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VIDEO. Toulouse-Montpellier. 15 ans avant la revanche, une finale version bras de fer

Toulouse-Montpellier, ce n’est pas une première. En 2011, le MHR avait longtemps cru au Brennus avant de céder sous les pénalités rouges et noires.

Thibault Perrin 24/06/2026 à 12h15
Le dernier Toulouse-Montpellier en finale n’avait rien d’un feu d’artifice. C’était une guerre de nerfs. Et Toulouse l’avait gagnée 15-10. Crédit image : Screenshot Canal +
Le dernier Toulouse-Montpellier en finale n’avait rien d’un feu d’artifice. C’était une guerre de nerfs. Et Toulouse l’avait gagnée 15-10. Crédit image : Screenshot Canal +

Avant de se retrouver samedi pour une nouvelle finale, Toulouse et Montpellier ont déjà partagé une soirée de juin au Stade de France. C’était en 2011. Pas une finale de grandes envolées. Pas une fête du jeu total. Une vraie finale de Top 14, dure, serrée, parfois brouillonne, où chaque faute a pesé lourd.

Un MHR sixième, déjà immense

Toulouse avait terminé la phase régulière en tête, fidèle à ses standards sous Guy Novès. Montpellier, lui, arrivait de plus loin. Sixième, porté par Fabien Galthié et Éric Béchu, le MHR avait déjà fait tomber Castres puis le Racing en phase finale. Lors des deux matchs de saison régulière, chacun avait gagné à domicile. Toulouse avait frappé fort 29-9. Montpellier avait répondu 22-21. Déjà, l’affiche sentait le piège.

La guerre des nerfs

Ce soir-là, Toulouse s’impose 15-10 sans inscrire le moindre essai. Tout passe par les pieds de David Skrela puis Nicolas Bézy. En face, Montpellier frappe fort avec un essai de Timoci Nagusa, transformé par Martin Bustos Moyano, puis un drop de François Trinh-Duc juste après la pause. Le MHR mène 3-7 à la mi-temps, puis 3-10. Mais Toulouse grignote. 6-10, 9-10, 12-10, puis 15-10. Du rugby au couteau.

La feuille de match de 2011 a aujourd’hui un parfum de vieille cassette qu’on ressort avec plaisir. Côté toulousain, Heymans, Médard, Jauzion, Poitrenaud, Caucaunibuca, Skrela, Doussain, Dusautoir, Picamoles, Albacete, Servat ou Human. Sur le banc, Clerc, Fritz, Maestri, Nyanga, Poux ou Bézy.

En face, Montpellier aligne Thiéry, Nagusa, Trinh-Duc, Tomas, Matadigo, Gorgodze, Ouedraogo, Fakaté, Figallo, Rofes, avec Paillaugue, Caudullo, Bérard ou Grant Rees parmi les remplaçants. Une autre époque. Un autre rugby.

Nagusa, l’éclair dans le verrou

La première demi-heure toulousaine ressemble pourtant à une prise d’otage territoriale. Médard est trop long au pied. Caucaunibuca croit marquer, mais son pied passe en touche. Jauzion échappe le ballon dans l’en-but. Et puis Nagusa accélère. Petit coup de pied par-dessus, récupération, crochet, essai en Terre promise. Montpellier mène 7-0 contre le cours du jeu. Le Stade domine, mais le MHR marque. Voilà toute l’histoire du match en une action.

Le banc rouge et noir change tout

La bascule ne vient pas d’un exploit, mais d’une accumulation. Toulouse insiste, remet de la pression, force Montpellier à défendre bas et à consommer beaucoup d’énergie. Les Héraultais défendent avec courage, mais les fautes arrivent. Skrela ramène les siens, puis Bézy entre et prend la lumière. Deux pénalités à la 71e et à la 75e minute. Le banc toulousain avait amené du poids, de la fraîcheur, et surtout du froid dans la tête.

Cette finale a laissé deux marques. Celle d'un 18e titre pour Toulouse et la preuve qu’un grand club sait aussi gagner sans briller. Pour Montpellier, une première finale perdue avec les honneurs, mais aussi le début d’une place nouvelle dans le rugby français. Samedi, rien ne sera identique. Les joueurs ont changé, le jeu aussi. Mais la leçon reste valable. Une finale se gagne parfois sur une mêlée, une pénalité, un banc, ou une erreur de lucidité à cinq mètres de la ligne.

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