Davit Niniashvili n’a marqué “que” sept essais cette saison en Top 14. Dit comme ça, on pourrait croire à une saison normale, sans plus. C'est cinq de moins que son coéquipier, le demi de mêlée tricolore Nolann Le Garrec, 3e meilleur marqueur du championnat. Sauf que le rugby ne se résume pas à la dernière main posée dans l’en-but.
PROD2. La moustache de Niniashvili, les appuis de Kolbe… Qui est ce lutin géorgien qui cartonne avec Aurillac ?Les chiffres racontent autre chose
Selon les statistiques LNR, l’arrière géorgien est tout en haut du championnat dans plusieurs secteurs qui font mal aux défenses : 90 plaquages cassés, 2 035 mètres parcourus, 43 offloads et 19 franchissements. Là, on ne parle plus seulement d’un finisseur. On parle d’un joueur qui crée du désordre.
Ce qui fait la différence avec Niniashvili, c’est sa capacité à battre le premier défenseur, puis à garder le ballon vivant. Un crochet. Un raffut. Une passe après contact. Et tout à coup, la ligne défensive qui semblait en place doit reculer, se retourner, parler, compenser. C’est souvent là que La Rochelle devient dangereuse.
Paris ne devra pas seulement le plaquer
Samedi soir, à Marcel-Deflandre, le Stade Rochelais reçoit le Stade Français pour une dernière journée capitale. Les Maritimes sont 6es avant cette J26, un point devant Clermont. Paris, lui, arrive 3e et ne vient pas faire de la figuration. Il y a une demi-finale directe à aller chercher. S'il faudra marquer pour l'emporter. Il ne faut pas non oublier de défendre.
Pour les Parisiens, le plan est assez clair sur le papier. Monter proprement, fermer l’extérieur, soigner le jeu au pied de pression et éviter de lui offrir des ballons de relance. Facile à écrire. Beaucoup moins facile quand Niniashvili arrive lancé avec deux soutiens dans son sillage.
Pourquoi ça compte vraiment
Si La Rochelle veut verrouiller sa place en phase finale, il lui faudra plus qu’un gros paquet d’avants et une conquête propre. Il lui faudra aussi ce grain de folie qui transforme une sortie de camp moyenne en action de 60 mètres.
Analyse : contre le Racing 92, comment le collectif rochelais permet à Le Garrec de brillerNiniashvili n’a peut-être pas les chiffres d’un roi des marqueurs. Mais dans le jeu rochelais, son impact est ailleurs. Il ouvre les portes. Aux autres, ensuite, de s’y engouffrer.
Il est excellent mais c'est encore un peu un croqueur.
Ce qui n'est pas forcément mal, mais il faut trouver le bon équilibre.
S'il devient moins "coffre à ballon", c'est tout bénef pour son équipe !