Un statut qui interroge, un joueur qui l'assume
Emilien Gailleton n'a jamais caché son ambition en équipe de France. Il voulait s'y imposer comme titulaire, et vite. La réalité a été plus heurtée : des sélections, puis des retours sur le banc, au gré de la concurrence à son poste. Le centre reconnaît que la situation pourrait le lasser. Il est appelé, puis écarté quand un autre joueur prend sa place. Une réalité dure, dit-il, mais qui nourrit aussi l'émulation du groupe.
Le Tournoi 2026 résume assez bien sa situation. Titulaire contre le pays de Galles puis l'Italie, il a inscrit deux essais en deux matchs, avant de retrouver le banc pour le Crunch face à l'Angleterre. Une séquence qui illustre cette difficulté à transformer les opportunités en statut durable.
Un été passé à observer, sans jouer une minute
Cet été, Gailleton a suivi la tournée du XV de France sans disputer une seule minute. Il n'était pas seul dans ce cas : sept joueurs du groupe de 42 n'ont pas joué une minute lors des trois rencontres face à la Nouvelle-Zélande, l'Australie et le Japon. Mais avec ses 13 sélections, Gailleton était de très loin le plus expérimenté de ces joueurs restés spectateurs.
Le staff l'avait prévenu avant le départ, ce qui a atténué le choc une fois sur place. Il reconnaît que l'expérience reste dure : un mois loin de ses proches, pendant que d'autres joueurs profitent d'une vraie coupure.
Il n'a pourtant jamais envisagé de refuser sa sélection. Une blessure peut toujours changer la donne pour un concurrent. Il voulait aussi rester proche du groupe, à un an de la Coupe du monde. À son retour, l'installation de sa compagne dans leur nouvelle maison l'a vite tourné vers la saison suivante.
Un rôle différent à Pau et en sélection
À Pau, Gailleton se sent installé. Il a la confiance du groupe, peut se projeter et donner son avis aux entraîneurs sur le jeu collectif. Les chiffres racontent cette différence de statut. La saison dernière, le Palois a disputé 20 matchs de Top 14, dont 17 comme titulaire, pour 8 essais. Des performances qui lui ont valu une place dans le XV type officiel de la saison 2025-2026. Cette année encore, il a commencé chacune des trois premières journées de championnat.
En équipe de France, la donne change. Il n'est pas leader et se bat pour des minutes de jeu.
Le rôle de leader à la Section lui a été confié sans qu'il le demande. Il se dit peu à l'aise à l'oral et préfère montrer l'exemple par l'énergie qu'il met sur le terrain.
Cinq saisons pour affiner un profil, et une ambition à assumer
Sur ses cinq saisons à Pau, le jeu de Gailleton a évolué. Plus flamboyant en attaque à ses débuts, il s'est ensuite concentré sur ses lacunes défensives. Il dit aujourd'hui mixer les deux versants, avec plus de vitesse dans des courses mieux choisies qu'avant.
« Flamboyant » n'est d'ailleurs pas un mot trop fort. Pour sa première saison à Pau, en 2022-2023, il avait terminé meilleur marqueur du Top 14 avec 14 essais en 24 matchs, avant d'être élu Révélation de la saison. Il n'avait alors que 19 ans au début de l'exercice.
« Je suis assez régulier, mais à l'avenir j'aimerais faire plus de coups d'éclat dans les grands matchs, m'affirmer davantage quand c'est difficile. Je vais devoir forcer ma nature. »
Pour nourrir cette ambition, il cite deux modèles. Conrad Smith, ancien joueur de la Section, pour sa lecture du jeu en attaque comme en défense. Et Jonny Wilkinson, pour sa gestion du mental face à l'exigence de la performance. Gailleton aura une première occasion de le prouver ce samedi soir, quand Pau recevra La Rochelle avec plusieurs retours dans le pack et à la charnière.
je n'ai pas compris pourquoi ne pas l'avoir fait un peu jouer cet été.
Surtout qu'il n'y avait pas prendre beaucoup de risque de le faire jouer contre le Japon.
Enfin c'est mon avis.