomas Gallo à Lyon, c'est peut-être le début d'une révolution qui semble se mettre doucement en marche dans le Rhône. Il aura la lourde tâche de stabiliser la mêlée de Karim Ghezal lors du prochain exercice.
Fort de 40 sélections avec l'Argentine, et notamment d'une Coupe du monde disputée dans la peau du pilier gauche titulaire des Pumas, le joueur de 27 ans débarque avec une solide réputation.
Il rejoint une délégation de piliers argentins de plus en plus importante en Top 14. Un phénomène qui s'explique assez facilement, d'autant que le vivier français peine, ces dernières saisons, à former des piliers de très haut niveau.
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À l'ombre du sacro-saint football, les rugbymen argentins tendent à se faire une place dans le cœur des locaux, d'une part grâce à leurs récentes performances, mais également par le message qu'ils véhiculent.
Bien qu'il soit encore coutume de réserver ce sport à une classe sociale aisée, il convient de souligner une hausse du nombre de licenciés d'année en année.
Neuvième nation mondiale en termes de joueurs recensés (environ 121 000), il semblerait que, comme le souligne Alejandro Krancz, ancien flanker argentin de Vannes notamment, vouloir jouer au rugby représente un véritable sacrifice pour certains.
De quoi galvaniser les pratiquants dès le plus jeune âge, et donc permettre de former des joueurs plus rapidement, mais aussi plus assidus aux entraînements.
« En Argentine, le rugby n’est pas un sport populaire. C’est plutôt un sport d’élite, comme le polo ou le golf. Il faut être licencié et donc payer pour jouer, comme pour le golf en France. C’est grâce à ça que les clubs peuvent se développer. Ils ne réussissent pas grâce au sponsoring ou au partenariat. C’est une grosse différence par rapport au rugby français, où les clubs sont pas mal subventionnés ou aidés par les collectivités pour les infrastructures. En Argentine, il faut vraiment beaucoup aimer ce sport pour y jouer. Par contre, si on s’engage dans le rugby, c’est un engagement total ! Car ça coûte cher. »
Alejandro Krancz ex flanker argentin de Vannes (Ouest France)
Culturellement, c'est la confrontation physique qui est valorisée par les Sud-Américains dans le rugby, d'où leur appétence pour la mêlée et les zones d'affrontement.
Si le niveau de jeu des Pumas s'est diversifié et que les trois-quarts occupent désormais une place bien plus importante qu'au début des années 2010, il semble évident que l'identité argentine reste fortement liée aux duels frontaux.
Au-delà du poste de pilier, les données récentes concernant Justo Piccardo (centre) et Joaquín Oviedo (troisième ligne), qui figurent parmi les joueurs les plus dominants du Nations Championship selon Opta Rugby, confirment cette volonté d'imposer un rugby basé sur l'affrontement, profondément ancré dans l'ADN du rugby argentin.
5 - The five backs to gain the most metres-in-contact in this year's Nations Championship:
— OptaJonny (@OptaJonny) July 20, 2026
60 - Sione Tuipulotu 🏴
60 - Immanuel Feyi-Waboso 🏴
59 - Justo Piccardo 🇦🇷
56 - Stuart McCloskey ☘️
54 - Yoram Moefana 🇫🇷
Impact.
Des physiques taillés pour le poste
Mais ce qui plaît, sur le plan pragmatique, aux clubs de Top 14, ce sont des joueurs parfaitement taillés pour les exigences de la première ligne.
Thomas Gallo, pilier gauche, mesure 1m77 pour environ 110 kg. Un centre de gravité bas qui lui permet de prendre plus facilement l'ascendant en mêlée fermée.
De l'autre côté, c'est encore autre chose. Le duo de l'Argentine U20, qui s'est adjugé la troisième place devant les Bleuets lors du Mondial 2025, Gaël Galván (La Rochelle) et Tomás Rapetti (Toulouse), impressionne par ses qualités physiques.
Le Rochelais, qui n'a disputé qu'une seule rencontre de Top 14 cette saison et qui part s'aguerrir en Pro D2 avec Agen, ne devrait pas passer inaperçu sur les pelouses de deuxième division avec ses 150 kg pour 1m91.
Son compatriote toulousain, déjà bien imposant avec ses 125 kg pour 1m91, compte également une seule apparition en Top 14 cette saison.
Pour autant, il semble bénéficier d'un statut différent auprès de Felipe Contepomi, qui en fait sa doublure au poste de pilier droit depuis bientôt deux saisons, alors qu'il n'a seulement que 21 ans avec les Pumas.
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