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Entre ballon ovale et ballon rond, le XV de la Rose arrive sur la pointe des pieds à Buenos Aires

La Rose ne sera pas présente sur les coeurs avant le match face à l'Argentine. Entre contexte footballistique et historique, on vous explique pourquoi.

Mayeul Duponcel 15/07/2026 à 20h53
La Rose ne sera pas présente sur les coeurs avant le match face à l'Argentine
La Rose ne sera pas présente sur les coeurs avant le match face à l'Argentine

Il y a des symboles qu'on préfère laisser aux vestiaires. C'est le choix des Anglais pour leur déplacement en Argentine pour la dernière journée du Championnat des nations. Avant la rencontre face aux Pumas le 18 juillet, les Européens ont décidé de ne pas circuler dans Buenos Aires avec les vêtements de la rose anglaise.

La ferveur face au timing

Dans l'autre partie de l'Amérique, celle du Nord, une autre sélection anglaise s'apprête à affronter ce mercredi 15 juillet une autre sélection argentine. C'est simple, il s'agit de la demi-finale de la Coupe du Monde de football entre ces deux nations.

Des rues bondées, une ferveur populaire dans Buenos Aires qui n'attend qu'une chose : que les Anglais de Thomas Tuchel plient pour exulter. Dans ce climat, les rugbymen ont préféré composer avec sobriété, plutôt que patriotisme.

Steve Borthwick, le sélectionneur, a aménagé le programme du jour pour permettre à son groupe de suivre la demi-finale. Alex Coles, deuxième ligne en sélection, regardera le match depuis la chambre d'hôtel plutôt que dans un lieu public.

Interrogé sur sa prudence, Coles a reconnu que le contexte local marqué par une rivalité historique ancrée, justifiait cette retenue. Les Anglais, grands habitués des matchs dans les pubs, se contraignent à un confinement.

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La rivalité, au-delà du sport

Pour comprendre la prudence, prenons des cours d'histoire, avec un retour quarante ans en arrière, avec la guerre des Îles Malouines. Au printemps 1982, la junte militaire argentine, Alors dirigée par le Général Leopoldo Galtieri, envahit l'archipel situé au pied de l'État sud-américain.

Ces îles sont sous la souveraineté britannique depuis le XIXème siècle, mais pourtant revendiquées par Buenos Aires sous l'étiquette d'Islas Malvinas. Londres, sous l'impulsion de la très célèbre Margaret Thatcher, riposte en envoyant une force expéditionnaire.

Le conflit, bref mais meurtrier, dure une dizaine de semaines et se solde par la reddition argentine en juin 1982. Il fait environ 900 morts, principalement des Argentins. Une empreinte figure dans la mémoire collective des deux pays.

Depuis, la question de la souveraineté de cet archipel reste un point de friction diplomatique. Pour en revenir au sportif, quatre ans après 1982, Diego Maradona avait rajouté sa pierre à l'édifice.

Lors d'un Angleterre-Argentine, il inscrit un but flagrant de la main, "La main de Dieu", qui permet aux Sud-Américains de s'imposer. Depuis, les Anglais l'ont encore en travers de la gorge.

Le rugby, terrain d'apaisement plutôt que de provocation

Dans ce contexte, la retenue affichée par le XV de la Rose apparaît plutôt comme un repli que comme une forme de respect tacite envers l'histoire commune.

Loin des tensions qui peuvent électriser les tribunes, cette attitude illustre une volonté de vivre le déplacement comme si de rien n'était, à l'image de la dernière opposition rugbystique durant la Tournée d'Automne 2025, en Angleterre.

Même si, dans ce match, Tom Curry avait plaqué de manière grossière, et à retardement, Juan Cruz Mallia. L'Argentin s'était rompu les ligaments croisés du genou droit sur l'action.

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